Il fallait y penser: La pub devait forcément s'intéresser un jour ou l'autre aux "bétises", blagues oiseuses et autres jeux idiots que nos boîtes mail recoivent (et envoient) chaque jour. L'ère du vide...
Time lance un site pour les hommes qui s'ennuient au bureau -
Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen
26 février 2006
La gauche sectatrice de la manif
Je respecte beaucoup les manifestants de cet après midi, mais j'éprouve encore des sentiments mélangés à l'égard de ce rituel. Je conviens qu'il vaut mieux une réaction à pas de réaction du tout. Mais j'ai peur qu'elle permette encore et surtout à la classe politique de se donner bonne conscience, comme après le 21 avril et de repousser encore la réflexion de fond sur l'antisémitisme, l'islamisation des banlieues.
Je ressens plusieurs malaises:
Pourquoi De Villiers a-t-il été expulsé du carré de tête? Quel "racisme" imaginaire peut-on lui reprocher? Il y avait davantage sa place qu' Aounit, anti-raciste professionel, qui accusait Jean Paul Huchon d'être "aux mains du lobby juif", parce qu'il ne voulait pas lui donner une vice présidence du conseil régional d'île de France.
Il me semble que De Villiers est plus lucide sur cette question de l'islamisation que, disons Jospin, qui avait empêché ses ministres de défiler en 2002 et qui cette fois n'a pas pu s'empêcher de dire qu'il manifestait contre "l'antisémitisme et tous les racismes", histoire de bien montrer son équanimité. C'est une façon de plus de gommer la spécificité de cette judéophobie des banlieues, des zones de mixité ou l'on peut se réclamer de n'importe qui, de n'importe quoi, mais où il vaut mieux cacher qu'on est Juif.
Malaise aussi devant les exactions de quelques petits nervis (ils ne méritent pas d'être appelés "sionistes", ce n'est nullement une injure) qui ont cherché à profiter de la situation pour ratonner. Il ne faut pas seulement les condamner. Il faut les punir.
Beaucoup trop d'intolérance, de faux semblants.
Sur le "fassaiement" de la presse pour reprendre la jolie expression de Daniel Schneidermann, j'aime bien la contribution (en anglais) de Mélanie Philips, toujours aux aguets et qui montre que la presse britannique de gauche (Guardian, Independant) n'a guère été brillante non plus, soupçonnant les Juifs d'en faire un peu trop, avant de virer de bord soudainement. Au passage, elle évoque aussi un autre meurtre, celui d'un disc jockey juif, commis par un musulman, sur lequel la presse a été fort discrète.
De Villiers a raison. La gauche, je veux dire tous ceux auxquels elle sert de boussole idéologique, porte une lourde responsabilité dans cette situation. Car elle a la prétention de dire le bien et a laissé se développer une curieuse indulgence envers ce phénomène. Je sais qu'il y a des exceptions, nombreuses. Qu'elle décide aujourd'hui qui a le droit et qui n'a pas le droit de manifester est tout simplement insupportable.
PS: Précisons: Je ne suis pas devenu "villiériste" pour autant. J'en ai simplement marre des procès d'intention et des professeurs de bonne conscience à la petite semaine.
Toujours énervé donc...
Je ressens plusieurs malaises:
Pourquoi De Villiers a-t-il été expulsé du carré de tête? Quel "racisme" imaginaire peut-on lui reprocher? Il y avait davantage sa place qu' Aounit, anti-raciste professionel, qui accusait Jean Paul Huchon d'être "aux mains du lobby juif", parce qu'il ne voulait pas lui donner une vice présidence du conseil régional d'île de France.
Il me semble que De Villiers est plus lucide sur cette question de l'islamisation que, disons Jospin, qui avait empêché ses ministres de défiler en 2002 et qui cette fois n'a pas pu s'empêcher de dire qu'il manifestait contre "l'antisémitisme et tous les racismes", histoire de bien montrer son équanimité. C'est une façon de plus de gommer la spécificité de cette judéophobie des banlieues, des zones de mixité ou l'on peut se réclamer de n'importe qui, de n'importe quoi, mais où il vaut mieux cacher qu'on est Juif.
Malaise aussi devant les exactions de quelques petits nervis (ils ne méritent pas d'être appelés "sionistes", ce n'est nullement une injure) qui ont cherché à profiter de la situation pour ratonner. Il ne faut pas seulement les condamner. Il faut les punir.
Beaucoup trop d'intolérance, de faux semblants.
Sur le "fassaiement" de la presse pour reprendre la jolie expression de Daniel Schneidermann, j'aime bien la contribution (en anglais) de Mélanie Philips, toujours aux aguets et qui montre que la presse britannique de gauche (Guardian, Independant) n'a guère été brillante non plus, soupçonnant les Juifs d'en faire un peu trop, avant de virer de bord soudainement. Au passage, elle évoque aussi un autre meurtre, celui d'un disc jockey juif, commis par un musulman, sur lequel la presse a été fort discrète.
De Villiers a raison. La gauche, je veux dire tous ceux auxquels elle sert de boussole idéologique, porte une lourde responsabilité dans cette situation. Car elle a la prétention de dire le bien et a laissé se développer une curieuse indulgence envers ce phénomène. Je sais qu'il y a des exceptions, nombreuses. Qu'elle décide aujourd'hui qui a le droit et qui n'a pas le droit de manifester est tout simplement insupportable.
PS: Précisons: Je ne suis pas devenu "villiériste" pour autant. J'en ai simplement marre des procès d'intention et des professeurs de bonne conscience à la petite semaine.
Toujours énervé donc...
24 février 2006
Brèves
Pendant son interrogatoire à Abidjan, Youssouf Fofana pour se défendre de tout antisémitisme, aurait affirmé avoir choisi un Juif "parce qu'ils ont de l'argent" mais pas "à cause de sa religion". C'est tout à fait ça le nouvel antisémitisme.
Entendu, au JT de France 2, une jeune fille, apparement juive, filmée devant la synagogue de la Victoire: "La France devrait avoir honte de ce meurtre." C'est elle qui devrait avoir honte.
Je recommande vivement le point de vue de Guillaume Erner, "L'autre stéréotype", dans le Monde de ce soir. Il tranche avec les fadaises de Wieviorka et les foutaises de Benbassa dans le même journal. Ce n'est pas le communautarisme qui est à l'origine de l'antisémitisme, mais malheureusement la haine des Juifs qui encourage leur repli sur eux.
Je suis en désaccord total avec la conclusion du papier de Schneidermann dans Libé. Pour un journaliste la vérification des faits, le scrupule professionnel, et j'ajouterais un peu d'honnêteté intellectuelle appliqués en toute occasion permet d'éviter de "faseyer". Combien de fois sur ce sujet ai-je été soupçonné de passer les informations au travers de mon propre "tamis". Comme s'il y avait une façon, une seule façon "juive" d'aborder la question. Comme si je ne pouvais plus le faire en bon journaliste, en bon citoyen français républicain, qualité que l'on me reconnait sur tous les autres sujets...mais pas sur celui-ci. A force, j'ai pris l'habitude d'être confronté à ce soupçon parfois non-dit, mais il commence à me faire sérieusement ch...
Je suis un peu énervé ce soir. Bon week end.
Entendu, au JT de France 2, une jeune fille, apparement juive, filmée devant la synagogue de la Victoire: "La France devrait avoir honte de ce meurtre." C'est elle qui devrait avoir honte.
Je recommande vivement le point de vue de Guillaume Erner, "L'autre stéréotype", dans le Monde de ce soir. Il tranche avec les fadaises de Wieviorka et les foutaises de Benbassa dans le même journal. Ce n'est pas le communautarisme qui est à l'origine de l'antisémitisme, mais malheureusement la haine des Juifs qui encourage leur repli sur eux.
Je suis en désaccord total avec la conclusion du papier de Schneidermann dans Libé. Pour un journaliste la vérification des faits, le scrupule professionnel, et j'ajouterais un peu d'honnêteté intellectuelle appliqués en toute occasion permet d'éviter de "faseyer". Combien de fois sur ce sujet ai-je été soupçonné de passer les informations au travers de mon propre "tamis". Comme s'il y avait une façon, une seule façon "juive" d'aborder la question. Comme si je ne pouvais plus le faire en bon journaliste, en bon citoyen français républicain, qualité que l'on me reconnait sur tous les autres sujets...mais pas sur celui-ci. A force, j'ai pris l'habitude d'être confronté à ce soupçon parfois non-dit, mais il commence à me faire sérieusement ch...
Je suis un peu énervé ce soir. Bon week end.
22 février 2006
Faut-il sanctionner le Hamas?
La question n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Sanctionner les palestiniens est une chose que beaucoup de gens ont du mal à envisager, puisqu'aujourd'hui Palestinien=victime absolue. Tout serait bien plus simple si la Palestine était un Etat. On peut espérer que si les Palestiniens ne jouissaient pas de conditions de vie décentes, ils en demanderaient compte à leurs gouvernants, et non pas à Israël qui collecte encore les taxes de leurs exportations. Il y a bien longtemps qu'Israël aurait du déterminer ses frontières et laisser les Palestiniens se débrouiller jusqu'à se qu'ils se décident à accepter Israël comme autre chose qu'un fait, ou qu'une maladie qui mettra du temps à guérir.
La question des sanctions économiques est surtout sensible car on sait que les sanctions contre un gouvernement frappent en réalité rarement les responsables mais le peuple. En même temps celui-ci vient de faire usage de son droit d'expression démocratique pour choisir le Hamas. Mais encore faudrait-il qu'il souhaite par là une reprise de la guerre, ou des attentats suicide. Or rien n'est moins sûr. Pas simple donc.
Reste que ce qu'on appelle "la Palestine" est désormais dirigée par un mouvement de type fasciste qui n'a pas renoncé au terrorisme et qui est plus qu'ambigu sur l'acceptation d'Israël. Lundi soir, sur RTL, en peu de temps, j'ai eu bien du mal a faire valoir mon point de vue qui était simplement le suivant: Peut-on reprocher au gouvernement israélien de geler (et non confisquer) des avoirs qui pourraient être utilisés à des fins terroristes contre sa propre population? L'aspect électoraliste ne m'a pas échappé non plus. Mais souhaite-t-on que le likoud exploite une attitude laxiste du fragile héritier de Sharon? On m'a objecté le risque d'affamer les palestiniens, de les provoquer, l'injustice consistant à les priver de "leur argent". Tout celà n'est pas faux. Mais on a quand même fait moins d'histoire quand l'Union Européenne sanctionnait, au demeurant fort légèrement, l'Autriche de Jorg Haider. C'était dans la série "deux poids, deux mesures".
La question des sanctions économiques est surtout sensible car on sait que les sanctions contre un gouvernement frappent en réalité rarement les responsables mais le peuple. En même temps celui-ci vient de faire usage de son droit d'expression démocratique pour choisir le Hamas. Mais encore faudrait-il qu'il souhaite par là une reprise de la guerre, ou des attentats suicide. Or rien n'est moins sûr. Pas simple donc.
Reste que ce qu'on appelle "la Palestine" est désormais dirigée par un mouvement de type fasciste qui n'a pas renoncé au terrorisme et qui est plus qu'ambigu sur l'acceptation d'Israël. Lundi soir, sur RTL, en peu de temps, j'ai eu bien du mal a faire valoir mon point de vue qui était simplement le suivant: Peut-on reprocher au gouvernement israélien de geler (et non confisquer) des avoirs qui pourraient être utilisés à des fins terroristes contre sa propre population? L'aspect électoraliste ne m'a pas échappé non plus. Mais souhaite-t-on que le likoud exploite une attitude laxiste du fragile héritier de Sharon? On m'a objecté le risque d'affamer les palestiniens, de les provoquer, l'injustice consistant à les priver de "leur argent". Tout celà n'est pas faux. Mais on a quand même fait moins d'histoire quand l'Union Européenne sanctionnait, au demeurant fort légèrement, l'Autriche de Jorg Haider. C'était dans la série "deux poids, deux mesures".
21 février 2006
Les Juifs ont plus d'argent
Une bande de délinquants de banlieue imagine un moyen de se faire beaucoup d'argent facilement, en s'inspirant du fameux scenario de "l'appât". Rien de politique.
Des jeunes filles bien faites, aguicheuses sont chargées de sélectionner des victimes. Le chef de la bande qui aime être appelé le "chef des barbares" recommande de choisir de préférence des Juifs. les Juifs ont plus d'argent.
Plusieurs tentatives d'enlèvement échouent. Tous les otages potentiels ne sont pas juifs. Le jeune Ilan est enlevé. Il l'est. Pendant sa séquestration des clichés sont pris, qui représentent des simulacres d'enlèvement "à l'irakienne". Rien de politique. Seulement un effet d'imitation.
Pendant la détention, un des "geôliers" écrase sa cicatrice sur le front de "l'otage". Rien de personnel. Il n'aime pas les Juifs. Les Juifs ont de l'argent. Pas lui.
La famille d'Ilan, désemparée, est incapable de réunir la somme astronomique demandée. Les ravisseurs n'en n'ont rien à faire : "Allez dans les synagogues!" Au passage l'un d'eux prononce un verset du Coran. Les Juifs ont de l'argent et sont solidaires.
Pendant les 21 jours de détention, "l'otage" est trimbalé à plusieurs reprises. On imagine dans quel état. Il est vraissemblable que de nombreux habitants de la cité de Bagneux ont été témoins de ces "transferts". Ils n'ont rien dit. Les Juifs ce n'est pas leur affaire. Les Juifs ont de l'argent. Pas eux.
Tous ces faits sont extraits des articles de presse, issus d'indiscrédtions, de fuites. Plus personne, en France, ne respecte le secret de l'instruction. Quand elle sera terminée, tous ne seront peut-être avérés. N'oublions pas qu'il s'agit de "présomptions".
Je ne sais pas ce qui restera de tout celà lorsque viendra le procès. Je sais seulement, pour avoir travaillé sur ce sujet pendant longtemps, qu'il me semblait malheureusement inévitable qu'un jour ou l'autre le poison de la haine antisémite fort répandu dans ces banlieues ne fasse un jour une victime. Même si l'antisémitisme n'est ici qu'une motivation secondaire, elle semble bien présente.
Reste les questions:
Affaire d'antisémitisme ou de violence barbare et ignorante? Est-ce contradictoire?
Pourquoi, comme le révèle Proche-Orient info, le premier ministre a-t-il tenté de garder le secret sur ces présomptions d'antisémitisme? L'apaisement, toujours l'apaisement? Il avait la procédure pénale de son côté. Le garde des sceaux a-t-il bien fait de dévoiler les soupçons des magistrats instructeurs?
La fuite était-elle déjà organisée ailleurs et fort opportunément le jour du dîner du Crif?
Pourquoi autant de gens ont-ils tant de mal à concevoir que l'antisémitisme ne soit pas forcément une motivation politique mais puisse faire bon ménage avec une entreprise criminelle?
Pourquoi admet-on facilement qu'on puisse être assassiné parce qu'Arabe ou Noir mais pas parce que Juif?
Pourquoi ne dit-on nulle part que la mère d'Ilan est employée du Crif? Pourquoi cette pudeur? On comprend la volonté de discrétion. Mais ce fait explique pourtant la présence, à première vue déplacée, de ses representants aux obsèques du jeune homme, alors qu'il ne s'agissait, alors, que d'un crime purement crapuleux?
Des jeunes filles bien faites, aguicheuses sont chargées de sélectionner des victimes. Le chef de la bande qui aime être appelé le "chef des barbares" recommande de choisir de préférence des Juifs. les Juifs ont plus d'argent.
Plusieurs tentatives d'enlèvement échouent. Tous les otages potentiels ne sont pas juifs. Le jeune Ilan est enlevé. Il l'est. Pendant sa séquestration des clichés sont pris, qui représentent des simulacres d'enlèvement "à l'irakienne". Rien de politique. Seulement un effet d'imitation.
Pendant la détention, un des "geôliers" écrase sa cicatrice sur le front de "l'otage". Rien de personnel. Il n'aime pas les Juifs. Les Juifs ont de l'argent. Pas lui.
La famille d'Ilan, désemparée, est incapable de réunir la somme astronomique demandée. Les ravisseurs n'en n'ont rien à faire : "Allez dans les synagogues!" Au passage l'un d'eux prononce un verset du Coran. Les Juifs ont de l'argent et sont solidaires.
Pendant les 21 jours de détention, "l'otage" est trimbalé à plusieurs reprises. On imagine dans quel état. Il est vraissemblable que de nombreux habitants de la cité de Bagneux ont été témoins de ces "transferts". Ils n'ont rien dit. Les Juifs ce n'est pas leur affaire. Les Juifs ont de l'argent. Pas eux.
Tous ces faits sont extraits des articles de presse, issus d'indiscrédtions, de fuites. Plus personne, en France, ne respecte le secret de l'instruction. Quand elle sera terminée, tous ne seront peut-être avérés. N'oublions pas qu'il s'agit de "présomptions".
Je ne sais pas ce qui restera de tout celà lorsque viendra le procès. Je sais seulement, pour avoir travaillé sur ce sujet pendant longtemps, qu'il me semblait malheureusement inévitable qu'un jour ou l'autre le poison de la haine antisémite fort répandu dans ces banlieues ne fasse un jour une victime. Même si l'antisémitisme n'est ici qu'une motivation secondaire, elle semble bien présente.
Reste les questions:
Affaire d'antisémitisme ou de violence barbare et ignorante? Est-ce contradictoire?
Pourquoi, comme le révèle Proche-Orient info, le premier ministre a-t-il tenté de garder le secret sur ces présomptions d'antisémitisme? L'apaisement, toujours l'apaisement? Il avait la procédure pénale de son côté. Le garde des sceaux a-t-il bien fait de dévoiler les soupçons des magistrats instructeurs?
La fuite était-elle déjà organisée ailleurs et fort opportunément le jour du dîner du Crif?
Pourquoi autant de gens ont-ils tant de mal à concevoir que l'antisémitisme ne soit pas forcément une motivation politique mais puisse faire bon ménage avec une entreprise criminelle?
Pourquoi admet-on facilement qu'on puisse être assassiné parce qu'Arabe ou Noir mais pas parce que Juif?
Pourquoi ne dit-on nulle part que la mère d'Ilan est employée du Crif? Pourquoi cette pudeur? On comprend la volonté de discrétion. Mais ce fait explique pourtant la présence, à première vue déplacée, de ses representants aux obsèques du jeune homme, alors qu'il ne s'agissait, alors, que d'un crime purement crapuleux?
16 février 2006
Nous avons besoin de victoires

Cette "abracadabrantesque" affaire du Clemenceau me rappelle la façon dont nous avons perdu les JO de 2012.
Dans les deux cas ces défaites humiliantes illustrent quelques travers français, en particulier le fonctionnement exagérément pyramidal et monarchique de l'administration et de l'Etat. En France, beaucoup d'entreprises ont épousé ces tares de fonctionnement en raison des liens incestueux entre monde des affaires et de la politique, et de l'imbrication étroite entre les réseaux de hauts fonctionnaires et de dirigeants d'entreprises qui ont souvent fait les mêmes écoles (Sciences-po, l'Ena, parfois l'X).
Comme je l'ai constaté lors de ma brève collaboration avec "Paris 2012", comme consultant, les réunions de travail sont purement formelles. Aucune idée originale ou à contre-courant n'y est formulée par les responsables opérationnels parce que l'originalité est perçue comme une menace par et pour les "chefs". Résultat: ces séances de travail collectif sont le plus souvent l'occasion de rivalités de conformisme bon teint. Quand on a quelque chose à dire, qui risque d'aller contre le consensus, il vaut mieux se taire et le dire à la machine à café ou au restaurant, lors du déjeuner. On découvre alors que la "piétaille" a, plus souvent qu'on ne le croit, conscience que les "décisionnaires" coupés du terrain, vont dans le mur, que leurs choix ne sont pas les bons, mais que personne n'ose l'ouvrir de peur de compromettre sa progression de carrière. Les "juniors", les personnalités extérieures sont considérées comme n'ayant pas voie au chapitre. Quand à ceux qui ont gagné quelques galons, ils prennent le moins de risques possible.
Dans le cas de "Paris 2012", le pouvoir était beaucoup trop concentré entre les mains du maire de Paris qui a forcément privilégié une gestion politique et "d"honneur" dans ce dossier. Toute initiative, même la plus insignifiante devait systématiquement remonter à lui ou à ses conseillers. A Londres, Ken Livingstone a su déléguer sans disparaître et quand il a fallu changer de cap cela a été fait rapidement, en confiant le pilotage à Sebastian Coe, ancien athlète ayant parfaitement réussi sa reconversion dans la politique. Lors des présentations devant le CIO, c'est lui et non le maire qui défendait la candidature de Londres. A Paris tout était fait pour que brille l'étoile de Delanoë et que personne ne lui fasse de l'ombre.
J'en viens au Clemenceau. Comme pour la candidature aux JO, nous avons fait preuve d'un excès de révérence monarchique. Protéger le sommet (le ministre, le Président), lui plaire, devient pour les conseillers, les experts et les consultants une obsession plus importante que la solidité de l'argument. En bon monarque, l'élu n'aime pas être contrarié. Il est en général conforté dans ses préjugés par ses courtisans qui ne veulent surtout pas le contrarier. Ainsi nous avons dans ces situations une grande propension à nous raconter des histoires. Ce qui peut aussi, bien souvent être interprété comme de l'arrogance, même si, par ailleurs, on prêche la modestie: Ainsi, n'avions nous pas "le meilleur dossier technique"? N'étions nous pas les plus "éthiques"? Ne défendions nous pas( au contraire des Anglais) la paix universelle, comme l'avait montré notre position lors de la guerre en Irak? Vérités révélées, dont on exagère l'importance, répétées comme des évidences par des équipes, mais dont les membres, individuellement, savaient bien qu'elles relevaient de la méthode Coué. Ici, avec le Clemenceau, comme nous l'a dit hier Michèle Alliot Marie, nous avions l'intention de créer une "filière de désamiantage en partenariat avec une grande puissance industrielle, l'Inde." Tout cela, bien sûr, dans "le respect absolu de la santé des hommes et de l'environnement." Alors que la gauche, elle, "n'avait rien fait pendant 5 ans" et que d'autres pays, à notre place se seraient contentés d'envoyer leur tas de ferraille et d'amiante par le fond, de préférence au large de l'Afrique. Enfin, nous avons été "transparents"...tout en ayant recours à une société écran de droit panaméen... Bref, pour un peu, si c'était à refaire, on ne changerait rien. Et, comme nous l'a dit hier MAM, en pleine débâcle, elle continue de penser que c'était la meilleure décision...
Mais s'est-on assez demandé si telle était, dans le public, la perception de nos louables intentions? Les conseillers juridiques se sont-ils suffisamment interrogés sur les éventuelles failles que pourraient exploiter des associations comme Greenpeace, qui semblent avoir un éternel compte à régler avec la France? Car si le fonctionnement de l'administration (les courbettes des fonctionnaires) n'ont pas changé depuis l'ancien régime, nous vivons quand même- d'autres le savent- dans un Etat de droit (le conseil d'Etat l'a rappelé), avec des réglements internationaux qui finissent par s'appliquer à tous, pour peu qu'en face, ceux qui se plaisent à nous humilier, fassent preuve d'un minimum d'obstination et de savoir faire.
Tout cela porte un nom: amateurisme. Il conduit à la catastrophe. Et lorsque celle-ci arrive immanquablement, les plus responsables (le sommet), ne pensent qu'à se dédouaner en accablant les échelons inférieurs. Ainsi, Chirac est-il, dit-on, furieux contre MAM, laquelle ne manquera pas de faire tomber quelques têtes de lampistes, etc...
La leçon de tout cela, ou au moins l'une des leçons c'est que nous passons trop de temps à contempler notre gloire passée ou présente en évitant le plus possible de regarder le monde tel qu'il est, avec ses chausses-trappes. Nous avons les meilleurs ingénieurs paraît-il, avec les meilleurs intentions du monde, mais les batailles se gagnent davantage aujourd'hui avec de fins juristes et des "spin doctors"chevronnés. Soyons donc un peu moins auto satisfaits et politiquement corrects. Un peu plus iconoclastes et courageux.
PS: Le maire (socialiste) de Brest vient de dire qu'il ne voulait pas que le "Clem" pourisse dans sa rade. Misère!
12 février 2006
Je tombe de haut

Revenant de ma montagne, je tombe de haut. Je savais que le groupe Carrefour avait décidé de retirer de ses rayons les produits danois dans les pays musulmans. Mais jusqu'à ce point...Je n'aime pas l'idée du boycott, mais je crois que je m'abstiendrai, désormais de faire mes courses chez Carrefour.
Cette photo a été publiée sur le site de Proche-Orient Info comme les caricatures arabes sur l'holocauste. Charlie Hebdo a raison de vouloir faire de même. Elles en disent beaucoup plus long, hélas, que tous les livres sur le "nouvel antisémitisme"!
05 février 2006
La société avant la politique
"Voltaire répétant Mahomet avec Lekain en costume de voyage."Gravure d'après gouache par Fesch et Whirsker
La victoire du Hamas en Palestine et l'effrayant engrenage provoqué par quelques dessins de presse soulignent que l'évolution des sociétés musulmanes vers l'islamisme est plus rapide que leur évolution politique vers la démocratie qui ne peut se résumer aux seules élections libres. Quand la démocratie pointe son nez, l'Islam ne se dissout pas, il l'avale.
Et on peut bien prendre cette affaire des caricatures dans tous les sens, comme je le fais depuis plusieurs jours, remuant ma plume (ou plutôt mes doigts) dans tous les sens avant de commencer à écrire, elle se résume à ceci:
Les musulmans encaissent moins bien la satire que les non musulmans. Les caricatures, la presse arabe en est remplie. Elles sont parfois d'une violence antisémite sans commune mesure avec l'offense dont il s'agit ici. La satire, ce n'est ni l'information, ni l'analyse, mais depuis Voltaire nous l'estimons indispensable. Parenthèse: Berlusconi cherche à la discréditer en Italie mais c'est lui qui se cassera les dents.
Ces dessins (de médiocre facture et peut-être portées par des arrières pensées douteuses) sont ressentis par la majorité des musulmans comme une charge les assimilant tous, à commencer par leur prophète, à des terroristes. Pourtant, elle ne sont qu'une critique satirique d'une évolution inquiétante des sociétés musulmanes au sein desquelles se recrutent le plus souvent les "Shahids". Mis à part ce courageux (inconscient) journaliste jordanien, qui a depuis été viré, y- a-t-il donc si peu d'esprits libres dans le monde arabe pour trouver que cette dénonciation peut avoir du bon? Sont-ils déjà à ce point terrorisés? Cette situation est malheureusement révélatrice d'un conflit de civilisation entre l'Islam et le monde occidental. Ce conflit nous ne le voulons pas, mais il s'impose à nous. Il faut le regarder en face et cesser notre attitude d'évitement quelque peu décadente. A Bagdad, à Karachi ou à Gaza, aujourd'hui, Voltaire serait pendu.
Soyons clair: les religieux catholiques ou juifs peuvent eux aussi se montrer assez tatillons face à la satire religieuse. D'où, d'ailleurs, cette belle solidarité des religions du livre dans cette affaire. Mais on n'a jamais vu des juifs ou des chrétiens réagir au blasphème (car il s'agit bien de cela) en brûlant des drapeaux, en incendiant des ambassades, en menaçant de mort des innocents au nom de leur nationalité ou de leur religion, et même-ce n'est pas à mettre sur le même plan- en lançant des campagnes de boycott? Peut-être est-ce parce que mieux, beaucoup mieux que les musulmans, ils admettent la séparation entre Dieu et César.
Je dis tout de suite que l'argument très répandu dans le monde arabe, et chez certains imams européens, du "deux poids, deux mesures" est totalement scandaleux: "Le principe de la liberté de pensée est bien sélectif lorsqu'il punit la remise en cause de l'existence de la Shoah et permet les injures contre le prophète Mahomet." Toujours cette fâcheuse obsession de la Shoah! D'un côté un fait historique incontestable, de l'autre une opinion sur une religion qui ne saurait se penser au dessus des critiques. Or peut--on nier que, à la différence de Jesus-Christ, Mahomet fut un conquérant, un chef de guerre? Peut-on faire comme si des terroristes ne se faisaient pas sauter au nom de leur prophète? Et qui a dit: Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des incultes. Il a usé de la violence et l'a prêchée", sinon l'assassin de Théo Van Gogh?
Les musulmans, les arabes qui se battent contre l'islamisme doivent être soutenus et aidés, préservés de la tentation de l'amalgame. Mais la réaction de l'immense majorité d'entre eux est très inquiétante. J'ai entendu un intellectuel laïque, en tout cas réputé tel, Tahar Ben Jelloun, dire que les journaux qui avaient publié les dessins incriminés devaient "reconnaître leur erreur." Des voix "modérées" s'élèvent pour demander que "France Soir" soit "puni". Que faut-il? Que son rédacteur en chef soit fouetté en public? Ou bien tout simplement ne va-t-on pas, bientôt avoir droit à un débat sur la nécessité d'une loi punissant le blasphème? Ce débat a eu lieu aux Pays-Bas après l'assassinat de Van Gogh, au nom du "respect". L'affaire de la colonisation montre que les esprits sont mûrs. On reçoit les "outragés" à l'Elysée. On crée une commission et on bricole un texte "d'apaisement". Apaiser, toujours apaiser. Se dissimuler la tragédie ou la simple réalité du monde. Déjà, comme lors de l'affaire Rushdie, on nous explique qu'il ne faut pas réveiller la bête, alors qu'elle rugit déjà un peu partout. A Gaza, les millions d'Euros de subsides de l'union européenne aux palestiniens n'ont pas retenu la violence contre la représentation de l'union, et le centre culturel français. L'ambassade de France à Alger s'est déshonorée en affirmant que "ces caricatures sont choquantes."
Si nous ne sommes pas en guerre contre le monde musulman nous sommes avec lui dans ce que Frédéric Gros appellerait "un état de violence."( "Etats de Violence, essai sur la fin de la guerre"-Gallimard). Des erreurs ont été commises dans le passé et les fondamentalistes ont été malheureusement aidés par les démocraties contre les nationalistes et les marxistes. Mais aujourd'hui ce sont les islamistes qui prennent le pouvoir sans aide de personne. Leurs adversaires, incapables de se décrotter de leur manie de la corruption, ont avoué leur défaite mettant un soin particulier à éviter de les "provoquer". Leur ascension est désormais irrésistible. L'Iran a l'intention de se doter de missiles nucléaires à portée de l'Europe. Il est urgent d'ouvrir les yeux et de réagir en assumant les risques d'un affrontement au nom des valeurs républicaines, laïques et même démocratiques.
31 janvier 2006
Mittal, une défense française

Une belle union sacrée est en train de se faire en France, de Jean-Claude Mailly (FO) à Thierry Breton en passant par le réputé "social libéral" Strauss-Khan, contre "l'envahisseur" indien Lakshmi Mittal.
"Question de valeurs" a dit notre échevelé ministre des finances. Mais de quelles valeurs parle-t-il au juste? Arcelor (qui n'est pas une entreprise française mais un conglomérat européen) n'a-t-il jamais elle-même licencié? Ni lancé d'OPA hostiles, comme récemment au Canada? Les Français suggèrent que les méthodes des pays émergents vont désormais s'appliquer dans la sidérurgie européenne. Comme si les ouvriers d'Arcelor allaient être réduits aux salaires indiens. Au secours mère Théresa! Après Bolkenstein, voici notre notre nouvel ennemi. Cette fois c'est pire car il a le teint mat.
Car c'est un drôle d'Indien, ce zèbre: Doté d'un passeport britannique (la BBC le voit simplement comme "l'un des hommes les plus riches du Royaume Uni"), sa société est basée aux Pays-Bas. Elle ne possède aucune usine en Inde mais en a aux Etats-Unis, en Europe de l'Est et ...en France. Il annonce en signe de bonne volonté qu'il souhaite se développer en Europe, donc y créer des emplois et qu'il transférera son siège social au Luxembourg.
Mais Breton n'entend rien de tout cela et persiste à s'opposer (au nom de quoi? L'acier ne figure même pas dans la liste récemment dressée des intérêts "vitaux" du pays) à une concentration capitalistique plébiscitée par le marché.
Après les yaourts, l'acier, voilà dans un bel unanimisme la France dressée contre un ennemi imaginaire qui, du coup, repousse encore à plus tard l'indispensable réflexion sur ce que doit être une politique industrielle confiante et ambitieuse, ouverte au monde.
DSK, chaque jour un peu plus désespérant a suggéré une "renationalisation temporaire" d'Arcelor. Sans doute a-t-il envie de dîner avec Besancenot. Comme si le contribuable français n'avait pas d'autres chats à fouetter.
Et puis, comment renationaliser une entreprise qui n'est même pas française?
La France met ses chariots en rond contre l'attaque indienne et s'apprête à tenir le siège. En France nous aimons beaucoup les étrangers, surtout quand ils tiennent des épiceries et des restaurants, ou sont au RMI. Et s'il y avait, derrière cet accès de patriotisme économique, quelques relents xénophobes?
28 janvier 2006
Le Hamas au pied du mur

Le cocktail terrorisme+Islam+ aide sociale, allégé en corruption s'est donc avéré dévastateur en Palestine. D'ailleurs on se demande bien comment la presse a encore pu nous faire croire si longtemps que le Fatah avait la moindre chance de remporter un scrutin démocratique. Décidément, comme avant les élections iraniennes, certains journalistes aiment prendre leurs désirs pour des réalités. L'Islamisme est une lame de fond dans le monde arabo-musulman. Cette victoire sera suivie de beaucoup d'autres, à mesure que la démocratie progressera. Le monde occidental se retrouvera bientôt dans la situation d'Israël, confronté à ses marges au fondamentalisme.
Au cocktail mentionné il faudrait ajouter une solide notion d'organisation. Le Hamas, contrairement au Fatah n'est pas miné par les rivalités de clans et de générations. Il a su mener une campagne efficace et, par exemple, accompagner un certains nombre d'électeurs jusqu'aux urnes. Du beau travail.
Ce résultat n'est donc pas dû, comme je l'ai entendu rabâché (Roland Dumas notamment) aux atermoiements d'Israël vis à vis de l'Autorité Palestinienne. Il y en a qui ont besoin qu'Israël soit responsable de toutes les catastrophes, mais c'est évidement un peu court. Les Palestiniens ont chassé le Fatah parce que celui-ci n'a su lui apporter ni un Etat, ni la justice sociale. Même le retrait de Gaza a été perçu comme une victoire de la résistance fortement incarnée par le Hamas. Quand à la perspective d'assèchement de l'aide internationale, elle laisse froid la plupart des palestiniens: De toute façon ils n'en voyaient pas la couleur puisque l'essentiel était détournée par la Nomenklatura.
Néanmoins, la catastrophe annoncée ne se produira peut-être pas. Le Hamas qui a déjà accepté de facto le processus d'Oslo (dont ces élections sont un des résultats) devra bien accepter d'avoir des relations avec Israël qui a entre ses mains la solution au problème du chômage palestinien. Il n'a d'ailleurs fermé aucune porte dans ses premières déclarations. Il n'a pas été élu pour son programme d'attentats-suicide, et même s'il ne renoncera pas de sitôt à la violence, il serait bien inspirer d'en user avec modération. En effet Israël hésitera encore moins que dans le passé à utiliser sa puissance militaire pour répliquer à une autorité palestinienne ouvertement terroriste. Cette fois plus de double langage à la Arafat, avec le soutient d'une partie de la communauté internationale!
En attendant, pour Israël, la première conséquence de ce vote est de valider la stratégie de séparation à laquelle adhère presque tout l'échiquier politique. La construction du mur devrait se trouver rapidement relancée. La paix en a pris pour dix ans, au moins. Peut-être pas la sécurité.
24 janvier 2006
La commission Outreau "Live"

Nous venons de vivre, à La Chaîne Parlementaire, avec les auditions d'Outreau, un événement fondateur. Un peu comme fut, à LCI, le récit en direct de la prise d'otage de l'airbus d'Air France à Marignane. Une démonstration de l'utilité concrète de cette télévision dans une démocratie moderne. Moderne ne veut pas forcément dire mature et il faut évidement souhaiter que le pire ne se produise pas. Le pire, en l'occurrence serait une séance de lynchage télévisé du juge Burgaud. Mais il y a quand même des garde-fous. Cette commission est présidée et il faut souhaiter que le président Vallini se montre (davantage) directif dans sa conduite des débats, qu'il réfrène un sentiment compassionnel assez compréhensible mais inapproprié.
Evidement, comme à chaque fois que la télévision fait irruption dans un lieu jusqu'alors sanctuarisé, cela provoque immédiatement des résistances voir des peurs, parfois confuses, dont Daniel Schneidermann se fait l'interprète.
Il me semble qu'il faut accepter ces risques et que la publicité, plus exactement la retransmission télévisée de ces événements est seule de nature à créer ces électrochocs, nécessaires préludes aux réformes dans notre pays.
L'intention prêtée à TF1 de diffuser l'audition à venir du juge d'instruction de Boulogne sur mer doit être comprise comme un hommage aux vertus de la télévision parlementaire. TF1 apportera-t-elle une valeur ajoutée journalistique à ces débats, comme l'ont fait Public Sénat et LCP-AN? C'est à voir.
L'article du Monde de samedi dernier suggérait que la télévision parlementaire, jusqu'ici perçue comme un simple outil d'instruction civique, pouvait se révéler comme un instrument facilitant l'exercice du pouvoir des parlementaires. C'est très intéressant car c'est la première fois qu'on la perçoit comme autrement qu'un reflet mais avec un vrai rôle actif au service de la démocratie. Il faut donc se demander comment doit fonctionner à l'avenir ce couple journaliste-parlementaire qui ne me paraît pas du tout contre nature puisque tous les deux sont sensés devoir exercer une vigilance, voire un contrôle sur l'exécutif ou-c'est le cas ici- sur le judiciaire. Or c'est précisément l'exercice de ce contre-pouvoir qui est problématique en France. Pour les parlementaires le gain est évident et va de soi. Pour le journaliste cela saute moins aux yeux. C'est un journalisme du troisième type, qui n'est ni d'investigation, ni de "validation". En tout cas ce couple inattendu multiplie l'influence des parlementaires et donne aux journalistes une indépendance éditoriale et rédactionnelle assez rare en France. Les deux chaînes parlementaires sont ainsi les seules qui ne dépendent ni directement ni indirectement du CSA, puisqu'elles sont contrôlées par le bureau de l'assemblée dont elles dépendent. contrôle qui ne s'exerce qu'a posteriori et jamais au quotidien.
Evidement il y a la question des moyens. Ceux des télévisions parlementaires sont encore modestes et cela conditionne le travail journalistique. Mais, à mesure que le parlement se rendra compte de ce qu'il a à gagner dans l'exercice de ses missions et que le grand public (qui finance ces chaînes en dernière analyse) verra le service qu'elles rendent à la démocratie, il n'est pas impossible que ces moyens soient sensiblement augmentés. L'impact de la TNT, très fort et beaucoup plus rapide que prévu donnera d'ailleurs des obligations auxquelles il faudra bien répondre.
17 janvier 2006
Chavez et l'antisémitisme

Je m'attelle, je m'attelle, mais je m'attelle sans précipitation à cette nouvelle boursouflure de la blogosphère qu'est l'affaire Chavez. Et je le fais avec aussi peu d'appétit et de compétence (en ce qui concerne le Venezuela) que Daniel Schneiderman. J'envie énormément les journalistes (j'en connaîs!) qui partent enquêter dans ce pays.
J'ai consacré beaucoup de temps, en revanche, à cette question du "nouvel antisémitisme", dont on ne saurait dire qu'il est nouveau, tant il rappelle ici le vieil antisémitisme chrétien, "social", vigoureusement condamné par l'Eglise d'aujourd'hui. A condition que le délit soit constitué.
Ne pouvant enquêter au Venezuela, je me bornerai à quelques remarques succinctes:
1: La citation en question a certes été tronquée (allusion à Bolivar), mais est-ce que cela change fondamentalement le sens du propos? Le délire, la ratiocination antisémite a cette particularité de mélanger dans un même délire paranoïaque tous les ennemis (ennemis de la nation, ennemis de classe). On ne peut utiliser des raisonnements rationnels pour juger ce que l'auteur de la citation a voulu dire.
2: Le néobolivarisme populiste de Chavez opère une synthèse entre influence marxiste, mystique (genre théologie de la libération) et extrême droite autoritaire (cf Cérésole, le défunt conseiller ancien thuriféraire des militaires argentins). C'est un merveilleux cocktail qui, dans l'environnement sud-américain, prédispose à des dérapages antisémites. La descente de l'armée dans une école juive de Caracas soupçonnée d'abriter des agents du Mossad hostiles au régime est un fait inquiétant.
3. La politique étrangère du régime vénézuélien (anti-américanisme, partenariat privilégié avec l'Iran des mollahs chiites...) est parfaitement compatible avec une dose de propagande antisémite, même subliminale.
4. Enfin, dans ce domaine, il n'existe pas de "smoking gun". Qu'est-ce, en effet, qu'une preuve définitive et convaincante d'antisémitisme? Je dirais donc, pour ma part, qu'il pèse sur Chavez une forte présomption d'antisémitisme. Mais l'intéressé a protesté et vigoureusement nié avoir de tels sentiments, ce qui doit être porté à son crédit, ajoutant des voeux de rétablissement à Ariel Sharon, ce qui est, somme toute, aller assez loin. On ne lui en demandait pas tant.
S'agit-il d'un dérapage, d'un "retour du refoulé"? Je n'irai pas si loin. Je me borne simplement à constater que la communauté juive est inquiète du climat qui règne dans le pays.
16 janvier 2006
Patience...

Certains, parmi vous, s'impatientent. C'est vrai que mes notes s'espacent un peu, ces temps-ci. L'explication est toute simple même si elle ne suffira pas à satisfaire vos sollicitations: Un surcroît de travail auquel j'ai du mal à faire face. Songez que, à mon grand regret, je n'ai même pas eu le temps d'aller voir "Munich". Les sujets ne manquent pas: Sharon, Chavez, Ségolène Royal, Chirac-dont Christian Blanc vient de demander la démission-et aujourd'hui encore le choix de Villepin qui prend le risque de se mettre à dos les syndicats (Et si, finalement, la France ayant atteint un tel degré de "dépression nerveuse", le gouvernement s'était décidé à montrer un peu de courage? Je réserve encore ma réponse.) Mais le sujet que j'aimerais par dessus tout aborder est cette guéguerre entre "déclinologues" et "positologues". Encore un peu de patience. Je ne serais plus très long
07 janvier 2006
Affaire Finkielkraut (suite)
L'étude de la sociologue Monique Dagnaud sur les centaines de mails reçus par France culture après l'interview de Finkielkraut à Haaretz et son face à face avec Sylvain Bourmeau aboutit à deux constations étonnantes, stupéfiantes même:
1: Une majorité d'auditeurs estime l'analyse de Fink pertinente: "267 messages (75 %) gratifient Alain Finkielkraut d'un vif soutien, 88 (25 %) le critiquent violemment."
2: La plupart se disent de gauche et appartiennent de près ou de loin au milieu intellectuel et enseignant, celui là même qu'il vilipende souvent. "Des couches cultivées, observe l'auteur, qui habituellement ardentes à défendre la pensée post-marxiste, devraient se retrouver dans la posture de Sylvain Bourmeau, autre producteur de France-Culture, directeur adjoint des Inrockuptibles ."
D'où la conclusion passionnante de Monique Dagnaud:
"Les couches cultivées, en plein désarroi intellectuel, seraient-elles en train de changer de logiciel ? Auraient-elles saisi l'occasion de ce débat pour laisser transparaître au grand jour, en intervenant dans l'espace public, l'expression de leur évolution et de leurs interrogations? Viendraient-elles à leur tour gonfler un mouvement d'opinion déjà assez installé ? (...)Si tel était (le) cas, les passions médiatiques sont promises à un bel avenir. " En effet.
1: Une majorité d'auditeurs estime l'analyse de Fink pertinente: "267 messages (75 %) gratifient Alain Finkielkraut d'un vif soutien, 88 (25 %) le critiquent violemment."
2: La plupart se disent de gauche et appartiennent de près ou de loin au milieu intellectuel et enseignant, celui là même qu'il vilipende souvent. "Des couches cultivées, observe l'auteur, qui habituellement ardentes à défendre la pensée post-marxiste, devraient se retrouver dans la posture de Sylvain Bourmeau, autre producteur de France-Culture, directeur adjoint des Inrockuptibles ."
D'où la conclusion passionnante de Monique Dagnaud:
"Les couches cultivées, en plein désarroi intellectuel, seraient-elles en train de changer de logiciel ? Auraient-elles saisi l'occasion de ce débat pour laisser transparaître au grand jour, en intervenant dans l'espace public, l'expression de leur évolution et de leurs interrogations? Viendraient-elles à leur tour gonfler un mouvement d'opinion déjà assez installé ? (...)Si tel était (le) cas, les passions médiatiques sont promises à un bel avenir. " En effet.
04 janvier 2006
Un voeu pieux pour 2006

Imaginez: Arrivé au terme de sa vie politique, Chirac s'est enfin décidé à devenir Président et àréformer. Il ne se représentera pas et, du même coup, pour la première fois de sa vie, voilà qu'il ne craint plus d'affronter l'impopularité. Bien au contraire, il va même la mettre à profit pour (enfin) entreprendre les réformes dont la France a tant besoin. C'est dans ce soucis, et non uniquement pour paraître s'élever au dessus de la mêlée-ou du combat de coq-qu'il a rappelé à l'ordre Sarkozy et Villepin:
"L'heure de privilégier vos ambitions légitimes n'est pas encore venue. En attendant, c'est moi le patron et je veux que pendant cette année, vous ne vous souciez que de l'intérêt du pays. Au boulot!
Je sais que je n'ai pas toujours montré l'exemple, en faisant toujours passer mes calculs électoraux avant la bonne gouvernance. J'ai beaucoup menti et je n'ai fait cela que dans le but de conquérir le pouvoir, puis de le garder, ce qui a été jusqu'ici mon unique moteur. Mais tout cela est fini. Je veux éviter que mon nom laisse une trace abominable dans l'Histoire de France. Il est encore temps et j'ai de l'énergie à revendre. La tâche est immense car je n'ai pas fait grand chose depuis 10 ans et ce que j'ai entrepris l'a été avec une telle maladresse que j'ai souvent été victime d'un retour de flamme.
Commençons par la chose la plus urgente: réformer en profondeur notre marché du travail, si rigide qu'il empêche les véritables créations d'emploi, surtout pour les jeunes, surtout dans les banlieues. La TVA sociale est un bon moyen de réformer le financement de la protection sociale en transférant sur la consommation une part importante des charges sociales qui pèsent sur les entreprises de main d'oeuvre. Cela peut créer des centaines de milliers, peut-être des millions d'emplois en baissant le coût du travail. Même Bayrou et Strauss Khan sont pour!
Cette TVA a 25% (comme au Danemark qui a atteint le quasi plein emploi) ne sera même pas inflationniste car les entreprises qui emploient et fabriquent en France, soumises à une concurrence de plus en plus forte, voudront gagner en compétitivité et répercuterons sur le prix des produits qu'elles produisent la baisse des cotisations sociales. L'effet sera neutre. Seuls les produits importés seront plus chers ce qui est un moyen de lutter contre les délocalisations, au moins de les taxer. Coup double! Pourquoi n'ai-je pas osé plus tôt? Parce que j'avais peur des mouvements sociaux. Le Medef est favorable à la TVA sociale et à chaque fois qu'il soutient une idée cela suffit à la flinguer! En plus, les syndicats (surtout FO et la CGT) estiment encore que la TVA est un impôt injuste. Quelle erreur! C'est un impôt universel qui est acquitté après la production, en fonction des dépenses de chacun, donc en fonction de son revenu (même non déclaré!) quand il est dépensé. Il suffit de dresser une liste de produits de première nécessité qui resteront au taux réduit de 5,5%. Mais pas la restauration! Heureusement que Bruxelles m'a empêché de satisfaire cette revendication corporatiste. Les restaurateurs bénéficieront des baisses de charges comme les autres employeurs.
En vérité les syndicats veulent surtout préserver le "paritarisme", c'est à dire la fixation avec le Medef du niveau des cotisations.
Avez vous remarqué que la France a la législation du travail théoriquement la plus protectrice mais que la peur du chômage y est plus forte qu'en Grande Bretagne ou il si facile de licencier? A la place des CDD et des stages qui retardent l'accès des jeunes à de vrais emplois je généraliserais le CDI dont les droits augmentent avec l'ancienneté. Une idée de Sarkozy qu'il a reprise du rapport Camdessus, mais elle est bonne et je vais reprendre toutes les bonnes idées, mêmes celles de gauche quand elle en a. Du reste les centaines de rapports que j'ai commandé depuis 40 ans que je fais de la politique sont souvent plein de bonnes idées jamais mises en oeuvre par absence de lucidité ou par crainte des conséquences électorales. Malgré ça depuis 1981 toutes les majorités sortantes ont quand même été battues! Les Français, on ne la leur fait pas!
Ensuite je vais tâcher de faire comprendre à mes compatriotes que, désormais, sauf pour les tâches vraiment pénibles, il faudra travailler plus longtemps pour payer les retraites des "baby boomers" qui commencent à quitter massivement la vie active à partir de cette année, que le nombre de fonctionnaires doit baisser de façon importante, en profitant justement de ces départs en retraite pour diminuer les dépenses publiques, point commun de tous les pays qui ont réduit massivement le chômage. Cela ne portera pas atteinte à la qualité du service publique ou, grâce aux TIC (Technologies de l'information et de la communication), on va développer la productivité et la satisfaction de l'usager.
Mon discours sur la République est excellent et je suis réellement habité par cette idée. C'est même la seule constante dans ma vie politique. Mais je vais démontrer qu'il n'est pas creux. Ceux qui veulent s'intégrer doivent être aidés. Je vais faire une loi anti-discrimination très contraignante et généraliser la discrimination positive sur des critères socio-économiques pour l'entrée à l'université ou dans les grandes écoles, un peu sur le modèle mis en place par science-po dans les ZEP.
Dans un an, beaucoup restera à faire, mais, grâce à moi, la France sera remise sur de bons rails et Sarko comme Villepin pourront même revendiquer mon héritage tardif. Quand à moi je prendrais une retraite paisible en Corrèze ou il ne viendra à l'idée d'aucun juge de venir me demander des comptes sur mes turpitudes passées. En avant!"
On peut rêver non?
22 décembre 2005
Meilleurs voeux
Nous avons tous bien besoin de faire une pause.
Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d'année.
Rendez vous début 2006
Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d'année.
Rendez vous début 2006
15 décembre 2005
Manuel Valls destabilise les nouveaux identitaires
Il fallait être sacrement bien réveillé pour relever ce moment (rare) de vérité télévisuelle. Cela se passait hier, et d'ailleurs fort tard, dans "Culture et dépendances" sur France 3
Giesbert a raison d'inviter Tariq Ramadan. Depuis ses explications confuses sur la lapidation des femmes, il semble que les bien-pensants préfèrent soulever le tapis. Or il n'y a rien de pire que de paraître victimiser Ramadan. Il a à ses côtés l'ineffable Claude Ribbe, auteur du "Crime de Napoléon". face à eux, notamment, Manuel Valls, le député maire socialiste d'Evry, péchu, survolté presque, jamais aussi bon que dans l'adversité. Ramadan le bombarde: "Vous ne connaissez pas votre pays", "Vous êtes l'élite." "Vous incarnez la classe politique". Sous entendu, même s'il ne le dit pas ainsi : "vous êtes déconnectés, comme tous les privilégiés blancs européens et judéo chrétiens qui maintiennent les derniers arrivés dans leur statut d'anciens colonisés." Ramadan voudrait que tout le monde reste dans sa petite case. l'homme politique dans son élite, dans sa France qu'il exècre et le jeune de banlieue dans sa mosquée. Bien. Valls proteste: "Je ne sais pas ce que c'est la classe politique, moi je suis un élu et j'habite en banlieue. Vous ne la représentez pas moi si. Alors pas de leçon" Et plus tard: "Vous êtes le porte parole des Frères Musulmans."
Mais le plus révélateur était ceci. Ribbe écoute tout cela, chafouin. De temps en temps il en balance une sur Napoléon. Max Gallo est au bord de l'autocritique: "Peut-être n'ai-je pas assez parlé de l'esclavage." Puis la fougue de son voisin Ramadan lui inspire cette réflexion, destinée à Valls: "Vous êtes peut-être élu, mais vous êtes le pays légal, pas le pays réel..." Valls, qui connaît ses classiques relève que c'est, mot pour mot le credo de Charles Maurras, il y a un siècle. Ribbe a compris sa bévue et doit protester qu'il "n'est pas Maurassien." "C'est quand même intéressant." persiste Valls qui jubile intérieurement (il s'extériorise rarement). Qui d'autre, à cette heure tardive aura compris ceci: Les héritiers de la pensée réactionnaire, communautaire, antirépublicaine et identitaire de l'Action Française étaient ce soir là face à Valls
Giesbert a raison d'inviter Tariq Ramadan. Depuis ses explications confuses sur la lapidation des femmes, il semble que les bien-pensants préfèrent soulever le tapis. Or il n'y a rien de pire que de paraître victimiser Ramadan. Il a à ses côtés l'ineffable Claude Ribbe, auteur du "Crime de Napoléon". face à eux, notamment, Manuel Valls, le député maire socialiste d'Evry, péchu, survolté presque, jamais aussi bon que dans l'adversité. Ramadan le bombarde: "Vous ne connaissez pas votre pays", "Vous êtes l'élite." "Vous incarnez la classe politique". Sous entendu, même s'il ne le dit pas ainsi : "vous êtes déconnectés, comme tous les privilégiés blancs européens et judéo chrétiens qui maintiennent les derniers arrivés dans leur statut d'anciens colonisés." Ramadan voudrait que tout le monde reste dans sa petite case. l'homme politique dans son élite, dans sa France qu'il exècre et le jeune de banlieue dans sa mosquée. Bien. Valls proteste: "Je ne sais pas ce que c'est la classe politique, moi je suis un élu et j'habite en banlieue. Vous ne la représentez pas moi si. Alors pas de leçon" Et plus tard: "Vous êtes le porte parole des Frères Musulmans."
Mais le plus révélateur était ceci. Ribbe écoute tout cela, chafouin. De temps en temps il en balance une sur Napoléon. Max Gallo est au bord de l'autocritique: "Peut-être n'ai-je pas assez parlé de l'esclavage." Puis la fougue de son voisin Ramadan lui inspire cette réflexion, destinée à Valls: "Vous êtes peut-être élu, mais vous êtes le pays légal, pas le pays réel..." Valls, qui connaît ses classiques relève que c'est, mot pour mot le credo de Charles Maurras, il y a un siècle. Ribbe a compris sa bévue et doit protester qu'il "n'est pas Maurassien." "C'est quand même intéressant." persiste Valls qui jubile intérieurement (il s'extériorise rarement). Qui d'autre, à cette heure tardive aura compris ceci: Les héritiers de la pensée réactionnaire, communautaire, antirépublicaine et identitaire de l'Action Française étaient ce soir là face à Valls
05 décembre 2005
Bravo au petit lieutenant

Parenthèse cinéma: J'ai rarement ressenti pareil enthousiasme, une telle empathie pour des personnages de fiction, surtout devant une production française, que devant le "Petit Lieutenant", de l'excellent Xavier Beauvois. C'est certainement l'un des meilleurs films de l'année. Beauvois est aussi poignant dans le drame que dans le "docu", et quelle direction d'acteurs! Nathalie Baye est au top, émouvante et belle. Mention spéciale pour Roshdy Zem, à mes yeux le meilleur acteur français du moment (avec Magimel, autre fétiche de Beauvois.)
La thèse du declin
Il me semble que réagir aux difficultés que traverse la France, c'est faire mentir ce pronostic de déclin qu'expose ici Yves Laulan. Pourvu qu'il se trompe. Malheureusement j'en doute
Rocard toujours lucide
Il y a au moins encore un homme lucide au PS, c'est Michel Rocard. Comment ne pas partager son pessimisme?
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