Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

17 octobre 2007

Le facteur Cécilia

Où est Cécilia? Cécilia, partie. Hors du nid. La presse people et politique est en pleine ébullition depuis quelques semaines. Pomponette (c'est ainsi que les paparazzi l'ont surnommée) est passée par ici (Genève), elle ne repassera pas par là (Maroc). Et pendant ce temps là, le Président se tait, semblant avoir brutalement perdu son allant. Et chacun de se demander quand et comment tout cela va finir, depuis, il faut le dire, l'incroyable épisode du vote "séché" au second tour de la présidentielle. Mais bon, qui aujourd'hui peut dire que son propre couple, sa propre histoire seront éternels? Ici, ce qui contribue à dramatiser c'est à la fois la "première" (un Président qui divorce pendant son mandat) et aussi le fait que l'on sente Super-Sarkozy, l'hyper-président réellement hyper fragilisé sur cette question. N'a-t-il pas lui-même avoué avec la franchise qui caractérise ses interventions que son seul soucis était Cécilia? Les "no comment" à répétition du porte-parole de l'Elysée, David Martinon en disent long également sur l'embarras dans lequel est plongé le Président et son entourage. Au fond, c'est comme si aucun sujet, aucun défi (l'Iran, Poutine, Trichet, les régimes spéciaux et les syndicats, etc...) ne faisait peur au Président, sauf celui-là. Peut-être espère-t-il encore un nouveau revirement de son épouse qui parait bien-il n'y a aucune information même "off" sur ce sujet-davantage déterminée, ironiquement, à pousser à cette rupture. Il faut rappeler d'ailleurs ce qu'en dit le constitutionnaliste Guy Carcassonne: L'immunité dont jouit toujours le Chef de l'Etat pendant la durée de son mandat vaut aussi pour les affaires civiles. Puisqu'il peut ne pas répondre à la convocation d'un juge aux affaires matrimoniales, il peut très bien, s'il s'obstine, empêcher le divorce! Gageons qu'il ne devrait pas adopter une telle attitude, mais-l'amour aveugle-sait-on jamais?
Le coup dur pour Sarkozy est que ce soucis arrive en même temps que les premiers nuages politiques, les conséquences des difficultés budgétaires, les infirmières bordelaises, qu'il est plus difficile à combler que leurs homologues bulgares...ce qui permet au Nouvel Obs de titrer sur "l'Octobre noir". Si ce n'est que le mois d'octobre...
L'opinion ne va pas changer d'avis sur Sarkozy parce que tout d'un coup il se retrouve célibataire. La vraie question porteuse d'éventuelles conséquences politiques est la suivante: Qui dit rupture dit souvent trahison. Lequel des deux, s'il y en à un(e), parviendra donc à passer, aux yeux du public, pour la victime?
PS: Voici un premier indice. L'Elysée commence à suggérer que l'attitude de la première dame commençait à "perturber le fonctionnement" de la Présidence de la République.

3 commentaires:

Gerard S a dit…

Monsieur Attal, j'apprécie beaucoup vos débats, mais hier les trois intervenants étaient inconsistants car trop engagés à ma connaissance. De grâce (je suis retraité) laissez monsieur Tesson profitez tout seul de sa retraite, et surtout, épargnez-nous de ses commentaires éculés.

Anonyme a dit…

M Attal,

je souhaiterais vous poser une question sans populisme aucun. Depuis combien de temps vous, les journalistes du microcosme, saviez que ce couple était devenu bancal et pourquoi n'avez vous rien dit ? Un divorce n'arrive pas en 2 jours, la situation a du dégénéré depuis longtemps, alors pourquoi ne l'a t on jamais dit (je veux dire hormis la parenthèse Attias) ?
Idem pour Hollande & Royal. Il est évident qu'on ne pouvait pas comprendre l'isolement de Royal et les tensions au PS si on ne savait pas ce qui se tramait. Les journalstes le savaient (voir le livre de Baqué) mais n'ont rien dit, laissant le public se demander pourquoi Hollande et Solférino en général ne la soutenait pas plus.
Bref, dans les 2 cas, ces histoires avaient dépassé la sphère privée: il ne s'agit pas d'un rapport sexuel un soir après une réunion tardive et agitée avec une maitresse, mais bien d'histoires ayant potentiellement impacté la vie publique et l'Etat français. Vous deviez nous informer et ne pas garder ces informations pour le petit microcosme.

M Attal, je crois que vous etes quelqu'un d'honnete, alros pouvez vous nous dire depuis combien de temps le monde journalistiquie "savait" ?

Jérémie

Sylvain Attal a dit…

@ Jérémie. Je vais vous répondre très honnêtement. Comme tout le pays les journalistes savaient depuis l'escapade avec Attias que le couple avait des difficultés. Sarko lui-même ne l'avait d'ailleurs pas caché. Après on n'est pas sous son lit, dans son intimité. Il y a de nombreuses façon de vivre une vie de couple après plus de 10 ans de mariage et encore plus de vie commune. Il était aussi très possible qu'ils essaient de se donner une chance ou bien qu'ils cherche un "arrangement" qui sauve les apparences. On n'en sait rien et on n'est pas des flics!On ne peux que poser des questions ce qui a été fait. Nous n'avons pas eu de réponse claire.
Quand Cécilia a séché quelques occasions officielles, la presse en a parlé comme c'est normal.
L'annonce du divorce officiel a surpris tout le monde. Vraiment.