Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

07 février 2007

Dominique Lorentz, c'est de la bombe!


Hier soir, je recevais Dominique Lorentz, auteur de "Sujets Interdits" édité par les Arènes. Il y a dix ans, j'avais été impressionné, étourdi même, par son permier livre "Une guerre" qui, à contre-courant de l'ensemble de la presse, faisait le lien entre les enlèvements de Français par le Hezbollah au Liban, l'attentat contre la Fnac, rue de Rennes, l'assassinat signé Action Direct, de George Besse alors patron de Renault, la disparition de Michel Baroin et, déjà, la bombe iranienne. Dominique Lorentz est une analyste. Elle ne travaille que sur des sources "ouvertes", ignorant volontairement les sources confidentielles et les dossiers opportunément déposés dans les boites aux lettres. Au fil des ans, elle est devenue une spécialiste des questions nucléaires et de la prolifération.
Dans "Secret atomique", elle raconte dans le détail l'histoire cahotique de la coopération nucléaire franco-iranienne. Elle fut la seule a relever la facétie de l'ancien président Khatami. En visite à Paris, où il vient exiger le respect par la France des engagements pris à l'époque du Shah, il dépose une gerbe sur la tombe de...Pierre et Marie Curie.
Dans "Affaires atomiques" elle révélait, rien moins, que la bombe française était le fruit de la volonté des Etats-Unis, avec le concours de chercheurs juifs du nouvel Etat d'Israël. Autrement dit, selon elle, et contrairement à l'histoire officielle, c'est Israël qui a permis à la France de monter sa bombe atomique et non l'inverse!
Dans "Des sujets interdits", l'auteur raconte comment elle a été recrutée par la Defense nationale pour travailler à la définition d'une doctrine française de contre-prolifération, avant d'être bloquée sur intervention de la DGSE. Aujourd'hui Dominique Lorentz végète, de petits boulots en petits boulots. Elle est traitée en paria pour excès de curiosité.
Hier, sur France 24, elle affirmait ceci: La supposée "gaffe" de Chirac sur l'Iran n'en est pas une. En effet, il n'est plus question, dit-elle, d'empêcher les iraniens d'avoir la bombe, ils l'ont déjà. La bombe pakistanaise est en fait une bombe irano-pakistanaise. Les puissances nucléaires occidentales ont organisé la prolifération pour créer un système d'équilibre de la terreur. Le meilleur exemple est le conflit indo-pakistanais. S'il ne dégénère pas c'est que New Dehli et Islamabad savent qu'ils ont les moyens de se détruire mutuellement. L'évolution du regime des mollahs est venu bouleverser la donne. Et si la République islamiste se montrait moins rationnelle que les autres détenteurs de l'arme nucléaire? Et si Khatami, et aujourd'hui Ahmadinedjad mettaient à exécution leur menace de destrution d'Israël? Conclusion de Lorentz: Il s'agit maintenant non plus de dissuader l'Iran d'obtenir la bombe, mais de s'en servir. D'où la menace explicite de "raser Téhéran" en cas d'utilisation de l'arme nucléaire. C'était le message très peu diplomatique que souhaitait faire passer Chirac et reçu 5 sur 5 par son destinataire. Seul bémol: Israël ou ses alliés sont-ils en mesure d'intercepter en vol un missile nucléaire avant que celui-ci n'ait quitté l'espace iranien? Mais l'essentiel est que les fanatiques iraniens pensent que cette éventualité est suffisament sérieuse pour réfléchir à deux fois avant d'appuyer sur bouton nucléaire.

PS: Le verbatim des deux entretiens accordés par Jacques Chirac au nouvel obs et au New York Times sont très instructifs. Il est impensable que Jacques Chirac se soit cru "off the record"

3 commentaires:

Philippe a dit…

Pour étayer votre développement de l'info du jour :
http://www.cicad.ch/index.php

Arbogast a dit…

On ne peut que se réjouir de voir enfin Dominique Lorentz à la télé, bravo donc pour votre interview.
Il serait peut-être intéressant désormais d'inviter l'un ou l'autre journaliste, éditeur ou producteur ayant participé au blackout de Dominique Lorentz de manière à dénouer le mécanisme qui permet à un Etat d'occulter totalement les vérités qui dérangent.

Anonyme a dit…

Si je me souviens bien de Dominique Lorentz alors
"Dans la certitude de l'incertitude
.......
l'Avis c'est la vie
....."
bien évidemment les bombes, le nucléaire, les affaires, tout ça, vraiment ça ne va pas,....
sortons les,... poubelles!

et moi, et moi,je dirais même plus:
"On veut des bretzels, pas des policiers"......