J'ai accepté de bonne grâce de jouer le vilain libéral hier sur RTL dans "On refait le monde" , face à l'union sacrée du Nouvel Obs (Askolovitch) et de l'Huma (Cabannes). Ça sent l'année électorale, puisque la social démocratie tendance gauche caviar fait mine de penser comme le PC, pardon, dites "la gauche anti-libérale". Sujet: évidement La Sogerma, où l'on vit, à front complètement renversé la gauche unie soutenir l'héroïque Villepin contre le grand capital. Face à eux, ma pomme et Yves Tréard, red chef du Figaro. "De quel droit ces gens (Forgeard) qui n'existe que par l'Etat prétendent obliger les salariés à déménager?" s'indigne Asko. A Bon? Il y a désormais non seulement un droit à l'emploi à vie dans la même entreprise, mais aussi dans la même région, que dis-je, dans la même ville et pourquoi pas sur le même site? Ça a existé, oui, cela s'appelait l'Union Soviétique.
Cabanne, surpris de se trouver débordé sur sa gauche par le social traître Asko, brandit l'Huma du jour (on est à la radio, dommage) où l'on voit les dirigeants d'EADS, maison mère de la Sogerma, lever victorieusement le pouce en signe de satisfaction devant les bons résultats du groupe. "Quelle honte!" Encore heureux qu'EADS soit florissante, cela lui permet d'assurer le reclassement des 1100 salariés de Mérignac. Mais c'est insuffisant pour la gauche la plus bête du monde. Enfin, jusqu'à ce que le camarade Villepin exige de Forgeard, qui doit effectivement sa place au pouvoir, qu'il maintienne quelques centaines d'emplois sur site. Peu importe qu'EADS y perde en compétitivité, on passera cela par pertes et profit pour ne pas mécontenter un Etat, même dirigé par une équipe à la dérive. En attendant Sarko, qui devrait, c'est mon avis, en faire tout autant.
Voilà encore une fois un dévoiment du rôle, nécessaire, de l'Etat dans la vie économique, d'un calcul à courte vue. Comment peut-on, le lundi prendre 40 mesures pour rendre la France plus attractive pour les entreprises et les investisseurs étrangers et le mardi montrer un interventionnisme aussi autoritaire (pléonasme quand on parle de Villepin, désormais connu pour son doigté en la matière)? Voir à ce sujet le Studio Ouvert que j'ai animé hier sur Public Sénat. Pour les horaires des redif, voir ici
Après quoi, sujet suivant, je m'attendais, en toute logique, à ce que le représentant officiel de la social démocratie, et mon néanmoins ami, assassine DSK. Que nenni! Il prétendit que celui-ci avait beaucoup évolué en s'inspirant des thèses de la CGT! Cabanne en est resté sans voix...
Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen
24 mai 2006
16 mai 2006
Le choix provincial de Domenech
Je reproduis, avec son autorisation, un mail d'un de mes amis qui poste souvent ici sous les initiales JM. Il concerne la non sélection de Nicolas Anelka dont il est un des proches. Il traduit assez fidèlement ce que je pense de l'équipe de Domenech. Nous avons décidé d'être de coeur avec l'Angleterre le Bresil, le Portugal et la Côte d'Ivoire.
Le but est de commencer un débat:
"Ma conclusion à tête reposée :
Domenech me semble être quelqu'un de "tordu" dans sa communication et qui se contredit sans arrêt .
sa sélection est incohérente
Il dit , je ne peux pas prendre un joueur qui ne joue pas dans un grand club ( quand Nico jouait à Manchester city et marquait 25 buts par saison il ne le prenait pas )
mais il prend Chibonda( Wigan) et Ribéry ( Marseille va jouer l'intertoto...)
il dit : " je ne prend pas quelqu'un qui n'est pas titulaire ", il prend Cissé qui cire le banc à Liverpool....mais Giuly , Pires en finale de la Champ league , ça ne le touche pas?
Nico joue dans un club non médiatisé en france , j'espère que le selectioneur. récupère des infos ailleurs que dans téléfoot ou l'Equipe...ou alors il est vraiment payé à rien faire
J'espère qu'il a vu comme moi que Nico a enrhumé un à un tous les défenseurs de Milan AC ( tombeur de Lyon ) , même Cafu s'est retrouvé le cul par terre suite à un de ses crochets
Le Championnat de France est tout petit , Ribéry n'existe que par l'absence de star en france ,
avec Marseille en coupe d'Europe , il n'a rien fait,
et contre Paris en finale , on ne l'a pas vu... c'est un jeune joueur de 23ans , qui a sa place chez les espoirs , et c'est déjà bien , laissez le grandir ...
Au fait sa conversion à l'Islam ne gène personne...pourquoi ? il est blanc , c'est moins grave ?
Domenech dit : je l'ai choisi car s'il ne joue pas beaucoup il ne fera pas la gueule...?...c'est un critère de séléction...?On prend un mec en pensant qu'il ne jouera pas ?..Bizzare , non?
On a les dirigeants qu'on mérite...Chirac / Villepin....Domenech...jamais la FFF ne prendra le risque (depuis Platini) de prendre un selectionneur puissant
Tigana , trop noir
Le Guen , trop intelligent
Laurent Blanc , ou Didier Deschamps , Charisme trop fort et trop indépendants
Domenech comme Houiller , Santini , Jacquet , ou Lemerre fait partie de ce casting étrange .
Jacquet a été sauvé par miracle ( tir de Baggio sur la barre en 1/4 de finale , but en or miraculeux contre le paraguay et Lilian THURAM marque les 2 seuls buts de sa carrière en 1/2 contre la Croatie...)
Les conséquences sont pour moi , que je souhaite avec Force et vigueur , l'élimination de cette petite équipe le plus tôt possible.
Brésil , Portugal , Angleterre , Argentine , Côte d'ivoire....voilà mon programme .
Prendre Nico cet hiver , voir sa valeur sur le terrain et son intégration parfaite dans le groupe pour ensuite l'humilier comme il vient de le faire, c'est vraiment malsain , il n'avait peut être pas le bon signe Astrologique...
Moi, je suis en colère , mais Nico, avec qui j'ai échangé quelque SMS, reste calme. Il ne rendra pas service à ses détracteurs en perdant son sang froid :
"T'inquiète pas pour moi... je devrais même les remercier de m'avoir donné la chance cet hiver de montrer à tous quel est mon vrai niveau ..."
Nico , comme Canto , beau sur le terrain et grand dans la défaite ."
Le but est de commencer un débat:
"Ma conclusion à tête reposée :
Domenech me semble être quelqu'un de "tordu" dans sa communication et qui se contredit sans arrêt .
sa sélection est incohérente
Il dit , je ne peux pas prendre un joueur qui ne joue pas dans un grand club ( quand Nico jouait à Manchester city et marquait 25 buts par saison il ne le prenait pas )
mais il prend Chibonda( Wigan) et Ribéry ( Marseille va jouer l'intertoto...)
il dit : " je ne prend pas quelqu'un qui n'est pas titulaire ", il prend Cissé qui cire le banc à Liverpool....mais Giuly , Pires en finale de la Champ league , ça ne le touche pas?
Nico joue dans un club non médiatisé en france , j'espère que le selectioneur. récupère des infos ailleurs que dans téléfoot ou l'Equipe...ou alors il est vraiment payé à rien faire
J'espère qu'il a vu comme moi que Nico a enrhumé un à un tous les défenseurs de Milan AC ( tombeur de Lyon ) , même Cafu s'est retrouvé le cul par terre suite à un de ses crochets
Le Championnat de France est tout petit , Ribéry n'existe que par l'absence de star en france ,
avec Marseille en coupe d'Europe , il n'a rien fait,
et contre Paris en finale , on ne l'a pas vu... c'est un jeune joueur de 23ans , qui a sa place chez les espoirs , et c'est déjà bien , laissez le grandir ...
Au fait sa conversion à l'Islam ne gène personne...pourquoi ? il est blanc , c'est moins grave ?
Domenech dit : je l'ai choisi car s'il ne joue pas beaucoup il ne fera pas la gueule...?...c'est un critère de séléction...?On prend un mec en pensant qu'il ne jouera pas ?..Bizzare , non?
On a les dirigeants qu'on mérite...Chirac / Villepin....Domenech...jamais la FFF ne prendra le risque (depuis Platini) de prendre un selectionneur puissant
Tigana , trop noir
Le Guen , trop intelligent
Laurent Blanc , ou Didier Deschamps , Charisme trop fort et trop indépendants
Domenech comme Houiller , Santini , Jacquet , ou Lemerre fait partie de ce casting étrange .
Jacquet a été sauvé par miracle ( tir de Baggio sur la barre en 1/4 de finale , but en or miraculeux contre le paraguay et Lilian THURAM marque les 2 seuls buts de sa carrière en 1/2 contre la Croatie...)
Les conséquences sont pour moi , que je souhaite avec Force et vigueur , l'élimination de cette petite équipe le plus tôt possible.
Brésil , Portugal , Angleterre , Argentine , Côte d'ivoire....voilà mon programme .
Prendre Nico cet hiver , voir sa valeur sur le terrain et son intégration parfaite dans le groupe pour ensuite l'humilier comme il vient de le faire, c'est vraiment malsain , il n'avait peut être pas le bon signe Astrologique...
Moi, je suis en colère , mais Nico, avec qui j'ai échangé quelque SMS, reste calme. Il ne rendra pas service à ses détracteurs en perdant son sang froid :
"T'inquiète pas pour moi... je devrais même les remercier de m'avoir donné la chance cet hiver de montrer à tous quel est mon vrai niveau ..."
Nico , comme Canto , beau sur le terrain et grand dans la défaite ."
15 mai 2006
Ayaan Hirsi Ali en Amérique
Ayaan Hirsi Ali contrainte de s'exiler en Amérique. J'apprends cette honte par l 'excellent PAF.
Vers le Big Bang
On peut avoir le grade de Général et se comporter en bon petit soldat, comme nous le montre M. Rondot. Les députés de l'UMP ne mettrons donc pas davantage la sincérité au coeur, lorsque demain, ils s'abstiendront en bonne troupe de censurer Villepin. Parmi eux, une bonne centaine de Sarkozystes persuadés que le PM a utilisé l'Etat pour disqualifier son rival, leur héros. Une invraisemblance de plus dans cette Vème République qui est belle et bien morte, comme nous le dit d'ailleurs Marie-France Garaud qui en a été une vestale. Hybride dès le départ, ce système politique ni vraiment présidentiel ni vraiment parlementaire a basculé avec Chirac dans un césarisme autiste. Chirac a juste oublié de supprimer les élections, dans lesquelles le peuple, en désespoir de cause se réfugie à chaque fois un peu plus dans les extrêmes, trotskistes ou lepeniste. Un comble, alors que Chirac a été réélu contre le "danger" de l'extrême droite. Je veux bien croire à la présomption d'innocence- même si en matière politique elle signifie circulez y a rien à voir du côté du pouvoir- mais la liste des soupçons est quand même impressionnante.
Le PR dispose-t-il de fortunes à l'étranger, au bénéfice d'un enfant naturel et caché. A-t-il régulièrement détourné des fonds publics au cours de sa vie, soit à fins personnelles, soit pour financer sa carrière? Comment savoir puisqu'il ne répond pas à la convocation des juges (un tuyau pourri qu'il a sans doute revendu à Rondot?)
Le PM a-t-il, pour compromettre un adversaire politique, utilisé les services de l'Etat, à des fins de basse politique? Au moins, lui, accepte-t-il de répondre aux questions de temps en temps.
Le MAE a-t-il dévasté une chambre d'un palace marocain au cours d'une scène de ménage avec sa compagne, nuisant ainsi gravement au prestige de la France? De Gaulle n'eut sans doute pas toléré de tels comportements.
J'en passe.
On peut croire que les Français passerons bientôt à autre chose, à la faveur de la coupe du Monde. Zidane sauvera-t-il la République? Qu'un changement de PM au début de l'été sera moins coûteux pour Chirac. On peut le croire. On peut redouter le pire aussi, à moins d'un sursaut. A quand le Big Bang?
Le PR dispose-t-il de fortunes à l'étranger, au bénéfice d'un enfant naturel et caché. A-t-il régulièrement détourné des fonds publics au cours de sa vie, soit à fins personnelles, soit pour financer sa carrière? Comment savoir puisqu'il ne répond pas à la convocation des juges (un tuyau pourri qu'il a sans doute revendu à Rondot?)
Le PM a-t-il, pour compromettre un adversaire politique, utilisé les services de l'Etat, à des fins de basse politique? Au moins, lui, accepte-t-il de répondre aux questions de temps en temps.
Le MAE a-t-il dévasté une chambre d'un palace marocain au cours d'une scène de ménage avec sa compagne, nuisant ainsi gravement au prestige de la France? De Gaulle n'eut sans doute pas toléré de tels comportements.
J'en passe.
On peut croire que les Français passerons bientôt à autre chose, à la faveur de la coupe du Monde. Zidane sauvera-t-il la République? Qu'un changement de PM au début de l'été sera moins coûteux pour Chirac. On peut le croire. On peut redouter le pire aussi, à moins d'un sursaut. A quand le Big Bang?
12 mai 2006
Ahmadinedjad doit-il être interdit de Mondial?
On connait les arguments des partisans de cette mesure: En raison de ses propos révisionnistes répétés, de ses déclarations belliqueuses visant à "rayer Israël de la carte", la présence du president iranien en Allemagne, à Nuremberg berceau des lois raciales d'Adolf Hitler, pour soutenir l'équipe nationale serait une injure insupportable contre laquelle les Allemands devraient réagir sans tarder. Le raisonnement paraît sans faille moralement et il l'est. Au risque de surprendre, je considère que cette mesure serait non seulement impossible (Ahmadinedjad est un chef d'Etat et n'a pas besoin de visa pour se rendre en Allemagne) mais surtout une erreur politique. Certes, pour moins que cela, l'UE a pris des sanctions contre le président de la Belarus ou les dirigeants serbes ayant trempé dans le nettoyage ethnique, par exemple. Mais, jusqu'ici, ce qui est reproché au président iranien relève du délit d'opinion. Annoncer que l'on souhaite la disparition d'un pays est certes insupportable et doit être dénoncé et combattu. Cela ne signifie pourtant pas que l'on s'apprête à prendre les mesures necessaires pour arriver à cette fin, encore moins que l'on en a les moyens. De plus, comme le montrent les récentes déclarations de Shimon Peres ("l'anéantisseur pourrait être anéanti"), Israël dispose des moyens de dissuasion necessaire pour se défendre. Dans certains pays, en France et en Allemagne notamment, les propos révisionnistes sont considérés comme des délits et poursuivis comme tels. Ahmadinedjad, en raison de son immunité, ne pourrait pas être poursuivi s'il professait ses convictions négationnistes sur le sol allemand. Cela provoquerait évidement un malaise diplomatique et reveillerait le débat sur la culpabilité du pays, en pleine coupe du Monde.
Je pense néanmoins qu'Ahmadinedjad se comporte en provocateur et qu'il serait ravi de conforter sa popularité auprès des nationalistes les plus chauvins à Téhéran, s'il lui était impossible d'assister au Mondial. Il n'attend que cela: pouvoir passer pour une victime de la culpabilité allemande, de la même manière qu'il affirme que les Arabes, et les musulmans en seraient victimes depuis la création de l'Etat d'Israël. Ne tombons pas dans ce piège. Reservons au voyage d' Ahmadinedjad en Allemagne le seul traitement qu'il mérite: l'indifférence. Et s'il se livrait, à Nuremberg à une nouvelle provocation, il montrerait alors clairement au monde entier sa filiation avec Adolf Hitler.
PS: Les choses vont bouger entre Israéliens et Palestiniens, si j'en croîs cet article de libé. Il semble qu'un vent de réalisme et de pragmatisme souffle sur la région. Tant mieux
Je pense néanmoins qu'Ahmadinedjad se comporte en provocateur et qu'il serait ravi de conforter sa popularité auprès des nationalistes les plus chauvins à Téhéran, s'il lui était impossible d'assister au Mondial. Il n'attend que cela: pouvoir passer pour une victime de la culpabilité allemande, de la même manière qu'il affirme que les Arabes, et les musulmans en seraient victimes depuis la création de l'Etat d'Israël. Ne tombons pas dans ce piège. Reservons au voyage d' Ahmadinedjad en Allemagne le seul traitement qu'il mérite: l'indifférence. Et s'il se livrait, à Nuremberg à une nouvelle provocation, il montrerait alors clairement au monde entier sa filiation avec Adolf Hitler.
PS: Les choses vont bouger entre Israéliens et Palestiniens, si j'en croîs cet article de libé. Il semble qu'un vent de réalisme et de pragmatisme souffle sur la région. Tant mieux
10 mai 2006
Putain 25 ans!
Dire que cela fait un quart de siècle et que je m'en souviens comme d'avant hier. De chaque moment ou presque. De mon bureau de vote, des vêtements que je portais. Du bel après midi, des rumeurs, de l'ambiance autour de la rue de Solférino. Des copains et des copines perdus de vue. De ceux qui ont fait du chemin...De la Bastille, de la pluie...Ce n'est pas que les souvenirs soient intacts qui est surprenant, c'est qu'il semblent si proches. Première constation: On ne s'est pas vu vieillir. Deuxième constation: Si peu de choses ont changé, alors que la gauche voulait "changer la vie". Peu de choses à ceci près: Jusque là l'alternance ne s'était pas produite depuis 25 ans. Dans les 25 années suivantes elle s'est produite à chaque élection. Troisième constation: La déliquescence de cette fin de règne chiraquienne relativise les turpitudes mitterrandiennes.
Hier, au Sénat, les socialistes inauguraient une nouvelle salle de réunion. Elle porte le nom du vainqueur du 10 mai. Une ancienne chapelle, toute en longueur. Au mur du fond, comme sur un autel, un immense portrait en noir et blanc de Mitterrand, une rose au poing. Le banc et l'arrière-banc socialiste étaient là. Mauroy, vieil homme très digne, qui évoqua une rencontre impromptue avec la veuve de Léo Lagrange, ministre de Léon Blum, qui lui demanda de monter chez elle un instant ce soir là: "Viens Pierre, Il faut que je te parle du Front Populaire." Mauroy, dans l'euphorie, s'exécuta, acceptant de perdre un peu de temps précieux alors que Mitterrand, qui venait d'être élu Président et allait le nommer à Matignon, l'attendait impatiement. Il fallait prendre en main la France et, en cet instant historique, Mauroy évoquait les congés payés avec une retraité du Front Populaire! C'était pour lui une façon de faire le lien entre les deux époques. Deux ans plus tard Mauroy prenait sans état d'âme le tournant de la rigueur, en homme d'Etat. Aujourd'hui on sent que tout le monde le respecte au PS. Il est peut-être le seul dont on puisse dire cela. Fabius était là aussi. Beaucoup d'allure, la mine grave. DSK, l'air éternellement en maraude. Hollande toujours souriant et chaleureux. Et puis Lang, Pierre Bergé, Dumas. Il paraissaient tous immaculés. rescapés de l'inventaire. L'étendue de l'affaire Clearstream et ses ramifications les avantagent. Pas si tordus que ça tout compte fait, pouvait on se dire.
Chirac leur a joué un dernier tour en choisissant le 10 mai pour célébrer l'abolition de l'esclavage. Du coup, ils étaient interdits de fête pour cause de banquet à Chateau Chinon. "Pour nous, le 10 mai c'est le 10 mai 81". a dit Mauroy, stoïque.
L'évènement était donc aussi au Sénat aujourd'hui, sous mes fenêtres. Beaucoup de jolies tenues colorées, de visages radieux, sincèrement heureux de voir une injustice réparée. je crains pour eux que la deuxième célébration ne passe beaucoup plus inaperçue en 2007.
Hier, au Sénat, les socialistes inauguraient une nouvelle salle de réunion. Elle porte le nom du vainqueur du 10 mai. Une ancienne chapelle, toute en longueur. Au mur du fond, comme sur un autel, un immense portrait en noir et blanc de Mitterrand, une rose au poing. Le banc et l'arrière-banc socialiste étaient là. Mauroy, vieil homme très digne, qui évoqua une rencontre impromptue avec la veuve de Léo Lagrange, ministre de Léon Blum, qui lui demanda de monter chez elle un instant ce soir là: "Viens Pierre, Il faut que je te parle du Front Populaire." Mauroy, dans l'euphorie, s'exécuta, acceptant de perdre un peu de temps précieux alors que Mitterrand, qui venait d'être élu Président et allait le nommer à Matignon, l'attendait impatiement. Il fallait prendre en main la France et, en cet instant historique, Mauroy évoquait les congés payés avec une retraité du Front Populaire! C'était pour lui une façon de faire le lien entre les deux époques. Deux ans plus tard Mauroy prenait sans état d'âme le tournant de la rigueur, en homme d'Etat. Aujourd'hui on sent que tout le monde le respecte au PS. Il est peut-être le seul dont on puisse dire cela. Fabius était là aussi. Beaucoup d'allure, la mine grave. DSK, l'air éternellement en maraude. Hollande toujours souriant et chaleureux. Et puis Lang, Pierre Bergé, Dumas. Il paraissaient tous immaculés. rescapés de l'inventaire. L'étendue de l'affaire Clearstream et ses ramifications les avantagent. Pas si tordus que ça tout compte fait, pouvait on se dire.
Chirac leur a joué un dernier tour en choisissant le 10 mai pour célébrer l'abolition de l'esclavage. Du coup, ils étaient interdits de fête pour cause de banquet à Chateau Chinon. "Pour nous, le 10 mai c'est le 10 mai 81". a dit Mauroy, stoïque.
L'évènement était donc aussi au Sénat aujourd'hui, sous mes fenêtres. Beaucoup de jolies tenues colorées, de visages radieux, sincèrement heureux de voir une injustice réparée. je crains pour eux que la deuxième célébration ne passe beaucoup plus inaperçue en 2007.
04 mai 2006
Clearstream, en français dans le texte
Depuis quelques jours c'est la folie autour de cette affaire Clearstream, courant clair en français. Peut-être une des raisons pour lesquelles j'ai eu un peu moins le temps de bloguer ces jours-ci.
Voici ce que j'aimerais partager avec vous, bien que, je m'empresse de le dire je ne dispose pas de-beaucoup- plus d'infos que vous.
D'abord le matraquage du Monde me gêne énormément. Il ne s'agit pas d'une enquête mais d'un copier-coller de passages du dossier d'instruction. Les passages mis opportunément sous le nez, ou dans la boite aux lettres des journalistes du Monde. Ce n'est pas ma conception du journalisme et pour tout dire ça flaire la manip à plein nez.
Car qui, sinon les parties civiles du dossier, peut avoir communiqué ces pièces? Les Juges? Trop risqué pour leur enquête et on ne voit pas leur intérêt. Et parmi ces parties civiles qui y a le plus à y gagner? Cherchez un peu ça commence par un S...
Il a mis la deuxième balle dans la tête de Villepin (image employée par Jean-Louis Debré), il a donc écarté DDV de la course en 2007 mais il faut maintenant qu'il reste comateux jusque là. C'est pourquoi il calme le jeu.
Il est peut-être victime, probablement victime, mais pour l'instant même si Rondot dit que son nom a été cité par DDV lors de l'entretien au quai d'Orsay avec Gergorin, rien, dans le PV d'audition, n'affirme que DDV a demandé expressément une enquête sur Sarko. Les notes du maître espion le laissent seulement suggérer. DDV s'est réjouit de ce qui arrivait à Sarkozy. Quel était son degré de complicité avec le Corbeau la question reste entière, même si on peut estimer qu'il était élevé. (Oui, ça sous entend qui était le corbeau mais c'est un secret de polichinelle initiée)
Enfin la remarque en forme de question faussement naïve de Daniel Schneidermann me paraît très pertinente et je la reprend à mon compte. D'ailleurs Sarkozy lui-même avait indiqué qu'il revenait à l'intérieur pour pouvoir mieux se défendre contre ce genre de coups tordus.
La presse tire sur l'ambulance Villepin, elle tarde à s'interroger sur l'instrumentalisation de la police qui peut être faite par la victime. Pas très courageux.
Enfin, même si tout cela peut sembler contradictoire, le sens de l'Etat et de l'intérêt de sa famille politique commanderait à n'importe quel premier ministre placé dans pareille situation de démissionner. Que Chirac ne l'y pousse pas montre soit sa démence précoce (je n'y crois pas), soit qu'il a définitivement décidé d'aider la gauche à gagner en 2007. Je suis intimement convaincu qu'il préfère voir un(e) socialiste lui succéder que Sarkozy.
Et la France, est-elle encore gouvernée pendant ce temps-là?
Voici ce que j'aimerais partager avec vous, bien que, je m'empresse de le dire je ne dispose pas de-beaucoup- plus d'infos que vous.
D'abord le matraquage du Monde me gêne énormément. Il ne s'agit pas d'une enquête mais d'un copier-coller de passages du dossier d'instruction. Les passages mis opportunément sous le nez, ou dans la boite aux lettres des journalistes du Monde. Ce n'est pas ma conception du journalisme et pour tout dire ça flaire la manip à plein nez.
Car qui, sinon les parties civiles du dossier, peut avoir communiqué ces pièces? Les Juges? Trop risqué pour leur enquête et on ne voit pas leur intérêt. Et parmi ces parties civiles qui y a le plus à y gagner? Cherchez un peu ça commence par un S...
Il a mis la deuxième balle dans la tête de Villepin (image employée par Jean-Louis Debré), il a donc écarté DDV de la course en 2007 mais il faut maintenant qu'il reste comateux jusque là. C'est pourquoi il calme le jeu.
Il est peut-être victime, probablement victime, mais pour l'instant même si Rondot dit que son nom a été cité par DDV lors de l'entretien au quai d'Orsay avec Gergorin, rien, dans le PV d'audition, n'affirme que DDV a demandé expressément une enquête sur Sarko. Les notes du maître espion le laissent seulement suggérer. DDV s'est réjouit de ce qui arrivait à Sarkozy. Quel était son degré de complicité avec le Corbeau la question reste entière, même si on peut estimer qu'il était élevé. (Oui, ça sous entend qui était le corbeau mais c'est un secret de polichinelle initiée)
Enfin la remarque en forme de question faussement naïve de Daniel Schneidermann me paraît très pertinente et je la reprend à mon compte. D'ailleurs Sarkozy lui-même avait indiqué qu'il revenait à l'intérieur pour pouvoir mieux se défendre contre ce genre de coups tordus.
La presse tire sur l'ambulance Villepin, elle tarde à s'interroger sur l'instrumentalisation de la police qui peut être faite par la victime. Pas très courageux.
Enfin, même si tout cela peut sembler contradictoire, le sens de l'Etat et de l'intérêt de sa famille politique commanderait à n'importe quel premier ministre placé dans pareille situation de démissionner. Que Chirac ne l'y pousse pas montre soit sa démence précoce (je n'y crois pas), soit qu'il a définitivement décidé d'aider la gauche à gagner en 2007. Je suis intimement convaincu qu'il préfère voir un(e) socialiste lui succéder que Sarkozy.
Et la France, est-elle encore gouvernée pendant ce temps-là?
01 mai 2006
Loïc et moi
Ce n'est pas tous les jours qu'on se trouve aux côtés d'une vedette de la blogosphère. C'était à l'occasion du passage, mercredi dernier, d'Alain Lambert à Public Sénat, comme "rédacteur en chef d'un jour". Quand trois blogeurs se rencontrent de quoi parlent-ils? Dans le seul but de me faire mousser je vous propose de voir le pod cast de cet entretien "à trois" avec Loïc Lemeur, milliardaire de la blogosphère. Si vous écoutez jusqu'au bout vous aurez un scoop: Lemeur confie, à demi mots, qu'il songe à une carrière politique. Sous quel étendard à votre avis?
26 avril 2006
Marine Le Pen Radsoc?
Vous ne le lirez pas, et vous avez tort. Comme je l'ai lu (pour des raisons professionnelles), je vais donc vous en parler, brièvement: Il s'agit de "A contre flots", le livre de Marine Le Pen. Allez directement aux deux derniers chapitres, "quel peuple?" et "quelle République?". Marine s'amuse à citer Pierre Mendès France (!), Churchill et même Jean Jaurès(!!). Elle se réclame de la Révolution Française, évènement qui pour bon nombre de militants du Front National est l'équivalent de la Naqba pour les Palestiniens. La Catastrophe fondatrice. Qu'on se le dise, Marine n'est pas une horrible contre révolutionnaire réac (courant pourtant solidement ancré au FN), mais une irréprochable républicaine, défenseur(e) acharnée de la laïcité et de la Nation. Je n'ai aucun problème avec cela. La recevant à Public Sénat lundi je lui ai fait remarquer qu'il s'agissait là d'une profession de foi radical-socialiste la situant au centre gauche, par rapport, disons, à De Villiers. Elle m'a répondu que je découvrais la lune et que c'était depuis belle lurette la vraie nature du Front National. Après tout "Les Français d'abord", comme elle le note dans son livre n'est pas si éloigné du "Produisons Français" du PCF dans les années 80...Ce n'est pas un hazard si tous ces gens là se sont retrouvés autour du NON au referendum. Je vais encore me faire des amis. Nous sommes aussi tombés d'accord sur un autre point avec MLP: La diabolisation du FN sur le thème de "la République en danger" n'a eu qu'un résultat: repousser indéfiniment la question du sens du message républicain aujourd'hui, puisque la République était "en danger". Résultat aujourd'hui le concept de République n'a plus de sens dans la jeunesse.
22 avril 2006
Interview du troisième millénaire
J'ai donné aujourd'hui une interview à Natacha Quester-Sémeon. Sujet: "Blog et Journalisme". Elle sera bientôt en podcast sur le site mémoire-vive , bourré d'idées et d'inventions (je ne dis pas ça parce qu'ils ont eu l'idée de m'interviewer évidement).
Ce qui m'a scié c'est que Natacha a mené cette interview avec un téléphone mobile, certes haut de gamme mais disponible dans le commerce! La qualité est incroyable. Comme je le dis- je crois-dans l'entretien, au fond un certain nombre de problème déontologiques ou intellectuels que nous nous posons sur l'avenir du métier, la crise du journalisme etc...étaient secondaires, par rapport aux aspects techniques. Ces nouvelles technologies vont révolutionner la manière de faire du journalisme en écrasant les coûts. Plus d'excuse bientôt pour ne pas partir en reportage!
Ce qui m'a scié c'est que Natacha a mené cette interview avec un téléphone mobile, certes haut de gamme mais disponible dans le commerce! La qualité est incroyable. Comme je le dis- je crois-dans l'entretien, au fond un certain nombre de problème déontologiques ou intellectuels que nous nous posons sur l'avenir du métier, la crise du journalisme etc...étaient secondaires, par rapport aux aspects techniques. Ces nouvelles technologies vont révolutionner la manière de faire du journalisme en écrasant les coûts. Plus d'excuse bientôt pour ne pas partir en reportage!
20 avril 2006
Hooliganisme
L'une des découvertes les plus pénibles de l'après-crise du CPE, c''est l'étendue des dégradations commises dans les facs occupées. Libé avait bien mentionné le cas de l'EHESS, littéralement mise à sac, en attribuant ce triste comportement à un groupe venu de "l'ultra gauche". Le président de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte, plus courageux (ou plus libre?) que la moyenne de ses collègues avait déploré l'attitude des occupants de la Sorbonne et dénoncé des vols d'ordinateurs et des destructions de livres précieux. On voit maintenant qu'il ne s'agissait pas de comportements marginaux ou isolés, mais bien d'une attitude presque générale: partout des tags,(parfois "imaginatifs" mais aussi inquiétants comme ce "J'emmerde la France" cf la photo prise à Nantes reproduite dans le Monde d'hier), des vols, des destructions gratuites (A quoi bon, par exemple, enfoncer des chaises dans les plafonds?). Cela s'appelle du Hooliganisme, et il n'est plus possible de le mettre sur le compte de "provocateurs", "de casseurs", ou encore d'anarchistes et autres "autonomes". Cela s'est passé pendant que les étudiants occupaient leurs locaux de travail et certainement pas à leur insu car ils ont su en revanche tenir les amphi face aux non grévistes.
Protester, manifester, et même faire grève quoi de plus normal? Occuper est déjà plus discutable, mais enfin c'est la loi du genre. Mais ça, ce manque de respect, ce crachat sur l'institution, ce comportement délinquant-qui renvoie étrangement aux destructions d'écoles pendant la crise des banlieues- pourquoi?
Jean-Robert Pitte invité hier soir de Public Sénat, avance que l'on a de respect que pour ce qui est gratuit et qu'il faut augmenter les droits d'inscription. Il n'a raison, me semble-t-il, que sur le dernier point. S'il faut augmenter les droits c'est pour équiper décemment des universités qui sont la honte de notre pays, pour faire en sorte aussi que les contribuables modestes cessent de financer les études des enfants de la classe moyenne ou supérieure et pour introduire plus de justice dans l'accès aux études supérieures. Actuellement les impôts (c'est à dire la collectivité) financent une partie des grandes écoles fréquentées par les enfants de la bourgeoisie et auxquelles ont difficilement accès les élèves issus de milieux modestes. Dans le même temps l'accès de l'université s'est démocratisé depuis 68, mais il n'y a toujours pas de système de bourse digne de ce nom. Est-ce normal?
On ajoutera qu'en 68 l'université était aussi gratuite et que les étudiants ne s'en étaient pas pris aux locaux, mais seulement aux "CRS SS"...Il y avait alors moins d'étudiants et aussi plus de confiance dans les débouchés offerts par les cursus universitaires. Ceci fonctionne aujourd'hui encore: Là ou les diplômes offrent une réelle perspective d'insertion dans la vie active, dans les grandes écoles mais aussi en droit et en économie (ou les droits ont été augmentés et où cela s'en ressent sur la qualité de l'enseignement), il n'y a pas eu de destructions, et même pas, la plupart du temps, de grève.
Tout ceci montre que l'on paye là les échecs successifs de toutes les tentatives de réforme de l'université depuis 20 ans. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. En s'opposant, au nom d'idéaux démocratiques fourvoyés, à l'augmentation des droits, et même à la sélection et à l'autonomie des universités, les générations successives d'étudiants ont été les fossoyeurs du système éducatif français.
Et ceux qui payent les pots cassés sont, encore une fois, ceux qui ont le plus de mal à s'élever au dessus de la condition de leur milieu social d'origine que l'on maintien, au mépris de tout réalisme, dans des filières dont on sait très bien qu'elles sont des impasses et des fabriques de chômeurs.
Protester, manifester, et même faire grève quoi de plus normal? Occuper est déjà plus discutable, mais enfin c'est la loi du genre. Mais ça, ce manque de respect, ce crachat sur l'institution, ce comportement délinquant-qui renvoie étrangement aux destructions d'écoles pendant la crise des banlieues- pourquoi?
Jean-Robert Pitte invité hier soir de Public Sénat, avance que l'on a de respect que pour ce qui est gratuit et qu'il faut augmenter les droits d'inscription. Il n'a raison, me semble-t-il, que sur le dernier point. S'il faut augmenter les droits c'est pour équiper décemment des universités qui sont la honte de notre pays, pour faire en sorte aussi que les contribuables modestes cessent de financer les études des enfants de la classe moyenne ou supérieure et pour introduire plus de justice dans l'accès aux études supérieures. Actuellement les impôts (c'est à dire la collectivité) financent une partie des grandes écoles fréquentées par les enfants de la bourgeoisie et auxquelles ont difficilement accès les élèves issus de milieux modestes. Dans le même temps l'accès de l'université s'est démocratisé depuis 68, mais il n'y a toujours pas de système de bourse digne de ce nom. Est-ce normal?
On ajoutera qu'en 68 l'université était aussi gratuite et que les étudiants ne s'en étaient pas pris aux locaux, mais seulement aux "CRS SS"...Il y avait alors moins d'étudiants et aussi plus de confiance dans les débouchés offerts par les cursus universitaires. Ceci fonctionne aujourd'hui encore: Là ou les diplômes offrent une réelle perspective d'insertion dans la vie active, dans les grandes écoles mais aussi en droit et en économie (ou les droits ont été augmentés et où cela s'en ressent sur la qualité de l'enseignement), il n'y a pas eu de destructions, et même pas, la plupart du temps, de grève.
Tout ceci montre que l'on paye là les échecs successifs de toutes les tentatives de réforme de l'université depuis 20 ans. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. En s'opposant, au nom d'idéaux démocratiques fourvoyés, à l'augmentation des droits, et même à la sélection et à l'autonomie des universités, les générations successives d'étudiants ont été les fossoyeurs du système éducatif français.
Et ceux qui payent les pots cassés sont, encore une fois, ceux qui ont le plus de mal à s'élever au dessus de la condition de leur milieu social d'origine que l'on maintien, au mépris de tout réalisme, dans des filières dont on sait très bien qu'elles sont des impasses et des fabriques de chômeurs.
17 avril 2006
From Finland with love
Retour de Finlande, pas exactement en Laponie finalement, mais en fait en Carélie du Nord, pour ceux qui connaissent, pas très loin de la frontière russe. Une parfaite antidote à la France, la Finlande. Croissance, niveau de vie, égalité des sexes, recherche et développement (Nokia...), excellence du système éducatif (Des lycées dans le moindre bled, des universités même dans des villes moyennes etc...), civisme naturel de la population, protection de l'environnement, et aussi, soyons juste le cafard! Car au moins en France on ne risque pas de s'ennuyer. Le Finlandais, lui, est calme et posé, mais souvent aimable comme une porte blindée! Ce n'est pas qu'il vous veuille du mal, c'est un choc de civilisation. Point final.
Dans le bled où je me trouvais, au milieu d'une somptueuse taïga, j'ai bien fait le vide croyez-moi, c'est ce qui fait le plus de bien avec les vies qu'on mène ici...mais plus d'une semaine, ça prenait des presque des allures de vie monastique.
Mon hôte, Sigi, un ancien entraîneur de ski de fond autrichien qui a plaqué sa vie de cadre sup pour une vie plus saine, c'était carrément un méridional!
Enfin, I am back.
Mauvaise nouvelle: j'avais oublié mon appareil numérique. Bien joué le blogeur! Donc pas de photos.
Bon, dans ces cas là on fait l'inventaire des sujets dont on parle, particulièrement dans la blogosphère: le martyr des Schonberg-Borloo, l'ascension irrésistible de Ségo, Berlusconi battu sur le fil s'avoue difficilement vaincu, et bien sûr ce cher disparu, le CPE. Franchement vous ne savez pas déjà tout là dessus? Vous avez vraiment encore envie de mon point de vue?
On parle toujours aussi peu du génocide en cours au Darfour, ou des efforts pour lutter contre la pauvreté. A ce sujet, mention spéciale à Gilles Delafon qui consacre une pleine page à Jeffrey Sachs, l'économiste chargé de ce dossier à l'ONU, et ami du chanteur Bono. Il croît possible de sortir de la pauvreté 500 millions de personnes d'ici 2015. Vous avez bien lu: un demi milliard de personnes pourraient, avec un peu de mobilisation des pays riches, avoir une vie meilleure dans 10 ans. C'est à dire que leurs enfants accéderaient à l'éducation, qu'ils auraient de quoi soigner les maladies qui les empêchent de travailler et de gagner leur vie etc...C'est tellement possible, nous dit-il que, déjà, durant les 20 dernières années, le nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour a reculé de 500 millions: 1,5 milliard en 1981, 1 milliard en 2001, ils peuvent donc être 500 millions en 2015. Et vous savez comment nous dit Sachs? Grâce à la mondialisation, et à la libéralisation des échanges. Il faudrait donc à présent que les pays riches doublent leur aide au développement et qu'ils ouvrent leurs marchés aux productions, particulièrement agricoles, du tiers-monde. Et bien sûr, corollaire indispensable une meilleure transparence de la dépense publique dans ces pays ravagés par la corruption.
Ce serait un beau programme, internationaliste en diable, pour la gauche non? Mais je ne la sens pas très motivée par le sujet.
PS: Qu'en pense donc le député Lassalle, défenseur de la vallée d'Aspe, qui grâce à une grève de la faim héroïque a réussi a faire échec (provisoirement) aux "bridés" et à leur tentative de "délocalisation"... de 65 kilomètres?
Dans le bled où je me trouvais, au milieu d'une somptueuse taïga, j'ai bien fait le vide croyez-moi, c'est ce qui fait le plus de bien avec les vies qu'on mène ici...mais plus d'une semaine, ça prenait des presque des allures de vie monastique.
Mon hôte, Sigi, un ancien entraîneur de ski de fond autrichien qui a plaqué sa vie de cadre sup pour une vie plus saine, c'était carrément un méridional!
Enfin, I am back.
Mauvaise nouvelle: j'avais oublié mon appareil numérique. Bien joué le blogeur! Donc pas de photos.
Bon, dans ces cas là on fait l'inventaire des sujets dont on parle, particulièrement dans la blogosphère: le martyr des Schonberg-Borloo, l'ascension irrésistible de Ségo, Berlusconi battu sur le fil s'avoue difficilement vaincu, et bien sûr ce cher disparu, le CPE. Franchement vous ne savez pas déjà tout là dessus? Vous avez vraiment encore envie de mon point de vue?
On parle toujours aussi peu du génocide en cours au Darfour, ou des efforts pour lutter contre la pauvreté. A ce sujet, mention spéciale à Gilles Delafon qui consacre une pleine page à Jeffrey Sachs, l'économiste chargé de ce dossier à l'ONU, et ami du chanteur Bono. Il croît possible de sortir de la pauvreté 500 millions de personnes d'ici 2015. Vous avez bien lu: un demi milliard de personnes pourraient, avec un peu de mobilisation des pays riches, avoir une vie meilleure dans 10 ans. C'est à dire que leurs enfants accéderaient à l'éducation, qu'ils auraient de quoi soigner les maladies qui les empêchent de travailler et de gagner leur vie etc...C'est tellement possible, nous dit-il que, déjà, durant les 20 dernières années, le nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour a reculé de 500 millions: 1,5 milliard en 1981, 1 milliard en 2001, ils peuvent donc être 500 millions en 2015. Et vous savez comment nous dit Sachs? Grâce à la mondialisation, et à la libéralisation des échanges. Il faudrait donc à présent que les pays riches doublent leur aide au développement et qu'ils ouvrent leurs marchés aux productions, particulièrement agricoles, du tiers-monde. Et bien sûr, corollaire indispensable une meilleure transparence de la dépense publique dans ces pays ravagés par la corruption.
Ce serait un beau programme, internationaliste en diable, pour la gauche non? Mais je ne la sens pas très motivée par le sujet.
PS: Qu'en pense donc le député Lassalle, défenseur de la vallée d'Aspe, qui grâce à une grève de la faim héroïque a réussi a faire échec (provisoirement) aux "bridés" et à leur tentative de "délocalisation"... de 65 kilomètres?
07 avril 2006
Eloge du modèle lapon

Je m'envole dans quelques heures pour la Laponie finlandaise, avec le dernier Jonathan Coe et ma petite tribu enthousiaste, comme moi, à l'idée de découvrir une nature sauvage qu'aimerait certainement Jim Harrison. Un désert blanc peuplé uniquement de quelques misanthropes continentaux et bien sûr de Lapons, peuple pacifique s'il en est dont j'espère qu'ils auront la patience de m'enseigner l'art de la pêche en eaux froides. Autant dire que, là bas pas de blog, plus de CPE, je vais soigner mon overdose. Il est même probable que la défaite de Berlusconi et l'éventuelle démission de Villepin ne parvienne même pas jusqu'à moi. Tiens, quand même, il parait que la Finlande a le système social le plus juste d'Europe, ie celui qui aide le mieux les plus démunis, sans tomber dans la société d'assistance. J'enverrai peut-être une carte postale à Matignon. En tout cas, silence radio pendant une semaine!
Bien sûr je vous raconterai (un peu) et je prendrai des photos.
Joyeuses Pâques!
03 avril 2006
Aux lecteurs de ce blog
Vous êtes chaque jour entre 300 et 500 à visiter ce blog, créé à partir de rien en janvier 2005. Il y a quelque temps j'ai accepté la proposition de Fréderic Fillioux qui souhaitait que je fasse partie des chroniqueurs de 20 minutes.
Depuis, le contenu de ce blog est donc publié simultanément sur le portail de 20 minutes. j'y ai trouvé un autre lectorat, moins "sympathisant", moins acquis d'avance, ce qui est intéressant. A ce jour, il est d'ampleur comparable à celui que j'ai réuni via blogspot. J'ai donc rapidement doublé mon lectorat.
Toutefois je reste évidement très attaché à ce premier blog, à sa présentation, son originalité. Si je devais choisir entre les deux formules, ce qui serait plus logique ne serait-ce que pour gagner du temps et éviter les "copier coller", je voudrais au préalable avoir votre avis et être sûr que vous me resteriez fidèle, même sur 20 minutes.
je voudrais donc connaître votre sentiment sur les deux présentations. Que pensez-vous des images d'illustration? Les trouvez vous utiles, agréables? Que pensez-vous de la calligraphie, du fond etc...?
Il est temps de faire part de votre jugement et de vos attentes.
Je compte sur vous
SA
Depuis, le contenu de ce blog est donc publié simultanément sur le portail de 20 minutes. j'y ai trouvé un autre lectorat, moins "sympathisant", moins acquis d'avance, ce qui est intéressant. A ce jour, il est d'ampleur comparable à celui que j'ai réuni via blogspot. J'ai donc rapidement doublé mon lectorat.
Toutefois je reste évidement très attaché à ce premier blog, à sa présentation, son originalité. Si je devais choisir entre les deux formules, ce qui serait plus logique ne serait-ce que pour gagner du temps et éviter les "copier coller", je voudrais au préalable avoir votre avis et être sûr que vous me resteriez fidèle, même sur 20 minutes.
je voudrais donc connaître votre sentiment sur les deux présentations. Que pensez-vous des images d'illustration? Les trouvez vous utiles, agréables? Que pensez-vous de la calligraphie, du fond etc...?
Il est temps de faire part de votre jugement et de vos attentes.
Je compte sur vous
SA
Vacance du pouvoir
Quand la vie politique commence à ressembler à un film écrit par les Monty Python et tourné par jean-Pierre Mocky, là, il faut commencer à s'inquiéter. Sérieusement.
Ce matin je me suis esclaffé, non pas devant une satyre quelconque, type guignol, mais bien en écoutant les titres du journal de RTL. En substance: "Jean-Louis Borloo écrit aux patrons pour leur demander de surtout ne pas appliquer la loi que vient de promulguer le Président de la République."
Quelqu'un qui reviendrait d'un voyage, disons en Chine, d'une semaine à peine, se dirait: "Pourquoi? Il est devenu fou le Président? Mais alors pourquoi ne l'a-t-on pas relevé de ses fonctions?"
Ça restera ça Chirac: Plus grave que les avertissements des plus méchants de ses contempteurs. En quelques minutes il a réussi à vider de son contenu la fonction présidentielle et celle de premier ministre, Puisque si l'on a bien compris le résultat de la contorsion, le pouvoir délègue entièrement au parlement, ou plutôt au parti majoritaire à l'assemblée, le soin de sortir de cette crise qu'il a grandement contribué à provoquer. Les institutions sont en lambeaux. Une sixième république baroque en somme, encore pire que la quatrième, et qui n'était pas celle qu'on espérait. C'est maintenant trop tard mais il faudra peut-être envisager, pour l'avenir, une période d'essai pour le Président aussi.
Ce matin je me suis esclaffé, non pas devant une satyre quelconque, type guignol, mais bien en écoutant les titres du journal de RTL. En substance: "Jean-Louis Borloo écrit aux patrons pour leur demander de surtout ne pas appliquer la loi que vient de promulguer le Président de la République."
Quelqu'un qui reviendrait d'un voyage, disons en Chine, d'une semaine à peine, se dirait: "Pourquoi? Il est devenu fou le Président? Mais alors pourquoi ne l'a-t-on pas relevé de ses fonctions?"
Ça restera ça Chirac: Plus grave que les avertissements des plus méchants de ses contempteurs. En quelques minutes il a réussi à vider de son contenu la fonction présidentielle et celle de premier ministre, Puisque si l'on a bien compris le résultat de la contorsion, le pouvoir délègue entièrement au parlement, ou plutôt au parti majoritaire à l'assemblée, le soin de sortir de cette crise qu'il a grandement contribué à provoquer. Les institutions sont en lambeaux. Une sixième république baroque en somme, encore pire que la quatrième, et qui n'était pas celle qu'on espérait. C'est maintenant trop tard mais il faudra peut-être envisager, pour l'avenir, une période d'essai pour le Président aussi.
31 mars 2006
L'Assemblée a bien voté sur le CPE
Cette affaire de CPE a donné lieu a des complaisances et, plus grave à des contre-vérités journalistiques.
Le CPE est peut-être mauvais, mais en tout cas nous avons été trop longtemps complaisants avec la revendication principale des manifestants, à savoir le "retrait". Comme me le soufflait hier un sénateur, " le retrait est une considération physiologique mais pas constitutionnelle." Un gouvernement ne peut nullement "retirer" une loi qui est à l'ordre du jour, il ne peut même pas retirer un article. Surtout quand la loi est votée.
Et la loi, bonne ou mauvaise, a été votée.
Et c'est la l'erreur commise par tout le monde et rabâchée dans les débats sans aucune contradiction, sauf par quelques rares observateurs scrupuleux: L'Assemblée Nationale a bien discuté du CPE, c'est à dire de l'amendement modifiant l'article 3 du projet de loi sur l'égalité des chances. Cet amendement a fait l'objet de multiples sous-amendements tendant à le modifier, et presque tous ont été repoussés. Enfin l'Assemblée a adopté le CPE par 51 voix contre 23. Il suffit de se reporter au compte-rendu analytique de la troisième séance du 8 février.
Il est vrai que le gouvernement, lassé par les manoeuvres de retardement de l'opposition destinées à gagner (ou à faire perdre, c'est selon) du temps, a finalement engagé sa responsabilité (Art 49-3), mais sur l'ensemble du texte sur l'égalité des chances, entraînant, en effet, son adoption sans vote. L'opposition a, à juste titre, dénoncé cette décision sur un texte sur lequel le gouvernement avait déjà demandé l'urgence (une seule lecture à l'assemblée et au sénat). Mais pourquoi n'a-t-elle pas déposé, sur un sujet aussi important et comme elle en a le droit, une motion de censure? Est-ce parce que nous étions à la veille des vacances parlementaires et que les députés voulaient, comme tout le monde, partir en congé?
N'ayant pas épuisé tous les recours parlementaires, l'opposition n'est pas très bien placée pour soutenir la rue. Le parlement a été traité cavalièrement mais guère plus que depuis l'instauration de cet article 49-3, utiliser régulièrement depuis 1958.
On peut demander et souhaiter que Chirac demande une nouvelle délibération du texte, en raison du contexte social. Mais cette demande ne peut en aucun cas s'appuyer sur le motif que le parlement ne se serait pas prononcé sur le point contesté, à savoir le CPE.
La gauche qui n'a pas fait complètement son travail d'opposition parlementaire montre dans cette affaire une dangereuse fascination pour la rue.
Le CPE est peut-être mauvais, mais en tout cas nous avons été trop longtemps complaisants avec la revendication principale des manifestants, à savoir le "retrait". Comme me le soufflait hier un sénateur, " le retrait est une considération physiologique mais pas constitutionnelle." Un gouvernement ne peut nullement "retirer" une loi qui est à l'ordre du jour, il ne peut même pas retirer un article. Surtout quand la loi est votée.
Et la loi, bonne ou mauvaise, a été votée.
Et c'est la l'erreur commise par tout le monde et rabâchée dans les débats sans aucune contradiction, sauf par quelques rares observateurs scrupuleux: L'Assemblée Nationale a bien discuté du CPE, c'est à dire de l'amendement modifiant l'article 3 du projet de loi sur l'égalité des chances. Cet amendement a fait l'objet de multiples sous-amendements tendant à le modifier, et presque tous ont été repoussés. Enfin l'Assemblée a adopté le CPE par 51 voix contre 23. Il suffit de se reporter au compte-rendu analytique de la troisième séance du 8 février.
Il est vrai que le gouvernement, lassé par les manoeuvres de retardement de l'opposition destinées à gagner (ou à faire perdre, c'est selon) du temps, a finalement engagé sa responsabilité (Art 49-3), mais sur l'ensemble du texte sur l'égalité des chances, entraînant, en effet, son adoption sans vote. L'opposition a, à juste titre, dénoncé cette décision sur un texte sur lequel le gouvernement avait déjà demandé l'urgence (une seule lecture à l'assemblée et au sénat). Mais pourquoi n'a-t-elle pas déposé, sur un sujet aussi important et comme elle en a le droit, une motion de censure? Est-ce parce que nous étions à la veille des vacances parlementaires et que les députés voulaient, comme tout le monde, partir en congé?
N'ayant pas épuisé tous les recours parlementaires, l'opposition n'est pas très bien placée pour soutenir la rue. Le parlement a été traité cavalièrement mais guère plus que depuis l'instauration de cet article 49-3, utiliser régulièrement depuis 1958.
On peut demander et souhaiter que Chirac demande une nouvelle délibération du texte, en raison du contexte social. Mais cette demande ne peut en aucun cas s'appuyer sur le motif que le parlement ne se serait pas prononcé sur le point contesté, à savoir le CPE.
La gauche qui n'a pas fait complètement son travail d'opposition parlementaire montre dans cette affaire une dangereuse fascination pour la rue.
29 mars 2006
Le Million!
Le Million! C'est le nouveau mètre étalon de la vie politique française. De manifestants bien sûr. Il est largement dépassé ce soir, même selon la police (de Sarkozy, il est vrai, donc davantage portée à la sincérité des chiffres en la circonstance), les syndicats en annoncent même trois.
Première réaction: Villepin est cuit. Il devait être l'alternative chiraquienne à Sarkozy. Aujourd'hui, on ne voit pas comment il serait, en 2007, en situation d'incarner quoique ce soit. Je serais Sarko, je ne me réjouirais pas trop vite. La gauche a remporté les régionales, elle a fait gagner le non, aujourd'hui elle gagnerait haut la main, en tout cas des législatives et, avec Ségolène Royal (ou Jospin?) peut-être aussi la présidentielle. Je ne vois pas comment cela peut s'inverser en 12 mois.
Ce n'est pas très réjouissant car la gauche n'a absolument rien à proposer au pays et n'a même pas fait l'inventaire du jospinisme, en reconnaissant par exemple le mal qu'ont fait les 35 heures.
Chirac, lui, est nu. Il peut laisser Villepin administrer les affaires courantes. Ou bien nommer Sarkozy à Matignon dans une sorte de remake de Mission Impossible, ou bien encore, il en serait bien inspiré, démissionner. Au moins prendrait-il la gauche de vitesse, ce qui serait le dernier service à rendre à son camp. Et même au pays, qui serait fixé plus rapidement sur son avenir. Dans pratiquement toutes les autres démocraties européennes face à une telle perte de légitimité populaire, confirmée depuis deux ans dans les urnes et dans la rue, le pouvoir aurait depuis longtemps anticipé l'échéance. Pas en France, semble-t-il. C'est l'immobilisme français, institutionnel, économique et politique.
La leçon à tirer pour les suivants: commencer par dire ce que l'on a l'intention de faire et surtout faire ce que l'on a dit, ou risquer d'être haché menu au bout de 12 ou 20 mois par des Français en forme révolutionnaire et malheureusement assez peu conscients des problèmes et des reculs du pays.
Autre chose: ce soir j'ai suivi les deux premiers quarts de finale de la Champion's League sur Canal et les élections israéliennes sur internet. C'était parfait!
J'ai trouvé Arsenal, mon équipe fétiche, impressionante, candidate sérieuse au titre (une finale contre Lyon me comblerait), alors que le Barça, équipe également très plaisante était un peu poussive et malheureuse face à Benfica, toujours sous-estimée-à tort-dans ce genre de compétition.Ça promet! (Il y avait 5 champions du monde de 98 sur la pelouse à Londres!)
Mon commentaire à chaud sur les élections israéliennes, pour ceux que cela intéresse:
Un centre de gravité très clair au centre gauche. Olmert a été choisi pour gérer l'héritage spirituel de Sharon mais c'est un CPE. L'homme n'est pas aimé, il est à l'essai. Peretz est le premier leader travailliste qui fasse enfin du social une priorité et il est vraisemblable que pour la première fois une part significative des déshérités sépharades des villes de développement, clientèle traditionnelle du Likoud, a voté pour cet authentique homme de gauche. Il devrait obtenir un grand ministère économique et social dans le prochain gouvernement. Les pauvres, de plus en plus nombreux ont adhéré à son discours "marxien": l'économique commande le politique. Autrement dit en luttant contre la pauvreté, on oeuvre pour la paix. En somme, qu'il faut arrêter d'arroser les colonies religieuses de cisjordannie, ce qui n'apporte que la guerre et encore plus de pauvreté en Israël.
Les israéliens viennent donc de donner un mandat pour de nouvelles évacuations de territoires occupés. Une autre chose est frappante. Pratiquement tous les partis sont en faveur de ce principe, à part le PNR (Mafdal), parti des colons qui ne pèse que 7% environ. Même le Likoud, même Israël Beitenou d'Avigdor Lieberman! Ce dernier veut même rendre des territoires israéliens depuis 1948, au motif qu'ils sont peuplés d'Arabes, ce qui-au passage- est une injure raciste envers 20% de la population non juive d'Israël qui s'est toujours montrée loyale.
Bref, il y existe un consensus très large sur cette question en Israël, ce qui est une avancée considérable. Certains veulent le faire unilatéralement comme l'a initié Sharon, d'autres souhaitent ouvrir des négociations préalables avec les palestiniens. Il y aura des avocats des deux méthodes dans le prochain gouvernement.
Pour l'instant la victoire du Hamas, la libanisation de Gaza, d'où le Djihad Islamique vient de lancer sa première roquette Katyoucha sur Israël, et la victoire de Kadima, semblent donner raison aux premiers. Mais le Hamas multiplie les signes d'ouverture: la trêve observée à la lettre et une réaction extraordinairement mesurée sur l'affaire de la prison de Jericho.
Il y aura donc certainement un jour prochain des négociations avec les islamistes palestiniens. D'ailleurs, Nissim Zvili l'a révélé vendredi sur Public Sénat, dans Bibliothèque Medicis, devant Jean-Pierre Elkabbach: Il avait proposé à son gouvernement de commencer à parler avec le Hamas en 1995!
A ce soir sur RTL.
Première réaction: Villepin est cuit. Il devait être l'alternative chiraquienne à Sarkozy. Aujourd'hui, on ne voit pas comment il serait, en 2007, en situation d'incarner quoique ce soit. Je serais Sarko, je ne me réjouirais pas trop vite. La gauche a remporté les régionales, elle a fait gagner le non, aujourd'hui elle gagnerait haut la main, en tout cas des législatives et, avec Ségolène Royal (ou Jospin?) peut-être aussi la présidentielle. Je ne vois pas comment cela peut s'inverser en 12 mois.
Ce n'est pas très réjouissant car la gauche n'a absolument rien à proposer au pays et n'a même pas fait l'inventaire du jospinisme, en reconnaissant par exemple le mal qu'ont fait les 35 heures.
Chirac, lui, est nu. Il peut laisser Villepin administrer les affaires courantes. Ou bien nommer Sarkozy à Matignon dans une sorte de remake de Mission Impossible, ou bien encore, il en serait bien inspiré, démissionner. Au moins prendrait-il la gauche de vitesse, ce qui serait le dernier service à rendre à son camp. Et même au pays, qui serait fixé plus rapidement sur son avenir. Dans pratiquement toutes les autres démocraties européennes face à une telle perte de légitimité populaire, confirmée depuis deux ans dans les urnes et dans la rue, le pouvoir aurait depuis longtemps anticipé l'échéance. Pas en France, semble-t-il. C'est l'immobilisme français, institutionnel, économique et politique.
La leçon à tirer pour les suivants: commencer par dire ce que l'on a l'intention de faire et surtout faire ce que l'on a dit, ou risquer d'être haché menu au bout de 12 ou 20 mois par des Français en forme révolutionnaire et malheureusement assez peu conscients des problèmes et des reculs du pays.
Autre chose: ce soir j'ai suivi les deux premiers quarts de finale de la Champion's League sur Canal et les élections israéliennes sur internet. C'était parfait!
J'ai trouvé Arsenal, mon équipe fétiche, impressionante, candidate sérieuse au titre (une finale contre Lyon me comblerait), alors que le Barça, équipe également très plaisante était un peu poussive et malheureuse face à Benfica, toujours sous-estimée-à tort-dans ce genre de compétition.Ça promet! (Il y avait 5 champions du monde de 98 sur la pelouse à Londres!)
Mon commentaire à chaud sur les élections israéliennes, pour ceux que cela intéresse:
Un centre de gravité très clair au centre gauche. Olmert a été choisi pour gérer l'héritage spirituel de Sharon mais c'est un CPE. L'homme n'est pas aimé, il est à l'essai. Peretz est le premier leader travailliste qui fasse enfin du social une priorité et il est vraisemblable que pour la première fois une part significative des déshérités sépharades des villes de développement, clientèle traditionnelle du Likoud, a voté pour cet authentique homme de gauche. Il devrait obtenir un grand ministère économique et social dans le prochain gouvernement. Les pauvres, de plus en plus nombreux ont adhéré à son discours "marxien": l'économique commande le politique. Autrement dit en luttant contre la pauvreté, on oeuvre pour la paix. En somme, qu'il faut arrêter d'arroser les colonies religieuses de cisjordannie, ce qui n'apporte que la guerre et encore plus de pauvreté en Israël.
Les israéliens viennent donc de donner un mandat pour de nouvelles évacuations de territoires occupés. Une autre chose est frappante. Pratiquement tous les partis sont en faveur de ce principe, à part le PNR (Mafdal), parti des colons qui ne pèse que 7% environ. Même le Likoud, même Israël Beitenou d'Avigdor Lieberman! Ce dernier veut même rendre des territoires israéliens depuis 1948, au motif qu'ils sont peuplés d'Arabes, ce qui-au passage- est une injure raciste envers 20% de la population non juive d'Israël qui s'est toujours montrée loyale.
Bref, il y existe un consensus très large sur cette question en Israël, ce qui est une avancée considérable. Certains veulent le faire unilatéralement comme l'a initié Sharon, d'autres souhaitent ouvrir des négociations préalables avec les palestiniens. Il y aura des avocats des deux méthodes dans le prochain gouvernement.
Pour l'instant la victoire du Hamas, la libanisation de Gaza, d'où le Djihad Islamique vient de lancer sa première roquette Katyoucha sur Israël, et la victoire de Kadima, semblent donner raison aux premiers. Mais le Hamas multiplie les signes d'ouverture: la trêve observée à la lettre et une réaction extraordinairement mesurée sur l'affaire de la prison de Jericho.
Il y aura donc certainement un jour prochain des négociations avec les islamistes palestiniens. D'ailleurs, Nissim Zvili l'a révélé vendredi sur Public Sénat, dans Bibliothèque Medicis, devant Jean-Pierre Elkabbach: Il avait proposé à son gouvernement de commencer à parler avec le Hamas en 1995!
A ce soir sur RTL.
27 mars 2006
Antisémitisme dieudonnesque (suite)
Je vous "recommande" une petite visite sur le site des amis de Dieudo, en particulier cet article puant l'antisémitisme façon "Je suis partout". Y sont dénoncé les "sionistes" qui auraient envahi les medias. Le mieux, ce sont les commentaires. On y lit par exemple que la majorité des journalistes politiques sont juifs "mais qu'on n'a pas le droit de le dire." Votre serviteur y est dénoncé en bonne place, ce qui mériterait amplement une action en justice. J'ai dédidé depuis longtemps de ne pas poursuivre ce genre de propos, estimant ce genre d'initiative contre-productives.
Par ailleurs, Tristan Mendès-France nous révèle ici que cet article comportait, avant modération, un passage encore plus nauséabond dans lequel était dréssée une liste vertigineuse de Juifs, ou plutôt de noms à consonnance juive (qu'est-ce qu'un Juif je vous le demande?), soit invités soit invitant dans les medias. C'est du propre. Depuis Le Pen personne n'avait osé, ce qui ajoute du sens à la précédente note.
Par ailleurs, Tristan Mendès-France nous révèle ici que cet article comportait, avant modération, un passage encore plus nauséabond dans lequel était dréssée une liste vertigineuse de Juifs, ou plutôt de noms à consonnance juive (qu'est-ce qu'un Juif je vous le demande?), soit invités soit invitant dans les medias. C'est du propre. Depuis Le Pen personne n'avait osé, ce qui ajoute du sens à la précédente note.
23 mars 2006
Dieudonné franchit le Rubicon
Voici un des premiers signes patents que, dans les banlieues, le FN élargit son audience au delà du "petit blanc raciste". En 2002, Le Pen avait déjà réalisé le meilleur score de tous les candidats chez les moins de 25 ans. Aujourd'hui, les jeunes séduits par Dieudonné, et par le discours sur les "indigènes de la République" ne cachent plus leur sympathie pour le FN, comme le montre ce compte rendu du récent non-lieu en faveur de Bruno Gollnisch, pour négation de crimes contre l'humanité. Ce texte, on ne peut plus complaisant pour le Délégué Général du FN émane du collectif "La Banlieue s'exprime", parainnée par Dieudonné, comme l'indique le site dieudonniste "les ogres." Il ne se contente pas de prendre fait et cause pour Gollnisch, mais appelle à sanctionner dans les urnes tous ses accusateurs renvoyés en correctionnelle pour diffamation. Est-ce un appel à voter FN? A moins que Dieudonné ne compte présenter ses propres listes?
Les amis de Dieudonné répondront certainement qu'il s'agit là de l'expression d'une solidarité des "muselés", au nom de la liberté d'expression. Liberté d'expression qui s'arrête, pour Dieudonné, lorsqu'il est mis en cause, comme l'attestent ses efforts (heureusement vains) pour censurer le livre d'Anne Sophie Mercier "La vérité sur Dieudonné".
Les amis de Dieudonné répondront certainement qu'il s'agit là de l'expression d'une solidarité des "muselés", au nom de la liberté d'expression. Liberté d'expression qui s'arrête, pour Dieudonné, lorsqu'il est mis en cause, comme l'attestent ses efforts (heureusement vains) pour censurer le livre d'Anne Sophie Mercier "La vérité sur Dieudonné".
21 mars 2006
Qui sont les casseurs? Réponse de France 2

France 2 a diffusé hier soir au 20 heures deux reportages très instructifs et "incorrects" sur les manifs, ou plutôt les "after". Le premier montre une bataille rangée, samedi soir place de la nation longtemps après la dispersion, entre CRS et "manifestants". Ceux-ci lancent des projectiles divers sur les policiers qui finissent par charger. Au milieu, un homme gît à terre, probablement piétiné au passage. On nous le présente comme le syndicaliste de Sud-PTT qui depuis se trouve dans le coma, pronostic vital reservé. Ses camarades interviewés témoignent: C'est bien lui, il a été frappé puis piétiné sans ménagement. Alors, on se demande si, journalistiquement, on peut aller un tout petit peu plus loin et poser cette question, sans passer pour un affreux réactionnaire: Est-ce donc le rôle de syndicalistes de défier ainsi les forces de l'ordre? Comment peut-on, ne serait-ce qu'évoquer l'hypothèse d'une bavure, à partir du moment où les affrontements ont été provoqués par les activistes de Sud, syndicat d'extrême gauche? Au moins France 2 nous a-t-il montré autre chose qui contredit les lénifiantes affirmations habituelles en pareil cas, à savoir: "les casseurs n'ont rien à voir avec les paisibles manifestants, ce sont des autonomes, des anarchistes, des provocateurs incontrôlés."
Les casseurs dont il s'agit ici ont repris tranquillement leur travail à la poste le lundi matin. Si, par malheur, leur camarade décède, le "mouvement" aura son martyr et le gouvernement sera montré du doigt.
Un postier. En 1986, les policiers voltigeurs motocyclistes-dissous depuis- dispersaient à coup de matraque les manifestants pacifistes. Malik Oussekine a été tabassé dans une petite rue alors qu'il rentrait chez lui. On ne sait même pas s'il avait pris une part active au défilé.
Deuxième reportage. Des jeunes interpellés samedi passent en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. Il leur est reproché d'avoir cassé la vitrine d'un magasin d'électronique et/ou d'avoir volé des ordinateurs. Surprise. Là aussi il ne s'agit ni d'un casseur autonome, ni même d'un jeune de banlieue "issu de l'immigration" venu en découdre avec les flics et piller (Il y en a, France 2 nous montre aussi ceux qui viennent aux manifs uniquement pour ça), mais d'un jeune étudiant en économie bien sous tout rapport. Il prend trois mois avec sursis, et paraît désolé: Il s'excuse, même: "Je me suis laissé tenter. Je regrette. J'aurais pu gâcher mes études." L'erreur est humaine, mais avouez que cela modifie un peu la perception que l'on a de ce mouvement.
20 mars 2006
Une histoire de piston

C'est un jeune collégien de Nanterre, appelons le Karim, il redouble sa troisième et adore le foot. Si ses résultats ne s'améliorent pas, ce sera le BEP direct. Sa mère l'élève toute seule. Son père vit au Sénégal. Il n'a pas abandonné son fils, c'est sa mère qui est partie pour que son fils grandisse en France. Elle était la nounou de mes nièces, à Nanterre. La cousine chez qui elle habitait était la voisine de palier de ma soeur. Aujourd'hui l'une de mes nièces travaille à M6, au Marketing. Elle a obtenu un stage pour Karim. Le stage d'observation en entreprise que tous les élèves de troisième doivent faire.
Un jour, il y a quelques semaines, la prof principale de Karim demande à ses élèves s'ils ont tous trouvé quelque chose, parce que pour ceux qui n'ont rien, elle a trouvé un chantier à Gennevilliers. La prof qui connaît la situation sociale et familiale de Karim lui propose le chantier.
-Pas besoin madame, j'ai un stage à M6.
-M6? La télé?
Stupéfaction de l'enseignante et de toute la classe.
-Arrête de te moquer de nous, tu veux?
Il était tout simplement impossible qu'un môme de Nanterre, en quasi échec scolaire- et black de surcroît- puisse entrouvrir la porte de la télé. La télé! autant dire le symbole de la réussite aux yeux de ces gosses!
Il a fallu que ma nièce appelle plusieurs fois la prof de Karim pour qu'elle admette que grâce à ses voisins français, bourgeois, qui ont donc quitté Nanterre depuis un certain temps pour habiter le centre de Paris, Karim échapperait au chantier. Pour l'instant en tout cas.
Cette histoire est, hélas, un parfait résumé des blocages français. Karim comme tous les petits blacks de 16 ans souffre du racisme. Comme beaucoup d' enfants élevés par des mères célibataires, d'origine étrangère et qui ont du mal a joindre les deux bouts, ses résultats scolaires sont médiocres. Ma soeur lui donne des cours de maths, mais cela ne suffit pas. Toutefois, pour Karim la principale difficulté c'est de ne pas disposer d' assez de réseaux pour que l'on puisse lui faire confiance. A moins qu'il perce dans le foot. Il paraît qu'il joue très bien, mais de là à faire une carrière professionnelle...
Il y a 15 ans j'ai écrit, avec Claude Askolovitch, un livre qui s'appelait "La France du piston" qui expliquait à quel point ces dynamiques de réseaux étaient prépondérantes en France. Tout le monde se sert de ses réseaux pour commencer dans la vie. Même ma nièce de M6 qui avait fait une maîtrise de gestion à Dauphine a eu un piston pour trouver ce job. Je n'imaginais pas à quel point nous avions raison.
La France est un pays conservateur qui se méfie des jeunes pas assez bien nés, qui condamne au chômage les élèves qui ne suivent pas le parcours normal de l'élitisme républicain: Bonne famille, bonnes études générales, bonne université ou grande école. L'innovation, la créativité n'est pas assez valorisée, sauf dans quelques domaines comme le rap ou le sport ou excellent d'ailleurs les jeunes laissés pour compte de banlieue, qu'ils soient black, blancs ou beurs.
Vendredi, je recevais à Public Sénat Christian Blanc, l'ancien président d'Air France. Il a parfaitement bien résumé les ressorts de la crise que nous traversons: "68 était un mouvement pour changer la société. Aujourd'hui la revendication principale c'est d'y entrer."
19 mars 2006
"Avec arme, à savoir avec oeuf"
Un citoyen parisien créateur d'un collectif de quartier intitulé "salauds de pauvres" est poursuivi devant les tribunaux pour avoir lancé un oeuf (frais ou pourri?) sur la dame De Panafieu alors que celle-ci visitait une cité HLM du XIXème. La citation à comparaitre évoque "une agression avec arme, à savoir un oeuf" Si les flics se mettent à faire du Alfred Jarry dans leurs commissariats....
Demain, je vous entretiendrais de sujets beaucoup plus graves
Demain, je vous entretiendrais de sujets beaucoup plus graves
17 mars 2006
Matignon et le péril jeune
Liberation nous apprend ce matin que le CPE est sorti du cerveau d'un jeune technocrate qui a fait ses débuts au Parti Socialiste, côté "jeunes rocardiens", Louis-Charles Viossat. Passé ensuite par le cabinet de Jacques Barrot, il se retrouve au moment de la canicule 2003 directeur de cabinet du ministre de la santé Jean François Mattei, où, selon libé, il a brillé par son absence durant la crise, laissant le soin à son adjointe de gérer la crise. Recasé dans une usine à gaz administrative, c'est lui que Villepin est allé chercher pour lui confier le dossier de l'emploi des jeunes.
Peut-on imaginer plus bel exemple de la façon dont se font les carrières dans la haute fonction publique. où aucune faute ne se paye jamais très longtemps. Responsable mais pas coupable, et surtout hautement recyclable! On connaît la suite. Le CPE n'est peut-être pas une mauvaise mesure mais son accouchement technocratique peut expliquer la façon dont il est perçu dans une partie de la jeunesse. L'autre explication, comme le note aussi Libé, c'est que ni Matignon ni l'Elysée n'ont de conseiller chargé des questions interessant la jeunesse!
Peut-on imaginer plus bel exemple de la façon dont se font les carrières dans la haute fonction publique. où aucune faute ne se paye jamais très longtemps. Responsable mais pas coupable, et surtout hautement recyclable! On connaît la suite. Le CPE n'est peut-être pas une mauvaise mesure mais son accouchement technocratique peut expliquer la façon dont il est perçu dans une partie de la jeunesse. L'autre explication, comme le note aussi Libé, c'est que ni Matignon ni l'Elysée n'ont de conseiller chargé des questions interessant la jeunesse!
16 mars 2006
Assez de temps perdu
En France, il n'est jamais très bien vu de demander une acceleration des échéances électorales. Pourtant nous n'avons plus d'autre choix. Comme le note avec lucidité Jacques Attali dans l'Express, les difficultés économiques de la France sont étroitement liées à l'absence de confiance des Français dans la capaicité de leurs dirigeants à gouverner et des étrangers dans la valeur de la parole de la France. Il ne s'agit même plus de savoir si le CPE est ou non une bonne mesure. Dans une démocratie fonctionnant normalement, un premier ministre serait fondé à appliquer un texte de loi, même face à la grogne de la rue qui n'a quand même rien d'une situation révolutionnaire. Après tout, si les étudiants ne veulent plus aller en cours, cela n'empêche pas un pays de fonctionner normalement. Il vaudrait mieux s'interroger sur les raisons de leur malaise qui àa à voir avec l'impossibilité de toute réforme de l'université depuis 20 ans parce que les mêmes étudiants croient obstinément que l'ont peut avoir des diplômes qualifiants sans selection.
En Allemagne quand Shröeder a perdu une élection dans un seul Lander il a décidé de convoquer des élections générales pour demander au peuple de clarifier cette situation et éventuellement de lui donner un nouveau mandat. Il a failli gagner et aurait été conforté dans son programme de réformes. En France, non seulement ce Président a été élu sans que son score ait une signification politique claireet cette majorité élue sur un programme flou, mais lorsqu'elle a perdu 20 régions sur 22, il ne s'est rien passé.
Dans ces conditions il ne faut pas s'étonner que la France fasse du surplace et céde à la tentation de l'enfermement.
En Allemagne quand Shröeder a perdu une élection dans un seul Lander il a décidé de convoquer des élections générales pour demander au peuple de clarifier cette situation et éventuellement de lui donner un nouveau mandat. Il a failli gagner et aurait été conforté dans son programme de réformes. En France, non seulement ce Président a été élu sans que son score ait une signification politique claireet cette majorité élue sur un programme flou, mais lorsqu'elle a perdu 20 régions sur 22, il ne s'est rien passé.
Dans ces conditions il ne faut pas s'étonner que la France fasse du surplace et céde à la tentation de l'enfermement.
13 mars 2006
La psy qui provoque encore la foudre des musulmans
Selon le New York Times, Le Dr Wafa Sultan, une psychiatre américaine d'origine syrienne est l'objet de menaces de mort pour avoir osé mettre en doute les bienfaits de l'Islam au cours d'un débat sur Al Jazeera, en particulier pour avoir affirmé que "le choc auquel nous assistons n'est ni entre des religions, ni entre des civilisations, mais entre une mentalité moyenâgeuse et une mentalité du XXIème siècle, entre la civilisation et les primitifs, entre la barbarie et la raison." Elle a même risqué, comble du sacrilège une comparaison entre les Juifs et les Musulmans devant l'adversité: "Les Juifs, sortant d'une tragédie ont obtenu le respect grâce à leur savoir et non grâce à la terreur, grâce à leur travail et non avec des cris et des pleurs."
L'intégralité de la transcription, ainsi que la video de cette interview se trouve sur le site de Memri.
La chaîne Al Jazeera, montre à nouveau qu'elle ose poser des questions taboues dans le monde arabo-musulman, même si on sent que la sympathie du modérateur ne va pas vers le Dr Sultan. En raison de son audience, la chaîne l'a aussi, involontairement, désignée à la colère de nombreux téléspectateurs qui ont envahi sa messagerie, la menaçant des pires choses. Memri affirme que plus d'un million d'internautes ont vu la vidéo. Une nouvelle affaire d'apostasie? Souhaitons que les choses en restent là et saluons le courage de cette femme qui se présente simplement comme un être humain, laïc.
Elle est d'ailleurs qualifiée, en direct, d'hérétique par son contradicteur, un professeur égyptien qui refuse de poursuivre la discussion avec elle.
Cette femme qui vit aujourd'hui à Los Angeles a fuit la Syrie après avoir vu les Frères musulmans assassiner son professeur de médecine sous ses yeux. Son audace rend (un peu) optimiste.
PS: J'en ai parlé ce soir à RTL et cela a semblé intéresser mes comparses. Nous avons diffusé, sur Public Sénat, un reportage sur les 50 ans du planning familial. Les médecins ont confié à notre équipe qu'ils étaient de plus en plus confrontés à de jeunes filles demandant des certificats de virginité. L'une d'elles s'est laissée filmer. Après hésitation il ont décidé pour les protéger de leur fournir des certificats bidons. Un cas de conscience. Mais cela ne doit pas être une décision facile pour un médecin.
L'intégralité de la transcription, ainsi que la video de cette interview se trouve sur le site de Memri.
La chaîne Al Jazeera, montre à nouveau qu'elle ose poser des questions taboues dans le monde arabo-musulman, même si on sent que la sympathie du modérateur ne va pas vers le Dr Sultan. En raison de son audience, la chaîne l'a aussi, involontairement, désignée à la colère de nombreux téléspectateurs qui ont envahi sa messagerie, la menaçant des pires choses. Memri affirme que plus d'un million d'internautes ont vu la vidéo. Une nouvelle affaire d'apostasie? Souhaitons que les choses en restent là et saluons le courage de cette femme qui se présente simplement comme un être humain, laïc.
Elle est d'ailleurs qualifiée, en direct, d'hérétique par son contradicteur, un professeur égyptien qui refuse de poursuivre la discussion avec elle.
Cette femme qui vit aujourd'hui à Los Angeles a fuit la Syrie après avoir vu les Frères musulmans assassiner son professeur de médecine sous ses yeux. Son audace rend (un peu) optimiste.
PS: J'en ai parlé ce soir à RTL et cela a semblé intéresser mes comparses. Nous avons diffusé, sur Public Sénat, un reportage sur les 50 ans du planning familial. Les médecins ont confié à notre équipe qu'ils étaient de plus en plus confrontés à de jeunes filles demandant des certificats de virginité. L'une d'elles s'est laissée filmer. Après hésitation il ont décidé pour les protéger de leur fournir des certificats bidons. Un cas de conscience. Mais cela ne doit pas être une décision facile pour un médecin.
09 mars 2006
Mnef: Pourquoi Jospin ne témoignera pas
Les confrères ne semblent pas, à une ou deux exceptions près, beaucoup s’intéresser au procès de la Mnef. C’est dommage et pour tout dire inexcusable. Surtout si l’on compare avec le tohu-bohu (justifié) qu’avait provoqué l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris qui est symétriquement du même ordre pour la droite.
De même qu’il aurait été utile à la manifestation de la vérité qu’un juge entende Chirac sur ce dossier, il paraît légitime aujourd’hui que la justice demande à Lionel Jospin s’il était ou non au courant de ce système de faveurs au profit d’un certain nombre de ses proches. De surcroît, Jospin a été ministre de l’Education Nationale à l’époque des faits et la Mnef avait avec la gauche et ce ministère des relations consanguines. Pour autant, aucun juge n’a jamais sollicité le témoignage de Jospin. Jospin n’est pourtant protéger par aucun statut particulier. En fait il semble bien, comme me l’a confirmé une bonne source, que la chancellerie a donné des instructions au parquet pour que l’enquête reste soigneusement à distance de l’ancien premier ministre. Comme on se souvient des réticences de celui-ci à évoquer les casseroles de Chirac en 2002, on ne peut que soupçonner un « deal ». Le pouvoir continue-t-il de ménager Jospin ? C’est probable. Ce qui est sûr c’est que, dans cette affaire de Mnef aussi, comme dans celle des emplois fictifs, une ombre tutélaire plane sur les débats et ce sont les seconds rôles qui vont trinquer.
De même qu’il aurait été utile à la manifestation de la vérité qu’un juge entende Chirac sur ce dossier, il paraît légitime aujourd’hui que la justice demande à Lionel Jospin s’il était ou non au courant de ce système de faveurs au profit d’un certain nombre de ses proches. De surcroît, Jospin a été ministre de l’Education Nationale à l’époque des faits et la Mnef avait avec la gauche et ce ministère des relations consanguines. Pour autant, aucun juge n’a jamais sollicité le témoignage de Jospin. Jospin n’est pourtant protéger par aucun statut particulier. En fait il semble bien, comme me l’a confirmé une bonne source, que la chancellerie a donné des instructions au parquet pour que l’enquête reste soigneusement à distance de l’ancien premier ministre. Comme on se souvient des réticences de celui-ci à évoquer les casseroles de Chirac en 2002, on ne peut que soupçonner un « deal ». Le pouvoir continue-t-il de ménager Jospin ? C’est probable. Ce qui est sûr c’est que, dans cette affaire de Mnef aussi, comme dans celle des emplois fictifs, une ombre tutélaire plane sur les débats et ce sont les seconds rôles qui vont trinquer.
07 mars 2006
cousu de fil noir
Tout le monde vous le dit. Il est très bien le jeune Harry. Né à Tours voici 33 ans, on le désigne encore comme le "Martiniquais". Il a souffert du racisme. A ses débuts, on n'avait voulu de lui que sur une radio antillaise, a dévoilé un de ses proches. Je me souviens qu'à TF1 il n'y a pas si longtemps on expliquait un mauvais audimat par le fait qu'il y avait trop de noirs dans les reportages. Aujourd'hui on choisit un présentateur parce qu'il a la couleur recherchée. Du racisme positif en quelque sorte.
Le mois de novembre, Chirac et Sarkozy sont passés par là. Et surtout le marketing communautaire. Le Monde nous explique que Sarkozy veut devenir président grâce aux communautés. Il était informé avant tout le monde du "coup" de TF1 et au même moment il a d'ailleurs bombardé une autre militante black choisie au club Avéroes, secrétaire nationale de l'UMP à la francophonie. Une fille épatante, je la connais puisqu'elle est administratrice du sénat et travaillait, jusqu'à hier à Public Sénat. Une promotion météorique puisqu'elle était inconnue au bataillon de l'ump jusqu'à la semaine dernière. Une coïncidence qui en dit long sur ce qui se passe en France.
Nul doute qu'il fallait que les choses changent dans ce pays. Mais je doute que ce soit dans le bon sens. Voici accélérée la carrière de jeunes talents issus de minorités visibles qui avaient déjà fait leur trou dans le système. La grande masse des banlieues appréciera d'être "représentée" en politique ou dans les medias. et devra probablement s'en contenter. La situation sociale de l'écrasante majorité des jeunes qui connaissent les discriminations ne changera pas. Le pouvoir, les pouvoirs se seront acheté une bonne conscience à peu de frais.
Post Scriptum: Petite conversation aujourd'hui (21 mars) avec R. (je ne la cite pas même si sa nomination est publique). Elle me fait observer qu'elle n'a pas été "bombardée" et qu'elle n'était pas totalement inconnue au bataillon de l'ump puisqu'elle travaillait avec eux, à travers les associations dans lesquelles elle milite, sur les sujets de l'intégration. Dont acte. Elle me dit aussi qu'en exposant son cas je ne lui laisse pas une chance de faire ses preuves. C'est bien la dernière chose dont je voudrais être responsable!
C'est tout le problème avec la discrimination positive. Il faut que ses bénéficiaires montrent qu'ils ne doivent leur place qu'à leur mérites propres. Elle n'en manque pas, je peux en témoigner directement. Il est parfaitement exact que son parcours est tout ce qu'il y a de plus orthodoxe (Sciences-po, concours administratifs, elle a été reçue à l'assemblée et au sénat). D'ailleurs, l'Ump, à la différence de TF1 avec Harry, s'est bien gardé de faire un communiqué triomphant sur le thème: Nous avons recruté une noire. Je crois qu'elle est consciente, comme moi, des effets pervers de la discrimination positive, mais elle pense que c'est le seul moyen de changer les mentalités. Nous sommes en désaccord là dessus mais je respecte sa décision qu'elle n'a d'ailleurs pas prise à la légère.
Le mois de novembre, Chirac et Sarkozy sont passés par là. Et surtout le marketing communautaire. Le Monde nous explique que Sarkozy veut devenir président grâce aux communautés. Il était informé avant tout le monde du "coup" de TF1 et au même moment il a d'ailleurs bombardé une autre militante black choisie au club Avéroes, secrétaire nationale de l'UMP à la francophonie. Une fille épatante, je la connais puisqu'elle est administratrice du sénat et travaillait, jusqu'à hier à Public Sénat. Une promotion météorique puisqu'elle était inconnue au bataillon de l'ump jusqu'à la semaine dernière. Une coïncidence qui en dit long sur ce qui se passe en France.
Nul doute qu'il fallait que les choses changent dans ce pays. Mais je doute que ce soit dans le bon sens. Voici accélérée la carrière de jeunes talents issus de minorités visibles qui avaient déjà fait leur trou dans le système. La grande masse des banlieues appréciera d'être "représentée" en politique ou dans les medias. et devra probablement s'en contenter. La situation sociale de l'écrasante majorité des jeunes qui connaissent les discriminations ne changera pas. Le pouvoir, les pouvoirs se seront acheté une bonne conscience à peu de frais.
Post Scriptum: Petite conversation aujourd'hui (21 mars) avec R. (je ne la cite pas même si sa nomination est publique). Elle me fait observer qu'elle n'a pas été "bombardée" et qu'elle n'était pas totalement inconnue au bataillon de l'ump puisqu'elle travaillait avec eux, à travers les associations dans lesquelles elle milite, sur les sujets de l'intégration. Dont acte. Elle me dit aussi qu'en exposant son cas je ne lui laisse pas une chance de faire ses preuves. C'est bien la dernière chose dont je voudrais être responsable!
C'est tout le problème avec la discrimination positive. Il faut que ses bénéficiaires montrent qu'ils ne doivent leur place qu'à leur mérites propres. Elle n'en manque pas, je peux en témoigner directement. Il est parfaitement exact que son parcours est tout ce qu'il y a de plus orthodoxe (Sciences-po, concours administratifs, elle a été reçue à l'assemblée et au sénat). D'ailleurs, l'Ump, à la différence de TF1 avec Harry, s'est bien gardé de faire un communiqué triomphant sur le thème: Nous avons recruté une noire. Je crois qu'elle est consciente, comme moi, des effets pervers de la discrimination positive, mais elle pense que c'est le seul moyen de changer les mentalités. Nous sommes en désaccord là dessus mais je respecte sa décision qu'elle n'a d'ailleurs pas prise à la légère.
Les musulmans et la démocratie
Je suis interpelé par un lecteur après des propos que j'ai tenu, sur RTL, au sujet du nucléaire indien et israélien. Ce lecteur trouvait douteux que je ne veuille pas reconnaitre le même droit à l'Iran ou aux pays arabes. C'est le fameux reproche du "deux poids et deux mesures". Je suis à nouveau soupçonné d'être guidé par des sentiments "antimusulmans", sinon racistes. Je lui ai répondu (voir les commentaires de la note "la gauche sectatrice..."). J'aurai pu aller plus loin sur le rôle que joue, à mon avis, l'attitude d'une communauté vis à vis du progrès scientifique et technique et le developpement économique associé à des instituttions démocratiques. Choses qui font défaut en partie ou en totalité aux pays arabes et à l'Iran.
En complément de ma réponse je reproduis donc des extraits d'un article du quotidien qatari Al-Raya, dans lequel Tarek Heggy, intellectuel egyptien, voit dans l'exemple de la démocratie indienne la preuve que les pays arabes et musulmans ne recourraient pas au terrorisme s'ils pouvaient participer librement à la vie politique de leur pays, comme c'est le cas en Inde. [1]
"Alors que [presque] toutes les communautés musulmanes dans le monde ont produit des combattants du djihad, lesquels ont rejoint Al-Qaïda et d'autres organisations [du même type], il existe une communauté musulmane qui ne participe pas à ce phénomène: il s'agit de la deuxième plus grande communauté musulmans au monde, la communauté musulmane d'Inde.
Cette communauté de plus de 150 millions de personnes (…) est la seule communauté musulmane à n'avoir pas produit un seul individu ayant un jour quitté le pays pour participer à des opérations violentes appelées 'djihad' par leurs auteurs et 'terrorisme' par [le reste du] monde.
La communauté musulmane d'Inde n'est pas riche. Elle fait partie intégrante de la société indienne (…) où un pourcentage important de la population vit à l'écart de la richesse et de la prospérité. Toutefois, aucun membre de cette communauté musulmane n'a jamais n'a jamais planifié ou exécuté d'opérations telles que l'attentat du 11 septembre 2001 à New York, ou les attentats intervenus par la suite à Madrid, Londres, Istanbul, Taba, Charm El-Cheikh et ailleurs. En outre, la communauté musulmane d'Inde (malgré son statut de minorité) a donné un grand érudit, qui joue actuellement le rôle de président d'Inde. [2]
Ce qu'il faut noter est que la communauté musulmane d'Inde est la seule communauté musulmane [au monde] à vivre dans une véritable démocratie nationale.
Que pouvons-nous conclure de ces faits ? La conclusion évidente est qu'au cœur de chaque individu se trouve un être politique (…) Si cet être dispose de moyens effectifs et légitimes pour agir ouvertement au niveau politique, il ne cherchera pas à agir de façon souterraine.
L'Inde n'est pas seulement une démocratie ; c'est la plus grande démocratie au monde. Non seulement a-t-elle réussi à réaliser le rêve d'une existence démocratique propre à [toute grande nation], elle a aussi permis à cette nation d'accomplir des progrès significatifs dans les domaines de l'économie, de la recherche scientifique, de la production, du marketing et de l'enseignement moderne. En outre, elle gère remarquablement la diversité de la société indienne et l'actuel Premier ministre est en effet membre de la minorité Sikh [qui ne représente que 2% de la population] (…)
Les universités d'Inde (contrairement aux universités des [autres] pays du Tiers-monde) sont classées parmi les meilleures au monde (tandis que l'université du Caire - la plus ancienne université du monde arabe - n'est [même] pas classée parmi les 500 meilleures universités du monde.)
L'essentiel est que l'Inde a prouvé que quand les musulmans [comme tous les autres êtres humains] se trouvent dans un climat qui leur permet de participer pleinement à la vie politique, ils n'ont pas recours à des activités souterraines (…) et ils ne quittent pas [leur pays] pour faire sauter un avion, un train ou un bus rempli d'innocents (…)"
[1] Al-Raya (Qatar], le 21 décembre 2005
http://www.raya.com/site/topics/article.asp?cu_no=2&item_no=110189&version=1&template_id=24&parent_id=23.
[2] CNN rapporte en effet que bien que né de parents musulmans, Abdul Kalam ne se considère pas comme musulman. http://archives.cnn.com/2002/WORLD/asiapcf/south/07/18/india.president/index.html
source: Memri
En complément de ma réponse je reproduis donc des extraits d'un article du quotidien qatari Al-Raya, dans lequel Tarek Heggy, intellectuel egyptien, voit dans l'exemple de la démocratie indienne la preuve que les pays arabes et musulmans ne recourraient pas au terrorisme s'ils pouvaient participer librement à la vie politique de leur pays, comme c'est le cas en Inde. [1]
"Alors que [presque] toutes les communautés musulmanes dans le monde ont produit des combattants du djihad, lesquels ont rejoint Al-Qaïda et d'autres organisations [du même type], il existe une communauté musulmane qui ne participe pas à ce phénomène: il s'agit de la deuxième plus grande communauté musulmans au monde, la communauté musulmane d'Inde.
Cette communauté de plus de 150 millions de personnes (…) est la seule communauté musulmane à n'avoir pas produit un seul individu ayant un jour quitté le pays pour participer à des opérations violentes appelées 'djihad' par leurs auteurs et 'terrorisme' par [le reste du] monde.
La communauté musulmane d'Inde n'est pas riche. Elle fait partie intégrante de la société indienne (…) où un pourcentage important de la population vit à l'écart de la richesse et de la prospérité. Toutefois, aucun membre de cette communauté musulmane n'a jamais n'a jamais planifié ou exécuté d'opérations telles que l'attentat du 11 septembre 2001 à New York, ou les attentats intervenus par la suite à Madrid, Londres, Istanbul, Taba, Charm El-Cheikh et ailleurs. En outre, la communauté musulmane d'Inde (malgré son statut de minorité) a donné un grand érudit, qui joue actuellement le rôle de président d'Inde. [2]
Ce qu'il faut noter est que la communauté musulmane d'Inde est la seule communauté musulmane [au monde] à vivre dans une véritable démocratie nationale.
Que pouvons-nous conclure de ces faits ? La conclusion évidente est qu'au cœur de chaque individu se trouve un être politique (…) Si cet être dispose de moyens effectifs et légitimes pour agir ouvertement au niveau politique, il ne cherchera pas à agir de façon souterraine.
L'Inde n'est pas seulement une démocratie ; c'est la plus grande démocratie au monde. Non seulement a-t-elle réussi à réaliser le rêve d'une existence démocratique propre à [toute grande nation], elle a aussi permis à cette nation d'accomplir des progrès significatifs dans les domaines de l'économie, de la recherche scientifique, de la production, du marketing et de l'enseignement moderne. En outre, elle gère remarquablement la diversité de la société indienne et l'actuel Premier ministre est en effet membre de la minorité Sikh [qui ne représente que 2% de la population] (…)
Les universités d'Inde (contrairement aux universités des [autres] pays du Tiers-monde) sont classées parmi les meilleures au monde (tandis que l'université du Caire - la plus ancienne université du monde arabe - n'est [même] pas classée parmi les 500 meilleures universités du monde.)
L'essentiel est que l'Inde a prouvé que quand les musulmans [comme tous les autres êtres humains] se trouvent dans un climat qui leur permet de participer pleinement à la vie politique, ils n'ont pas recours à des activités souterraines (…) et ils ne quittent pas [leur pays] pour faire sauter un avion, un train ou un bus rempli d'innocents (…)"
[1] Al-Raya (Qatar], le 21 décembre 2005
http://www.raya.com/site/topics/article.asp?cu_no=2&item_no=110189&version=1&template_id=24&parent_id=23.
[2] CNN rapporte en effet que bien que né de parents musulmans, Abdul Kalam ne se considère pas comme musulman. http://archives.cnn.com/2002/WORLD/asiapcf/south/07/18/india.president/index.html
source: Memri
03 mars 2006
Langues pendues ou fourchues?
La justice est saisie après les insultes proférées publiquement par Georges Frêche, non pas contre les Harkis en général mais contre quelques uns avec lesquels il avait un différent politique. Celà reste un comportement particulièrement indigne, venant d'un élu du peuple. Frêche a finalement été suspendu des instances du PS, mais Hollande, décidément allergique aux conflits s'est fait prier. La France devrait s'inspirer du système anglais qui permet de mettre en congé temporairement un élu, un peu comme une exclusion temporaire dans une compétition sportive. Ken Livingstone, le maire de Londres, vient d'en faire les frais: 4 semaines de suspension pour voir traité un journaliste juif de "gardien de camp de concentration." Au moins Frêche s'est-il excusé, ce qu'a obstinément refusé Livingstone.
Au delà de cette lamentable affaire, il peut-être intéressant de poser la question des limites imposées au discours politique, ou par extension à d'autres catégories de professions en contact avec le public comme les enseignants ou les journalistes, dont on veut à la fois qu'ils s'écartent le plus possible de la langue de bois et du politiquement correct, au risque de choquer des minorités ou des communautés de plus en plus chatouilleuses sur la question.
La longue liste des dérapages de Frêche ne plaide pas en sa faveur, c'est pourquoi un rappel à l'ordre, et en effet une sanction s'imposait.
En revanche, il me semble que la suspension, pour 4 mois, du professeur de physique du lycée d'enseignement catholique Gerson (Paris XVI) relève de l'acharnement. "S'il tu as froid dans le frigo (la dour de récréation ou l'élève juif était puni), il restera de la place pour toi dans le four." avait ironisé M. Ricci. Sans doute la blague n'est-elle pas bien maligne. Mais il ne faut pas confondre balourdise et antisémitisme. Certains élèves font remarquer que "le four" c'était pour M. Ricci le bureau du surveillant général où "ça chauffe pour les élèves." On ne peut accuser aussi légèrement un homme d'antisémitisme.
Où alors au train ou vont les choses il faudra bientôt rebaptiser la rue du Four à Paris, au motif qu'elle rappellerait de mauvais souvenir aux juifs...
Cette histoire me rappelle la scène inaugurale de "La tâche", le roman de Roth. Un professeur d'université commet l'imprudence de se demander devant sa classe si deux de ses élèves qui brillent par leur absence ne sont pas des "zombies". Il ignore qu'il s'agit de deux étudiants noirs et c'est le début d'un enfer qui va conduire à sa suspension pour cause de propos racistes...
Au delà de cette lamentable affaire, il peut-être intéressant de poser la question des limites imposées au discours politique, ou par extension à d'autres catégories de professions en contact avec le public comme les enseignants ou les journalistes, dont on veut à la fois qu'ils s'écartent le plus possible de la langue de bois et du politiquement correct, au risque de choquer des minorités ou des communautés de plus en plus chatouilleuses sur la question.
La longue liste des dérapages de Frêche ne plaide pas en sa faveur, c'est pourquoi un rappel à l'ordre, et en effet une sanction s'imposait.
En revanche, il me semble que la suspension, pour 4 mois, du professeur de physique du lycée d'enseignement catholique Gerson (Paris XVI) relève de l'acharnement. "S'il tu as froid dans le frigo (la dour de récréation ou l'élève juif était puni), il restera de la place pour toi dans le four." avait ironisé M. Ricci. Sans doute la blague n'est-elle pas bien maligne. Mais il ne faut pas confondre balourdise et antisémitisme. Certains élèves font remarquer que "le four" c'était pour M. Ricci le bureau du surveillant général où "ça chauffe pour les élèves." On ne peut accuser aussi légèrement un homme d'antisémitisme.
Où alors au train ou vont les choses il faudra bientôt rebaptiser la rue du Four à Paris, au motif qu'elle rappellerait de mauvais souvenir aux juifs...
Cette histoire me rappelle la scène inaugurale de "La tâche", le roman de Roth. Un professeur d'université commet l'imprudence de se demander devant sa classe si deux de ses élèves qui brillent par leur absence ne sont pas des "zombies". Il ignore qu'il s'agit de deux étudiants noirs et c'est le début d'un enfer qui va conduire à sa suspension pour cause de propos racistes...
01 mars 2006
L'équipe de France perd, Domenech est satisfait!

C'est magnifique! Les tricolores prennent deux buts au Stade de France, sortent la tête basse en n'ayant été capables que de transformer un penalty imaginaire... et leur sélectionneur les félicite pour avoir montrer tant de "bonnes intentions". Encore de bonnes intentions comme celles-là et nous sortirons rapidement de la coupe du monde..avec les encouragements de l'ineffable Domenech, l'homme qui conduit l'équipe de France dans le mur en klaxonnant avec ce jeu téléphoné, certes servi par de très grands talents mais avec un singulier manque d'inspiration. Voir tous ces joueurs sublimes dans leurs clubs se livrer à un jeu aussi stérile est désolant.
Et puis il y a le cas Barthez. On sent que là aussi il va s'entêter jusqu'au bout notre bon Raymond, refusant d'admettre qu'il dispose en Coupé d'un gardien d'exception, sportivement incontestable. On peut relever que les deux buts concédés sont millimétrés, il y aura toujours un doute sur ce qu'en aurait fait Coupé. La culpabilisation du public- qui a certes manqué d'élégance en sifflant Barthez- n'est pourtant pour le sélectionneur qu'un moyen de détourner l'attention de ses propres erreurs. Il a d'ailleurs commis un lapsus terrible en affirmant que le public pouvait au moins se rappeler "ce qu'a été Fabien". En anglais, Has been.
On pourrait croire que cette défaite (après tant et tant de matches nuls peu glorieux) va enfin permettre une remise en cause. Mais non, nous avons remporté une défaite certes décevante, mais très encourageante avec toutes ces occasions qu'on n'a pas mis au fond. Comme l'a dit le commentateur de TF1( était-ce du second degré?): "Nos adversaires n'auront pas toujours la même réussite." On tient le bon bout.
26 février 2006
Un magazine sur le nimportnawak
Il fallait y penser: La pub devait forcément s'intéresser un jour ou l'autre aux "bétises", blagues oiseuses et autres jeux idiots que nos boîtes mail recoivent (et envoient) chaque jour. L'ère du vide...
Time lance un site pour les hommes qui s'ennuient au bureau -
Time lance un site pour les hommes qui s'ennuient au bureau -
La gauche sectatrice de la manif
Je respecte beaucoup les manifestants de cet après midi, mais j'éprouve encore des sentiments mélangés à l'égard de ce rituel. Je conviens qu'il vaut mieux une réaction à pas de réaction du tout. Mais j'ai peur qu'elle permette encore et surtout à la classe politique de se donner bonne conscience, comme après le 21 avril et de repousser encore la réflexion de fond sur l'antisémitisme, l'islamisation des banlieues.
Je ressens plusieurs malaises:
Pourquoi De Villiers a-t-il été expulsé du carré de tête? Quel "racisme" imaginaire peut-on lui reprocher? Il y avait davantage sa place qu' Aounit, anti-raciste professionel, qui accusait Jean Paul Huchon d'être "aux mains du lobby juif", parce qu'il ne voulait pas lui donner une vice présidence du conseil régional d'île de France.
Il me semble que De Villiers est plus lucide sur cette question de l'islamisation que, disons Jospin, qui avait empêché ses ministres de défiler en 2002 et qui cette fois n'a pas pu s'empêcher de dire qu'il manifestait contre "l'antisémitisme et tous les racismes", histoire de bien montrer son équanimité. C'est une façon de plus de gommer la spécificité de cette judéophobie des banlieues, des zones de mixité ou l'on peut se réclamer de n'importe qui, de n'importe quoi, mais où il vaut mieux cacher qu'on est Juif.
Malaise aussi devant les exactions de quelques petits nervis (ils ne méritent pas d'être appelés "sionistes", ce n'est nullement une injure) qui ont cherché à profiter de la situation pour ratonner. Il ne faut pas seulement les condamner. Il faut les punir.
Beaucoup trop d'intolérance, de faux semblants.
Sur le "fassaiement" de la presse pour reprendre la jolie expression de Daniel Schneidermann, j'aime bien la contribution (en anglais) de Mélanie Philips, toujours aux aguets et qui montre que la presse britannique de gauche (Guardian, Independant) n'a guère été brillante non plus, soupçonnant les Juifs d'en faire un peu trop, avant de virer de bord soudainement. Au passage, elle évoque aussi un autre meurtre, celui d'un disc jockey juif, commis par un musulman, sur lequel la presse a été fort discrète.
De Villiers a raison. La gauche, je veux dire tous ceux auxquels elle sert de boussole idéologique, porte une lourde responsabilité dans cette situation. Car elle a la prétention de dire le bien et a laissé se développer une curieuse indulgence envers ce phénomène. Je sais qu'il y a des exceptions, nombreuses. Qu'elle décide aujourd'hui qui a le droit et qui n'a pas le droit de manifester est tout simplement insupportable.
PS: Précisons: Je ne suis pas devenu "villiériste" pour autant. J'en ai simplement marre des procès d'intention et des professeurs de bonne conscience à la petite semaine.
Toujours énervé donc...
Je ressens plusieurs malaises:
Pourquoi De Villiers a-t-il été expulsé du carré de tête? Quel "racisme" imaginaire peut-on lui reprocher? Il y avait davantage sa place qu' Aounit, anti-raciste professionel, qui accusait Jean Paul Huchon d'être "aux mains du lobby juif", parce qu'il ne voulait pas lui donner une vice présidence du conseil régional d'île de France.
Il me semble que De Villiers est plus lucide sur cette question de l'islamisation que, disons Jospin, qui avait empêché ses ministres de défiler en 2002 et qui cette fois n'a pas pu s'empêcher de dire qu'il manifestait contre "l'antisémitisme et tous les racismes", histoire de bien montrer son équanimité. C'est une façon de plus de gommer la spécificité de cette judéophobie des banlieues, des zones de mixité ou l'on peut se réclamer de n'importe qui, de n'importe quoi, mais où il vaut mieux cacher qu'on est Juif.
Malaise aussi devant les exactions de quelques petits nervis (ils ne méritent pas d'être appelés "sionistes", ce n'est nullement une injure) qui ont cherché à profiter de la situation pour ratonner. Il ne faut pas seulement les condamner. Il faut les punir.
Beaucoup trop d'intolérance, de faux semblants.
Sur le "fassaiement" de la presse pour reprendre la jolie expression de Daniel Schneidermann, j'aime bien la contribution (en anglais) de Mélanie Philips, toujours aux aguets et qui montre que la presse britannique de gauche (Guardian, Independant) n'a guère été brillante non plus, soupçonnant les Juifs d'en faire un peu trop, avant de virer de bord soudainement. Au passage, elle évoque aussi un autre meurtre, celui d'un disc jockey juif, commis par un musulman, sur lequel la presse a été fort discrète.
De Villiers a raison. La gauche, je veux dire tous ceux auxquels elle sert de boussole idéologique, porte une lourde responsabilité dans cette situation. Car elle a la prétention de dire le bien et a laissé se développer une curieuse indulgence envers ce phénomène. Je sais qu'il y a des exceptions, nombreuses. Qu'elle décide aujourd'hui qui a le droit et qui n'a pas le droit de manifester est tout simplement insupportable.
PS: Précisons: Je ne suis pas devenu "villiériste" pour autant. J'en ai simplement marre des procès d'intention et des professeurs de bonne conscience à la petite semaine.
Toujours énervé donc...
24 février 2006
Brèves
Pendant son interrogatoire à Abidjan, Youssouf Fofana pour se défendre de tout antisémitisme, aurait affirmé avoir choisi un Juif "parce qu'ils ont de l'argent" mais pas "à cause de sa religion". C'est tout à fait ça le nouvel antisémitisme.
Entendu, au JT de France 2, une jeune fille, apparement juive, filmée devant la synagogue de la Victoire: "La France devrait avoir honte de ce meurtre." C'est elle qui devrait avoir honte.
Je recommande vivement le point de vue de Guillaume Erner, "L'autre stéréotype", dans le Monde de ce soir. Il tranche avec les fadaises de Wieviorka et les foutaises de Benbassa dans le même journal. Ce n'est pas le communautarisme qui est à l'origine de l'antisémitisme, mais malheureusement la haine des Juifs qui encourage leur repli sur eux.
Je suis en désaccord total avec la conclusion du papier de Schneidermann dans Libé. Pour un journaliste la vérification des faits, le scrupule professionnel, et j'ajouterais un peu d'honnêteté intellectuelle appliqués en toute occasion permet d'éviter de "faseyer". Combien de fois sur ce sujet ai-je été soupçonné de passer les informations au travers de mon propre "tamis". Comme s'il y avait une façon, une seule façon "juive" d'aborder la question. Comme si je ne pouvais plus le faire en bon journaliste, en bon citoyen français républicain, qualité que l'on me reconnait sur tous les autres sujets...mais pas sur celui-ci. A force, j'ai pris l'habitude d'être confronté à ce soupçon parfois non-dit, mais il commence à me faire sérieusement ch...
Je suis un peu énervé ce soir. Bon week end.
Entendu, au JT de France 2, une jeune fille, apparement juive, filmée devant la synagogue de la Victoire: "La France devrait avoir honte de ce meurtre." C'est elle qui devrait avoir honte.
Je recommande vivement le point de vue de Guillaume Erner, "L'autre stéréotype", dans le Monde de ce soir. Il tranche avec les fadaises de Wieviorka et les foutaises de Benbassa dans le même journal. Ce n'est pas le communautarisme qui est à l'origine de l'antisémitisme, mais malheureusement la haine des Juifs qui encourage leur repli sur eux.
Je suis en désaccord total avec la conclusion du papier de Schneidermann dans Libé. Pour un journaliste la vérification des faits, le scrupule professionnel, et j'ajouterais un peu d'honnêteté intellectuelle appliqués en toute occasion permet d'éviter de "faseyer". Combien de fois sur ce sujet ai-je été soupçonné de passer les informations au travers de mon propre "tamis". Comme s'il y avait une façon, une seule façon "juive" d'aborder la question. Comme si je ne pouvais plus le faire en bon journaliste, en bon citoyen français républicain, qualité que l'on me reconnait sur tous les autres sujets...mais pas sur celui-ci. A force, j'ai pris l'habitude d'être confronté à ce soupçon parfois non-dit, mais il commence à me faire sérieusement ch...
Je suis un peu énervé ce soir. Bon week end.
22 février 2006
Faut-il sanctionner le Hamas?
La question n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Sanctionner les palestiniens est une chose que beaucoup de gens ont du mal à envisager, puisqu'aujourd'hui Palestinien=victime absolue. Tout serait bien plus simple si la Palestine était un Etat. On peut espérer que si les Palestiniens ne jouissaient pas de conditions de vie décentes, ils en demanderaient compte à leurs gouvernants, et non pas à Israël qui collecte encore les taxes de leurs exportations. Il y a bien longtemps qu'Israël aurait du déterminer ses frontières et laisser les Palestiniens se débrouiller jusqu'à se qu'ils se décident à accepter Israël comme autre chose qu'un fait, ou qu'une maladie qui mettra du temps à guérir.
La question des sanctions économiques est surtout sensible car on sait que les sanctions contre un gouvernement frappent en réalité rarement les responsables mais le peuple. En même temps celui-ci vient de faire usage de son droit d'expression démocratique pour choisir le Hamas. Mais encore faudrait-il qu'il souhaite par là une reprise de la guerre, ou des attentats suicide. Or rien n'est moins sûr. Pas simple donc.
Reste que ce qu'on appelle "la Palestine" est désormais dirigée par un mouvement de type fasciste qui n'a pas renoncé au terrorisme et qui est plus qu'ambigu sur l'acceptation d'Israël. Lundi soir, sur RTL, en peu de temps, j'ai eu bien du mal a faire valoir mon point de vue qui était simplement le suivant: Peut-on reprocher au gouvernement israélien de geler (et non confisquer) des avoirs qui pourraient être utilisés à des fins terroristes contre sa propre population? L'aspect électoraliste ne m'a pas échappé non plus. Mais souhaite-t-on que le likoud exploite une attitude laxiste du fragile héritier de Sharon? On m'a objecté le risque d'affamer les palestiniens, de les provoquer, l'injustice consistant à les priver de "leur argent". Tout celà n'est pas faux. Mais on a quand même fait moins d'histoire quand l'Union Européenne sanctionnait, au demeurant fort légèrement, l'Autriche de Jorg Haider. C'était dans la série "deux poids, deux mesures".
La question des sanctions économiques est surtout sensible car on sait que les sanctions contre un gouvernement frappent en réalité rarement les responsables mais le peuple. En même temps celui-ci vient de faire usage de son droit d'expression démocratique pour choisir le Hamas. Mais encore faudrait-il qu'il souhaite par là une reprise de la guerre, ou des attentats suicide. Or rien n'est moins sûr. Pas simple donc.
Reste que ce qu'on appelle "la Palestine" est désormais dirigée par un mouvement de type fasciste qui n'a pas renoncé au terrorisme et qui est plus qu'ambigu sur l'acceptation d'Israël. Lundi soir, sur RTL, en peu de temps, j'ai eu bien du mal a faire valoir mon point de vue qui était simplement le suivant: Peut-on reprocher au gouvernement israélien de geler (et non confisquer) des avoirs qui pourraient être utilisés à des fins terroristes contre sa propre population? L'aspect électoraliste ne m'a pas échappé non plus. Mais souhaite-t-on que le likoud exploite une attitude laxiste du fragile héritier de Sharon? On m'a objecté le risque d'affamer les palestiniens, de les provoquer, l'injustice consistant à les priver de "leur argent". Tout celà n'est pas faux. Mais on a quand même fait moins d'histoire quand l'Union Européenne sanctionnait, au demeurant fort légèrement, l'Autriche de Jorg Haider. C'était dans la série "deux poids, deux mesures".
21 février 2006
Les Juifs ont plus d'argent
Une bande de délinquants de banlieue imagine un moyen de se faire beaucoup d'argent facilement, en s'inspirant du fameux scenario de "l'appât". Rien de politique.
Des jeunes filles bien faites, aguicheuses sont chargées de sélectionner des victimes. Le chef de la bande qui aime être appelé le "chef des barbares" recommande de choisir de préférence des Juifs. les Juifs ont plus d'argent.
Plusieurs tentatives d'enlèvement échouent. Tous les otages potentiels ne sont pas juifs. Le jeune Ilan est enlevé. Il l'est. Pendant sa séquestration des clichés sont pris, qui représentent des simulacres d'enlèvement "à l'irakienne". Rien de politique. Seulement un effet d'imitation.
Pendant la détention, un des "geôliers" écrase sa cicatrice sur le front de "l'otage". Rien de personnel. Il n'aime pas les Juifs. Les Juifs ont de l'argent. Pas lui.
La famille d'Ilan, désemparée, est incapable de réunir la somme astronomique demandée. Les ravisseurs n'en n'ont rien à faire : "Allez dans les synagogues!" Au passage l'un d'eux prononce un verset du Coran. Les Juifs ont de l'argent et sont solidaires.
Pendant les 21 jours de détention, "l'otage" est trimbalé à plusieurs reprises. On imagine dans quel état. Il est vraissemblable que de nombreux habitants de la cité de Bagneux ont été témoins de ces "transferts". Ils n'ont rien dit. Les Juifs ce n'est pas leur affaire. Les Juifs ont de l'argent. Pas eux.
Tous ces faits sont extraits des articles de presse, issus d'indiscrédtions, de fuites. Plus personne, en France, ne respecte le secret de l'instruction. Quand elle sera terminée, tous ne seront peut-être avérés. N'oublions pas qu'il s'agit de "présomptions".
Je ne sais pas ce qui restera de tout celà lorsque viendra le procès. Je sais seulement, pour avoir travaillé sur ce sujet pendant longtemps, qu'il me semblait malheureusement inévitable qu'un jour ou l'autre le poison de la haine antisémite fort répandu dans ces banlieues ne fasse un jour une victime. Même si l'antisémitisme n'est ici qu'une motivation secondaire, elle semble bien présente.
Reste les questions:
Affaire d'antisémitisme ou de violence barbare et ignorante? Est-ce contradictoire?
Pourquoi, comme le révèle Proche-Orient info, le premier ministre a-t-il tenté de garder le secret sur ces présomptions d'antisémitisme? L'apaisement, toujours l'apaisement? Il avait la procédure pénale de son côté. Le garde des sceaux a-t-il bien fait de dévoiler les soupçons des magistrats instructeurs?
La fuite était-elle déjà organisée ailleurs et fort opportunément le jour du dîner du Crif?
Pourquoi autant de gens ont-ils tant de mal à concevoir que l'antisémitisme ne soit pas forcément une motivation politique mais puisse faire bon ménage avec une entreprise criminelle?
Pourquoi admet-on facilement qu'on puisse être assassiné parce qu'Arabe ou Noir mais pas parce que Juif?
Pourquoi ne dit-on nulle part que la mère d'Ilan est employée du Crif? Pourquoi cette pudeur? On comprend la volonté de discrétion. Mais ce fait explique pourtant la présence, à première vue déplacée, de ses representants aux obsèques du jeune homme, alors qu'il ne s'agissait, alors, que d'un crime purement crapuleux?
Des jeunes filles bien faites, aguicheuses sont chargées de sélectionner des victimes. Le chef de la bande qui aime être appelé le "chef des barbares" recommande de choisir de préférence des Juifs. les Juifs ont plus d'argent.
Plusieurs tentatives d'enlèvement échouent. Tous les otages potentiels ne sont pas juifs. Le jeune Ilan est enlevé. Il l'est. Pendant sa séquestration des clichés sont pris, qui représentent des simulacres d'enlèvement "à l'irakienne". Rien de politique. Seulement un effet d'imitation.
Pendant la détention, un des "geôliers" écrase sa cicatrice sur le front de "l'otage". Rien de personnel. Il n'aime pas les Juifs. Les Juifs ont de l'argent. Pas lui.
La famille d'Ilan, désemparée, est incapable de réunir la somme astronomique demandée. Les ravisseurs n'en n'ont rien à faire : "Allez dans les synagogues!" Au passage l'un d'eux prononce un verset du Coran. Les Juifs ont de l'argent et sont solidaires.
Pendant les 21 jours de détention, "l'otage" est trimbalé à plusieurs reprises. On imagine dans quel état. Il est vraissemblable que de nombreux habitants de la cité de Bagneux ont été témoins de ces "transferts". Ils n'ont rien dit. Les Juifs ce n'est pas leur affaire. Les Juifs ont de l'argent. Pas eux.
Tous ces faits sont extraits des articles de presse, issus d'indiscrédtions, de fuites. Plus personne, en France, ne respecte le secret de l'instruction. Quand elle sera terminée, tous ne seront peut-être avérés. N'oublions pas qu'il s'agit de "présomptions".
Je ne sais pas ce qui restera de tout celà lorsque viendra le procès. Je sais seulement, pour avoir travaillé sur ce sujet pendant longtemps, qu'il me semblait malheureusement inévitable qu'un jour ou l'autre le poison de la haine antisémite fort répandu dans ces banlieues ne fasse un jour une victime. Même si l'antisémitisme n'est ici qu'une motivation secondaire, elle semble bien présente.
Reste les questions:
Affaire d'antisémitisme ou de violence barbare et ignorante? Est-ce contradictoire?
Pourquoi, comme le révèle Proche-Orient info, le premier ministre a-t-il tenté de garder le secret sur ces présomptions d'antisémitisme? L'apaisement, toujours l'apaisement? Il avait la procédure pénale de son côté. Le garde des sceaux a-t-il bien fait de dévoiler les soupçons des magistrats instructeurs?
La fuite était-elle déjà organisée ailleurs et fort opportunément le jour du dîner du Crif?
Pourquoi autant de gens ont-ils tant de mal à concevoir que l'antisémitisme ne soit pas forcément une motivation politique mais puisse faire bon ménage avec une entreprise criminelle?
Pourquoi admet-on facilement qu'on puisse être assassiné parce qu'Arabe ou Noir mais pas parce que Juif?
Pourquoi ne dit-on nulle part que la mère d'Ilan est employée du Crif? Pourquoi cette pudeur? On comprend la volonté de discrétion. Mais ce fait explique pourtant la présence, à première vue déplacée, de ses representants aux obsèques du jeune homme, alors qu'il ne s'agissait, alors, que d'un crime purement crapuleux?
16 février 2006
Nous avons besoin de victoires

Cette "abracadabrantesque" affaire du Clemenceau me rappelle la façon dont nous avons perdu les JO de 2012.
Dans les deux cas ces défaites humiliantes illustrent quelques travers français, en particulier le fonctionnement exagérément pyramidal et monarchique de l'administration et de l'Etat. En France, beaucoup d'entreprises ont épousé ces tares de fonctionnement en raison des liens incestueux entre monde des affaires et de la politique, et de l'imbrication étroite entre les réseaux de hauts fonctionnaires et de dirigeants d'entreprises qui ont souvent fait les mêmes écoles (Sciences-po, l'Ena, parfois l'X).
Comme je l'ai constaté lors de ma brève collaboration avec "Paris 2012", comme consultant, les réunions de travail sont purement formelles. Aucune idée originale ou à contre-courant n'y est formulée par les responsables opérationnels parce que l'originalité est perçue comme une menace par et pour les "chefs". Résultat: ces séances de travail collectif sont le plus souvent l'occasion de rivalités de conformisme bon teint. Quand on a quelque chose à dire, qui risque d'aller contre le consensus, il vaut mieux se taire et le dire à la machine à café ou au restaurant, lors du déjeuner. On découvre alors que la "piétaille" a, plus souvent qu'on ne le croit, conscience que les "décisionnaires" coupés du terrain, vont dans le mur, que leurs choix ne sont pas les bons, mais que personne n'ose l'ouvrir de peur de compromettre sa progression de carrière. Les "juniors", les personnalités extérieures sont considérées comme n'ayant pas voie au chapitre. Quand à ceux qui ont gagné quelques galons, ils prennent le moins de risques possible.
Dans le cas de "Paris 2012", le pouvoir était beaucoup trop concentré entre les mains du maire de Paris qui a forcément privilégié une gestion politique et "d"honneur" dans ce dossier. Toute initiative, même la plus insignifiante devait systématiquement remonter à lui ou à ses conseillers. A Londres, Ken Livingstone a su déléguer sans disparaître et quand il a fallu changer de cap cela a été fait rapidement, en confiant le pilotage à Sebastian Coe, ancien athlète ayant parfaitement réussi sa reconversion dans la politique. Lors des présentations devant le CIO, c'est lui et non le maire qui défendait la candidature de Londres. A Paris tout était fait pour que brille l'étoile de Delanoë et que personne ne lui fasse de l'ombre.
J'en viens au Clemenceau. Comme pour la candidature aux JO, nous avons fait preuve d'un excès de révérence monarchique. Protéger le sommet (le ministre, le Président), lui plaire, devient pour les conseillers, les experts et les consultants une obsession plus importante que la solidité de l'argument. En bon monarque, l'élu n'aime pas être contrarié. Il est en général conforté dans ses préjugés par ses courtisans qui ne veulent surtout pas le contrarier. Ainsi nous avons dans ces situations une grande propension à nous raconter des histoires. Ce qui peut aussi, bien souvent être interprété comme de l'arrogance, même si, par ailleurs, on prêche la modestie: Ainsi, n'avions nous pas "le meilleur dossier technique"? N'étions nous pas les plus "éthiques"? Ne défendions nous pas( au contraire des Anglais) la paix universelle, comme l'avait montré notre position lors de la guerre en Irak? Vérités révélées, dont on exagère l'importance, répétées comme des évidences par des équipes, mais dont les membres, individuellement, savaient bien qu'elles relevaient de la méthode Coué. Ici, avec le Clemenceau, comme nous l'a dit hier Michèle Alliot Marie, nous avions l'intention de créer une "filière de désamiantage en partenariat avec une grande puissance industrielle, l'Inde." Tout cela, bien sûr, dans "le respect absolu de la santé des hommes et de l'environnement." Alors que la gauche, elle, "n'avait rien fait pendant 5 ans" et que d'autres pays, à notre place se seraient contentés d'envoyer leur tas de ferraille et d'amiante par le fond, de préférence au large de l'Afrique. Enfin, nous avons été "transparents"...tout en ayant recours à une société écran de droit panaméen... Bref, pour un peu, si c'était à refaire, on ne changerait rien. Et, comme nous l'a dit hier MAM, en pleine débâcle, elle continue de penser que c'était la meilleure décision...
Mais s'est-on assez demandé si telle était, dans le public, la perception de nos louables intentions? Les conseillers juridiques se sont-ils suffisamment interrogés sur les éventuelles failles que pourraient exploiter des associations comme Greenpeace, qui semblent avoir un éternel compte à régler avec la France? Car si le fonctionnement de l'administration (les courbettes des fonctionnaires) n'ont pas changé depuis l'ancien régime, nous vivons quand même- d'autres le savent- dans un Etat de droit (le conseil d'Etat l'a rappelé), avec des réglements internationaux qui finissent par s'appliquer à tous, pour peu qu'en face, ceux qui se plaisent à nous humilier, fassent preuve d'un minimum d'obstination et de savoir faire.
Tout cela porte un nom: amateurisme. Il conduit à la catastrophe. Et lorsque celle-ci arrive immanquablement, les plus responsables (le sommet), ne pensent qu'à se dédouaner en accablant les échelons inférieurs. Ainsi, Chirac est-il, dit-on, furieux contre MAM, laquelle ne manquera pas de faire tomber quelques têtes de lampistes, etc...
La leçon de tout cela, ou au moins l'une des leçons c'est que nous passons trop de temps à contempler notre gloire passée ou présente en évitant le plus possible de regarder le monde tel qu'il est, avec ses chausses-trappes. Nous avons les meilleurs ingénieurs paraît-il, avec les meilleurs intentions du monde, mais les batailles se gagnent davantage aujourd'hui avec de fins juristes et des "spin doctors"chevronnés. Soyons donc un peu moins auto satisfaits et politiquement corrects. Un peu plus iconoclastes et courageux.
PS: Le maire (socialiste) de Brest vient de dire qu'il ne voulait pas que le "Clem" pourisse dans sa rade. Misère!
12 février 2006
Je tombe de haut

Revenant de ma montagne, je tombe de haut. Je savais que le groupe Carrefour avait décidé de retirer de ses rayons les produits danois dans les pays musulmans. Mais jusqu'à ce point...Je n'aime pas l'idée du boycott, mais je crois que je m'abstiendrai, désormais de faire mes courses chez Carrefour.
Cette photo a été publiée sur le site de Proche-Orient Info comme les caricatures arabes sur l'holocauste. Charlie Hebdo a raison de vouloir faire de même. Elles en disent beaucoup plus long, hélas, que tous les livres sur le "nouvel antisémitisme"!
05 février 2006
La société avant la politique
"Voltaire répétant Mahomet avec Lekain en costume de voyage."Gravure d'après gouache par Fesch et Whirsker
La victoire du Hamas en Palestine et l'effrayant engrenage provoqué par quelques dessins de presse soulignent que l'évolution des sociétés musulmanes vers l'islamisme est plus rapide que leur évolution politique vers la démocratie qui ne peut se résumer aux seules élections libres. Quand la démocratie pointe son nez, l'Islam ne se dissout pas, il l'avale.
Et on peut bien prendre cette affaire des caricatures dans tous les sens, comme je le fais depuis plusieurs jours, remuant ma plume (ou plutôt mes doigts) dans tous les sens avant de commencer à écrire, elle se résume à ceci:
Les musulmans encaissent moins bien la satire que les non musulmans. Les caricatures, la presse arabe en est remplie. Elles sont parfois d'une violence antisémite sans commune mesure avec l'offense dont il s'agit ici. La satire, ce n'est ni l'information, ni l'analyse, mais depuis Voltaire nous l'estimons indispensable. Parenthèse: Berlusconi cherche à la discréditer en Italie mais c'est lui qui se cassera les dents.
Ces dessins (de médiocre facture et peut-être portées par des arrières pensées douteuses) sont ressentis par la majorité des musulmans comme une charge les assimilant tous, à commencer par leur prophète, à des terroristes. Pourtant, elle ne sont qu'une critique satirique d'une évolution inquiétante des sociétés musulmanes au sein desquelles se recrutent le plus souvent les "Shahids". Mis à part ce courageux (inconscient) journaliste jordanien, qui a depuis été viré, y- a-t-il donc si peu d'esprits libres dans le monde arabe pour trouver que cette dénonciation peut avoir du bon? Sont-ils déjà à ce point terrorisés? Cette situation est malheureusement révélatrice d'un conflit de civilisation entre l'Islam et le monde occidental. Ce conflit nous ne le voulons pas, mais il s'impose à nous. Il faut le regarder en face et cesser notre attitude d'évitement quelque peu décadente. A Bagdad, à Karachi ou à Gaza, aujourd'hui, Voltaire serait pendu.
Soyons clair: les religieux catholiques ou juifs peuvent eux aussi se montrer assez tatillons face à la satire religieuse. D'où, d'ailleurs, cette belle solidarité des religions du livre dans cette affaire. Mais on n'a jamais vu des juifs ou des chrétiens réagir au blasphème (car il s'agit bien de cela) en brûlant des drapeaux, en incendiant des ambassades, en menaçant de mort des innocents au nom de leur nationalité ou de leur religion, et même-ce n'est pas à mettre sur le même plan- en lançant des campagnes de boycott? Peut-être est-ce parce que mieux, beaucoup mieux que les musulmans, ils admettent la séparation entre Dieu et César.
Je dis tout de suite que l'argument très répandu dans le monde arabe, et chez certains imams européens, du "deux poids, deux mesures" est totalement scandaleux: "Le principe de la liberté de pensée est bien sélectif lorsqu'il punit la remise en cause de l'existence de la Shoah et permet les injures contre le prophète Mahomet." Toujours cette fâcheuse obsession de la Shoah! D'un côté un fait historique incontestable, de l'autre une opinion sur une religion qui ne saurait se penser au dessus des critiques. Or peut--on nier que, à la différence de Jesus-Christ, Mahomet fut un conquérant, un chef de guerre? Peut-on faire comme si des terroristes ne se faisaient pas sauter au nom de leur prophète? Et qui a dit: Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des incultes. Il a usé de la violence et l'a prêchée", sinon l'assassin de Théo Van Gogh?
Les musulmans, les arabes qui se battent contre l'islamisme doivent être soutenus et aidés, préservés de la tentation de l'amalgame. Mais la réaction de l'immense majorité d'entre eux est très inquiétante. J'ai entendu un intellectuel laïque, en tout cas réputé tel, Tahar Ben Jelloun, dire que les journaux qui avaient publié les dessins incriminés devaient "reconnaître leur erreur." Des voix "modérées" s'élèvent pour demander que "France Soir" soit "puni". Que faut-il? Que son rédacteur en chef soit fouetté en public? Ou bien tout simplement ne va-t-on pas, bientôt avoir droit à un débat sur la nécessité d'une loi punissant le blasphème? Ce débat a eu lieu aux Pays-Bas après l'assassinat de Van Gogh, au nom du "respect". L'affaire de la colonisation montre que les esprits sont mûrs. On reçoit les "outragés" à l'Elysée. On crée une commission et on bricole un texte "d'apaisement". Apaiser, toujours apaiser. Se dissimuler la tragédie ou la simple réalité du monde. Déjà, comme lors de l'affaire Rushdie, on nous explique qu'il ne faut pas réveiller la bête, alors qu'elle rugit déjà un peu partout. A Gaza, les millions d'Euros de subsides de l'union européenne aux palestiniens n'ont pas retenu la violence contre la représentation de l'union, et le centre culturel français. L'ambassade de France à Alger s'est déshonorée en affirmant que "ces caricatures sont choquantes."
Si nous ne sommes pas en guerre contre le monde musulman nous sommes avec lui dans ce que Frédéric Gros appellerait "un état de violence."( "Etats de Violence, essai sur la fin de la guerre"-Gallimard). Des erreurs ont été commises dans le passé et les fondamentalistes ont été malheureusement aidés par les démocraties contre les nationalistes et les marxistes. Mais aujourd'hui ce sont les islamistes qui prennent le pouvoir sans aide de personne. Leurs adversaires, incapables de se décrotter de leur manie de la corruption, ont avoué leur défaite mettant un soin particulier à éviter de les "provoquer". Leur ascension est désormais irrésistible. L'Iran a l'intention de se doter de missiles nucléaires à portée de l'Europe. Il est urgent d'ouvrir les yeux et de réagir en assumant les risques d'un affrontement au nom des valeurs républicaines, laïques et même démocratiques.
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