Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

08 février 2005

SPORSORA vous connaissez?

Moi non plus, avant d'assister, hier soir, à la remise des trophées du sponsoring sportif, deuxième édition. Faisait partie du Jury mon ami Olivier Cantet (voir l'aventure de l'heliski au Canada dans mes liens), président de Rip curl europe. Mais j'y étais avant tout dans le cadre de mes "nouvelles activités" de consultant. A force, je commence à devenir un specialiste, puisque je conseille Le Club des Entreprises Paris 2012, dans lequel je retrouve-décidement il me poursuit!- le groupe Lagardère. Un truc passionant en fait.
Bon, hier soir, le sporsora c'était un truc comme les "Césars" du marketing sportif avec un animateur lamentable. Du genre: "Mme Aglietta (presidente de Médiamétrie), vous êtes membre du jury. Avec ça, vous trouvez quand même le temps de faire des petits plats à votre mari?" Ça devait se vouloir drôle. Surtout les remise de trophées (des horribles choses en verre de plusieurs couleurs, ils n'en voudraient même pas à la boutique tout à 1 € en bas de chez moi) étaient entrecoupées de séquences ou les sponsors de la soirée du sponsorring (!) se congratulaient. La soirée Sporsora c'était donc, comme vous l'avez conclu vous même une chouette soirée ou des spécialistes du sponsoring, grâce à l'argent de sponsors organisent une soirée pour récompenser des sponsors (parfois les mêmes). Une activité apparement rentable, si j'en juge par le buffet qui était d'assez bonne qualité. On vit une époque formidable.
Les journalistes on ne devrait jamais les sortir dans ce genre d'endroit. Ils font aussitôt du mauvais esprit.
C'était assez"couloirs", non?

10 commentaires:

Raphaël a dit…

Ca, c'est pour moi, et j'avoue qu'on avance un peu ;-)))) Quand est-ce que tu viens sur pilpoul ? Y a plein de journalistes, des gens de l'Ena, des écrivains, des traducteurs, ça fourmille de gens ultra-cultivés ! Allez, viens faire un tour.

bob_MC a dit…

C'est bien! Je note un effort important pour devenir langue de vipère...
Plus sérieusement, votre activité de consultant est-elle volontaire ou subie?

Raphaël a dit…

Ah Rip Curl, eh flûte, voilà qu je vais me mettre à chialer... Rip Curl, c'est Hossegor. Hossegor. Il faudrait qu'on se voit, tous ensemble, pour que je lui fasse le rituel vacancier "Ce soir à 21 heures trente, au Jaï Alaï..." etc, je suis amoureux des Landes, je suis attaché à cette marque, parce que c'est la première que j'ai remarquée en arrivant là-bas. On assistait aux premiers runs, qand le surf en France n'était pas encore à la mode, que seul des anciens comme Joël de Rosnay continuaient à entretenir la flamme avec Robert Rabagny à Biarritz avec ses Ours blancs. C'est un pays magnifique, les Landes, les barthes de l'Adour, qui vont jusqu'à Bayonne. Là où j'ai vu pour la première fois des cigognes, une biche avec deux faons à deux mêtres de mois. J'aurais tellement à écrire là-dessus, que j'ai déjà écrit sur le blog de Juppé. Des détails tellement personnels sur sa maison, ses habitudes, celles de Jean-Pierre Labro, ancien responsable de la com' d'Elf puis de la Mairie de Paris, d'Ivan Levaï à Josse, etc, qu'il m'a écrit un gentil petit mot en me présentant ses excuses de ne pouvoir publier mon message, qui dévoilait trop de choses.

Tom Curren, Tom Caroll, d'illustres champions, Laird Hamilton que j'ai eu la chance de voir à Biarritz, moi qui conchie tellement les groupies, j'étais une feuille tremblante, les larmes aux yeux de voir ce dieu du surf devant moi.

Tu sais, tu m'as écris que je venais souvent lire tes écrits. Mais c'est normal. Pour moi, un journaliste, c'est quelqu'un qui observe et qui retient, qui raconte. Je ne fus jamais aussi heureux que quand Europe 2 me fournit l'occasion de chroniquer tous les jours sur les vacances dans la côte sud des Landes. J'étais si peu s^r de moi à cette époque. mais aujourd'hui, je sais que je peux faire un carton. Parce que je n'ai peut-être aucune culture, pas de voix grave comme il sied à chaque homme ou femme de radio, mais j'ai des yeux qui scrutent. Qui repèrent tout et tout le monde. Qu'Europe 1 et Rtl furent mes écoles. Si j'ai évoqué ici Jean-Louis Caldéron, ce n'est pas un hasard. Je voulais être comme lui, essayer d'expliquer avec des mots simples pourquoi des hommes fanatisés posaient des bombes dans Paris en 1986.

Un jour, je le sais, ça viendra. Le temps est mon allié le plus sûr.

Raph.

Raphaël a dit…

Le plus vieux de mes cousins vit à Bucarest. Ses trois enfants sont scolarisés au complexe scolaire portant son nom. Ne l'oublions jamais. Jamais.

Raphaël a dit…
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DS a dit…

Il dort jamais, Raphaël ? Ou il est salarié de l'Arbalète, en charge des commentaires à répétition ?

lergotteur a dit…

Ca, pour du "couloirs" c'est du "couloirs" !! Ta capacité d'adptation m'impressionne ! On passe de l'arbalète au caméléon, du "Monde" à "Voici", bref tu nous as tous convaincus.
What's next ??

See you in London

Sylvain Attal a dit…

Didier, tu serais pas un peu jaloux. Raphael stp fais lui un com (voir onglet de mes favoris)

Raphaël a dit…

Euben en fait, Sylvain est de ces quelques jouralistes que j'estime. Et quand j'estime, ça se sait. Si ça peut paraître propagandiste, eh bien, je l'assume ;-)
Lui-même doit en être gêné !

Raphaël a dit…

Sur le procès papon diffusé sur Histoire :

La manière de filmer, les perspectives, la disposition du prétoire, la tension des parties civiles, le président de la cour dont à l'époque, on n'a peut-être pas assez souligné le calme et la précision, c'est une fantastique document.

Depuis que je suis parti, je n'ai pas quitté cette fragilité psychologique. Peut-être même est-elle augmentée. Mais je ne me serais pas crû capable de supporter cette réalité. Ce quotidien banal d'un homme qui faisait son travail, et dont on s'arrache les cheveux à obtenir quelque aveu de culpabilité de quelque sorte. Je ne sais pas ce qu'est devenu le président Castagnède après le procès. Sûrement qu'il a vite voulu rejoindre l'ombre. Je me demande comment il pouvait lui rester quelque cheveu après chaque audience.

Plus qu'avec Barbie où là, vraiment, les acteurs du procès étaient confrontés à l'abject, et on ne pouvait éprouver aucune pitié pour l'accusé, plus qu'avec Touvier, qui avait agi, qui avait du sang sur les mains, je crois que Papon résume en une seule personne l'ambigüité du régime de Vichy. Enfin, finalement, d'ambigüité, il ne fut jamais question, puisque l'Etat français était de la Collaboration de la première à la dernière heure.

Surtout, ce qui me frappe, D' merci, je n'ai pas vécu pendant la Guerre, c'est que les documents versés au dossier, dans leur forme dactylographiée, à en-tête, etc, sont peu ou prou les mêmes que ceux d'aujourd'hui. Que même sous un régime d'exception, car enfin, c'était bien un régime d'exception dont il s'agissait, l'administration fonctionnait avec une régularité effrayante, tous les jours de la semaine, du lundi au samedi. Ce qui me frappe plus encore, c'est que la même chose est donc possible aujourd'hui. Avec la même férocité, la même brutalité, la même déférence aussi, envers l'autorité, fût-elle allemande, ou autre.

C'est ici qu'on vient à comprendre que par tous les moyens, même les plus répréhensibles, tant pis, l'Europe, son unification, sa construction et son fonctionnement, aussi bancal qu'il puisse être, sont vitaux. Vitaux.

A ce point de ma réflexion, qui s'effraye à l'idée qu'il a existé un bureau des questions juives, comme il existerait un bureau des questions de pêche, ou de modélisme, pareil, je ne veux pas laisser sous-entendre qu'être contre l'Europe, c'est l'être en vue de favoriser un retour d'un régime de type autoritaire sinon dictatorial, bien que parfois, je me surprends à le penser. Mais au vu de ces images, de la BANALITé administrative, du peu de cas que l'on peut faire d'une vie humaine en pareil cas, suborné que l'on est par la force, étrangère ou pas, il ne doit plus subsister d'hésitation : chérissons l'Europe comme moyen de vivre ensemble contre le retour de toute forme d'autoritarisme militaire ou para-militaire. Et j'ajouterais même les JO, pendant qu'on y est.

J'ajoute pour finir que le programme de Tf1 fondé sur justement l'apprentissage de la force militaire, au-delà du ton faussement humoristique de la chose, m'inquiète.

Raphaël Ader.