Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

01 juin 2006

Et si le Tony Blair Français était UNE Tony Blair?



Elle était tendue, Ségolène Royal, hier soir à Bondy (dans le 9-3). Elle lisait fébrilement des notes manuscrites, prises sur un bloc A4. Ca ne lui ressemblait pas beaucoup.On la sentait grâve, sachant que les belles âmes de la presse bien pensante, promptes à l'encenser pouvait, brutalement retourner leur veste et la lyncher. Puis vinrent les mots. "Centre fermés" "Encadrement militaire", "sérieuse reprise en main", "remise au carré", "école de parents", "mise sous tutelle des allocations." Il fallait oser et les camarades étaient quand même assez soufflés. Indignation des Fabiusiens et strausskhaniens persuadés d'avoir pris leur rivale en flagrant dérapage. Incertain, Jack Lang se rallia (est-ce prémonitoire?) en faisant mine de ne voir là que de la position des tous les socialistes. Franchement embarassé, François Hollande qui ne s'attendait visiblement pas à ça.
Côté Sarko, le flottement était encore plus sensible, jusqu'à ce que Sarkozy en personne, encourage Mme Royal à "persevérer dans ce chemin", avant de la jouer amusé: "je souhaite bon courage à François Hollande". En effet. Remarquez comment Sarkozy estime que dès que l'on évoque de façon un tantinet sévère les questions de sécurité, il estime qu'on le plagie. Comme s'il devait avoir le monopole de ce thème. Cela fait des années que des électeurs de gauche sont tentés par Sarko, parce que la gauche n'est pas à la hauteur suces questions. Sarko le sait qui leur fait régulièrement des avances. Là, on le sent péoccupé par cette concurrence naissante face à laquelle il se devait de faire "buona figura".
Jean-Luc Mélanchon a vu juste, en voyant là du "Tony Blair pur jus". Et oui, et c'est précisément cela qui est révolutionnaire. L'électorat socialiste attend sans doute celà, désespérement . Les adhérents, qui seront maitres du choix du candidat, sont censés, eux, préférer un bon vieux candidat "anti-liberal". C'est sous-estimer leur désir de renouvellement, surtout celui des 60 000 nouveaux adhérents qui payent 20 euros pour participer à cette primaire. Fabius, et aussi DSK, pensent que la question sociale sera prépondérante. Royal parie, elle, que les électeurs de gauche se prononceront avant tout sur les questions culturelles et de société (sécurité, éducation etc...). On peut objecter qu'elle fait, un peu tôt, une campagne de second tour. Mais on ne peut plus dire qu'elle n'a pas d'idée. Et qu'elle ne prend pas de risques.

6 commentaires:

Henri a dit…

Ségo des idées? Comme vous l'avez précisé Sylvain, à la manière dont elle lisait ses notes, et surtout du contenu pompé sur Sarko, je ne vois pas ou sont ses idées! En ce qui me concerne, et comme de plus en plus de membres de la communauté israélite, et de bien d'autres francais, je n'espère plus rien, en ce qui concerne ma sécurité, du PS et de l'UMP! Précisons, que je n'ai jamais cru au PS!

Eric Mainville a dit…

Fine analyse.
Concernant Nicolas Sarkozy, notamment. Quand on lit l'article du Monde d'aujourd'hui, on le sent désarçonné.

C'est d'abord l'insulte: "stupide" "incompétente" "pas réfléchie".
C'est rare d'entendre Sarkozy insulter quelqu'un.

Ensuite, il demande à ce que Ségolène Royal le soutienne. Mais si elle le critique, c'est qu'elle n'a pas envie de le soutenir. Réaction incompréhensible.

Plus loin, il déclare: "illisible pour l'électorat de gauche. Elle est sur la ligne de Le Pen. D'ailleurs, elle a repris son slogan, vos idées sont les miennes. La différence entre elle et moi, c'est qu'elle va avoir bien du mal à rassembler dans son propre camp."
Là, il se place dans la position de l'analyste politique et non de l'homme d'Etat. C'est étonnant! Il fait mine de s'inquiéter pour elle.

Quand à Ségolène, à en croire la photo la montrant à la sortie du plateau de TF1, il y a tout lieu de croire qu'elle a sérieusement pris le melon (ce qui avait fait perdre, avant elle, Jospin et Balladur)...

Mikiane a dit…

En phase !
Rigolo aussi la différence sémantique entre "Désirs d’avenir" et "Redonner envie".

"Désirs d’avenir" et "Redonner envie" sont les leitmotivs respectifs de Royal et Sarkozy pour la campagne présidentielle. En psychanalyse les deux termes ont un sens très différents. Melanie Klein pense l'envie comme une tendance à la destructivité visant tout ce dont dépend le sujet. Tandis que le désir est défini comme une tension vers un but, source de satisfaction. En somme, l’un est générateur de mort quand l’autre est facteur de vie.

Ci-joint l'article complet : http://blog.mikiane.com/index.php?entry=entry060602-230928

Mark Spencer a dit…

J'aimerais aussi avoir des réponses sur les questions de fond. Comment réduire la dette et le déficit en faisant du social ?
A part ça elle est sympathique Ségolène, mais le socialisme est-il la réponse aux problèmes du moment ?

gerard a dit…

Segolène Royal blairiste? tout dépend les déclarations que l'on décide de privilégier. Je me suis intéressé à son discours à Cambri (Pas de Calais) le 30 avril dernier. de ce discours les médias n'ont retenu que sa déclaration contre Lionel Jospin sur son "projet socialiste". Elle a quand même déclaré que "Le capitalisme financier est source de guerre civile". J'ai retranscris la partie de son discours suivant:
"L’engagement que je prend ici, dans le Pas de Calais c’est de faire en sorte que si la gauche revient aux responsabilités alors une bonne fois pour toute nous imposeront la juste hiérarchie entre le travail et le capital. Le travail doit être moins taxer que le capital. Le capitalisme financier doit être mis sous contrôle et nous refusons de laisser broyer les hommes et des femmes par la dynamique du libéralisme sauvage.
Aujourd’hui il y a une urgence. Les tenants même du capitalisme financier nous disent aujourd’hui que le capitalisme est en voie d’autodestruction, qu’il est source de conflit, qu’il est source de guerre civile, que les masses de capitaux dans les fond de pensions qui se déplacent d’un pays à l’autre en broyant des individus sont les vraies raisons des guerres de demain. Nos grands-parents ont su créer la Société des nations puis l’Organisation des nations-unies à un moment où on s’est dit « ça n’est plus possible que ces guerres déchirent le monde. Et bien la nouvelle guerre c’est celle-ci. C’est la guerre contre le capitalisme financier qui détruit les hommes et les femmes. Je ne vois pas pourquoi nous aurions réussi après les deux effroyables conflits mondiaux à mettre en place une gouvernance mondiale qui régule ces conflits, qui les prévient, qui les empêche, qui force les hommes à se parler avant de s’entre-tuer. Pourquoi ne pourrions-nous pas mettre en place une gouvernance mondiale pour maîtriser les effets dévastateurs du capitalisme financier. Je crois que c’est possible et ce défi là nous aurons à le relever. "

Le blairisme c'est précisémment rompre avec le fond marxiste qui persistait dans le discours socialiste. Il serait intétesant que lesb journalistes interrogent Mme Royal sur cet Etat mondial qu'elle appelle de ses voeux.

zinnio a dit…

Sarkozy seeks help from Blair

Chirac calls for talks with Anglo-Saxon free marketeer to stop as interior minister seeks PM's advice to boost presidential bid

Alex Duval Smith, Europe correspondent
Sunday June 25, 2006
The Observer

In an effort to salvage his bid for the presidency from the chaos of France's centre-right government, Interior Minister Nicolas Sarkozy has met Tony Blair twice in the past few weeks for advice, The Observer can reveal.

The overture is likely to be regarded with deep suspicion by many Frenchmen, who see Blair as the epitome of the detested free-market 'Anglo-Saxon' model. The unofficial meetings, covering both policy and campaign advice, have taken place despite calls from President Jacques Chirac for them to stop. Chirac is opposed to Sarkozy becoming the centre-right's 2007 candidate for President.

The most recent encounter was last weekend when Sarkozy was on a private visit to London to mark his reconciliation with his wife, Cecilia. Officially, he laid a wreath at Charles de Gaulle's statue in Covent Garden and met only Home Secretary John Reid. In fact, as one of Sarkozy's aides confirmed yesterday, France's most ruthlessly ambitious politician also met Blair. The aide, Gerard Longuet, said that comments made by Blair during their meeting had 'inspired' a keynote speech by Sarkozy to his Union Pour Un Mouvement Populaire.

Longuet said the men had discussed the euro and Blair allegedly said: 'We're not in Euroland and have better growth and less unemployment than you. How can you expect my voters to agree [with the French approach to Europe]?' The aide added: 'Nicolas was struck by the argument. He remains impressed by Mr Blair's forthrightness. '

Despite the high-profile Sarkozy has achieved through tough comments on law and order, he is seen by many in his own party as undecided on crucial economic issues and hesitant to take a stand on France's complex relationship with its public sector trade unions. But at Agen last Thursday, his first rally since meeting Blair, he launched a powerful attack on the European Central Bank and called for workers' overtime to be made tax-free, which would in effect dismantle the 35-hour week and expose him to a revolt from the powerful unions.

The revelation of the close relationship between the Prime Minister and Sarkozy comes at a difficult time in the minister's campaign to succeed Chirac. Though the socialist party will not choose its candidate until November, the popular Segolene Royal - who has also expressed admiration for Blair - is neck-and-neck with Sarkozy in opinion polls. While needing to carve out a clear campaign in the face of competition from Royal, Sarkozy needs to distance himself from the unpopular incumbent government of which he is part.

Last week, when Prime Minister Dominique de Villepin caused uproar in the National Assembly by insulting François Hollande, leader of the Socialist party, Sarkozy had stay uncharacteristically silent. The issue that led to the furore was the delays to the Airbus A380 project and allegations of insider dealing in the Franco-German EADS partnership. The EADS debacle is expected to dominate French politics this week, but Sarkozy has opted to travel to French Guyana on a mission to stamp out illegal gold mining.

Leaving the country is no way to win an election in the long run, but for his previous unofficial meeting with Blair, according to French sources, Sarkozy spent a weekend in Florence. The two men first met in 2002 after Sarkozy had reached an agreement with then Home Secretary David Blunkett over the closure of the Sangatte immigrants' centre.

In spring 2004, when he was finance minister, Sarkozy made his first request for a head-to-head with Blair. The Elysee Palace was not keen, but it is believed that Peter Mandelson intervened and a meeting was arranged for 25 May. Last October they met privately at a hotel in London, after the Elysee had asked Downing Street to turn down a request for an official encounter.

Most tellingly, Sarkozy's campaign team - 'The Firm' - has drawn direct inspiration from the Blairite spin tradition. According to Le Monde journalist Philippe Ridet, 'La Firme Nicolas' is a crack team of thirtysomething workaholic men, with the latest mobile phones, Ralph Lauren suits and an image-building obsession that stops at nothing: 'It's a political style we have never seen in France before.