Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

21 octobre 2008

Pourquoi le capitalisme est encore l'avenir

A quel festival de démagogie n'avons nous pas assisté ici depuis cette crise financière. Dans ce déluge, il faut bien dire que les socialistes se sont encore illustrés: Tel ténor du PS souhaite une nationalisation du crédit, tel autre recommande des mesures protectionnistes pour en finir avec le libre-échange qui serait à l'origine de tous nos maux. Partout enfin on se précipite pour châtier les quelques malheureux camarades qui s'étaient risqués à revendiquer l'étiquette "libérale", comme Delanoë ou Valls.
Nos socialistes, ou en tout cas la majorité d'entre eux, comme à la veille de chaque congrès (dont on sait qu'ils se gagnent bien entendu à gauche, même si l'élection qui suit est perdue, elle, au centre) sont à leur meilleur dans cette surenchère permanente avec l'extrême gauche. Car là, évidement c'est encore pire. Une banderole de Lutte Ouvrière-pour ne citer qu'elle- aperçue sur le chemin de la manifestation des enseignants nous informe naturellement que: "le capitalisme est en faillite, le communisme c'est l'avenir". L'éditorialiste du Figaro, Yves de Kerdrel a résumé celà à sa façon: le Krach (avec un K) est devenu le nouvel "opium des intellectuels" d'où la redécouverte dans le débat des intellectuels de gauche de ce socialisme "vintage" dont les PS venait à peine de répudier les codes marxiste pour revendiquer, enfin, ceux de l'économie de marché. Avec les subprimes, l'éclatement de la bulle immobilière et la chute de Wall Street, c'est le grand bond en arrière.
Tout ou presque a déjà été dit sur le sujet, et d'abord que libéralisme ne signifie pas dérégulation sauvage. De ce point de vue là, le mouvement entrepris sous Reagan et pouruivi par Clinton et W. Bush aux Etats-Unis relève plus d'une perversion du libéralisme que d'autre chose. Que cette crise est autant le résultat d'une dérèglementaion abusive que d'une aventureuse intervention politique sur le marché des prêts hypothécaires. N'est-ce pas Bush qui avait poussé les feux de cette société de "propriétaires", incitant à prêter à n'importe qui?
La mondialisation posait un défi aux nations. Quand tout allait bien on pouvait toujours dire que même avec des laissés pour compte, la richesse globale des nations augmentait, même et surtout au sud. Des millions d'individus sortaient en effet de la pauvreté. Certains s'enrichissaient à une vitesse jamais vue depuis la révolution industrielle en Europe, et les lendemains de la première guerre mondiale aux Etats-Unis. Au moment où cette bulle a éclaté, il fallait que les gouvernements fasse la preuve qu'ils pouvaient s'organiser entre eux pour réagir selon les principes keynesiens. Ce qu'ils firent de manière étonnament rapide et concertée, en faisant preuve de beaucoup de pragmatisme, sachant que parmi eux très peu étaient dirigés par des socialistes étatistes. Il ne s'agit pas que d'une socialisation des pertes, comme cela a été dit. L'Etat se substitue aux marchés en prétant en dernier recours, lorsque plus aucune banque ne voulait plus prendre ce risque, mais il compte bien récupérer ses billes lorsque le marché repartira à la hausse. Celà ne veut pas dire qu'il est le mieux placé pour dicter la politique du crédit, comme dans feu les économies plannifiées.
Surtout, ce que beaucoup de gens semblent avoir oublié, c'est que les cycles économiques n'ont pas disparu. Et que c'est tant mieux. Ils sont là pour purger le système de ses excès, mettre hors d'état de nuire quelques chauffards qui, sous pretexte qu'ils conduisent une ferrari se croient autorisés à rouler à plus de 200km/h, rappeler que les arbres ne montent jamais au ciel, et lui permettre de repartir sur des bases plus saines. Déjà on voit les risques d'inflation s'éloigner (à condition que ça n'aille pas trop loin), et les prix des matières premières baisser, ce qui facilitera grandement la reprise.Bref, ces crises sont salutaires car elles permettent au capitalisme-qui n'est pas un système parfait- de se régénérer. Il a encore de beaux jours devant lui. Je n'en dirais pas autant du PS.

2 commentaires:

Domi a dit…

Merci !
- Merci d'énoncer quelques vérités qu'on omet dans les médias (particulièrement les responsabilités politiques dans les subprimes) ;
- Merci de sortir des caricatures triviales : capitalisme = misère, libéralisme = jungle ;
- Merci de dénoncer et regretter les exploitations politiques démagogiques (qui bloquent une rénovation nécessaire à notre pays) ;

Anonyme a dit…

Cher Sylvain, il est évident effectivement que le PS est une catastrophe en ce moment et depuis quelque temps déjà. Mais franchement Sarkozy, il tient le ponpon !
Nous faire presque le coup de l'"Internationnale" après s'est fait et se faire encore en France l'apôtre de la dérégulation, c'est vraiment se moquer du monde. Il est populiste.
DSK serait un bien meilleur président que Sarkozy.
Samuel A.