Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

01 avril 2007

Le "Sarko bashing", dernier argument de campagne de la gauche

Je ne crois pas qu'il faille élever une stèle à Sarko. Sur la sécurité il a été plus souvent dans la pause, genre matamore, que dans la lutte efficace contre la délinquance. Il a préféré les opérations coup de poing médiatisées, comme après la mort du petit Sidi Ahmed en 2005, le gamin de la Courneuve qui lavait tranquillement la voiture de papa, le jour de la fête des pères. Au lieu de nettoyer la cité des 4000, comme l'avait promis Sarkozy, la BAC a fait une descente dans une ou deux caves devant les caméra de TF1, avec un maigre butin, puis les affaires ont repris "as usual". C'est ça qu'il faudrait reprocher à Sarkozy, plutôt que d'avoir stigmatisé la "racaille".
Au lieu de cela, la gauche de Laguiller à Royal et même à Bayrou préfère le "Sarko bashing" après les émeutes de la gare du Nord. (Ce que Libération a cru devoir appeler, dans une candeur touchante, "le début d'émeute"). La gauche est, sur ce sujet, en pleine régression. Je ne crois pas que cela lui profitera. Conseillée par Chevènement et par Dray on attendait mieux de Ségolène Royal qui semblait avoir donné des signes de rompture avec l'angélisme de la gauche bobo. Mais, avec cette démagogie de banlieue, elle doit fantasmer sur les deux millions de nouveaux électeurs, qui se trouvent surtout dans les grandes agglomérations, pensant que de la même façon qu'elle a gagné l'investiture du PS grâce aux nouveaux adhérents, elle va moissonner de ce côté là. C'est son choix. Ça ne fait pas de la grande politique.
Il est au fond inadmissible d'entendre la gauche excuser les casseurs de la gare du Nord, sous prétexte que Sarkozy aurait créé ou laissé se développer la tension entre la "jeunesse" et les flics.
Je n'en peux plus d'entendre ce terme de "jeunes" pour désigner les voyous qui estiment que la police doit rester les bras croisés devant la fraude dans les transports en commun et laisser les resquilleurs ne pas payer leur ticket, pendant que des millions de braves cons payent chaque mois leur carte orange pour aller bosser.
Des jeunes, des jeunes des banlieues, j'en ai vu, pas plus tard que cet après-midi, place du Trocadero, donner par un beau dimanche de printemps pour les passants un spectacle de Hip hop pour quelques dizaines d'euros. Polis, drôles, respectueux de ceux qui voulaient seulement passer leur chemin, jetant leurs chewing-gum dans des sacs en plastique...Un bonheur!
J'en ai assez que la gauche s'emploie à ressembler à la caricature d'elle même. Pire, ça me met en rage...

11 commentaires:

Une petite pose ? a dit…

Sarkozy ? dans la pause ? c'est le côté lexomil, cache-col, cool-cool qui vous fait dire ça ? ;-)

À force d'être dans la pose, genre matamore, il ne connaît pas de repos.

À moins que ça n'augure du second tour Ségo-Bayrou ? pour le coup, on serait dans la pause-carrière.
C'est assez tentant : ça nous ferait du bien nous aussi de ne pas avoir de poussées anxiogènes le matin à la radio, au réveil, dans la lecture de nos quotidiens préférés, en surfant sur le net à l'affut des nouvelles informations sur la campagne, où en zappant le soir sur toutes les chaînes pour le journal de 20 h.

Djibril a dit…

C'est quoi le "sarko baching"? C'est une des petites phrases de la campagne dont se délectent les journalistes ? Ce sont les approximations des candidats (qui en commet le plus ?) ? La gauche a excusé les casseurs, ah bon ? Où ça ? Avec quels mots ?

Loïc Decrauze a dit…

Naïveté opportuniste des uns, rage gesticulatoire des autres : se croiser les bras en attendant que le petit jeu démocratique se passe...
http://pamphletaire.blogspot.com

bdu a dit…

VOtez Lucette le programme qui a du chien !

Stephane Deschanel a dit…

Ségolène Royal, lorsqu'elle a réagi à cet évènement (appelons-le émeute si vous y tenez, je n'ai pas de problème avec les mots) a bien commencé par dire qu'il fallait payer son titre de transport et ne pas se rebeller si l'on était contrôlé.

C'est une réaction qui a été reconnue, par les stratèges journalistes que j'ai vus, comme très bonne. Elle marque une nouvelle fois la rupture de la candidate avec la gauche du passé, moins raisonnable, qui excusait tout. La fermeté à l'égard des délinquants figure dans le pacte présidentiel.

Mais, oui, nous voulons aussi une politique de prévention de la délinquance, qui passe par l'éducation et l'accompagnement de tous les jeunes, pour éviter qu'ils ne deviennent ces "faux" jeunes que vous décrivez.

Anonyme a dit…

Dommage que souvent les commentaires de vos billets n'ont pas la qualité de ceux-ci. Ils tombent notamment souvent dans la caricature et la facilité.
En tout cas, merci pour ce blog, moi j'aime lire vos réflexions.

Anonyme a dit…

Dommage que souvent les commentaires de vos billets n'ont pas la qualité de ceux-ci. Ils tombent notamment souvent dans la caricature et la facilité.
En tout cas, merci pour ce blog, moi j'aime lire vos réflexions.

Anonyme a dit…

cher sylvain,
il est regretable ,en effet de vouloir se defiler comme le fait le ps sur des actes de violence trop de lacheté semantique , et on en arrive avec une gauche complaisante avec une frange de la jeunesse issu de l' emigration musulmane qui vomit les valeurs républicaines et la représentation de l état.
par ailleurs les casseurs de la gare du nord ne font que renforcer le poid electorale du fn tout cela est tres grave et dangereux pour ce pays.

Anonyme a dit…

Cher Sylvain, je reste un peu sur ma faim sur votre blog. J'ai beaucoup d'estime pour votre travail, pour votre souhait d'être un journaliste indépendant. D'ailleurs, votre émission sur RMC-info était effectivement une émission "poil-à-gratter" comme vous le souhaitiez.

Or, certes vous constatez le bilan mitigé de Nicolas Sarkozy, ajoutant qu'il a réussi à ce qu'on n'en parle pas trop, mais vous semblez plus réserver vos critiques pour la gauche qui selon vous verserait dans l'excuse : "Il est au fond inadmissible d'entendre la gauche excuser les casseurs de la gare du Nord, sous prétexte que Sarkozy aurait créé ou laissé se développer la tension entre la "jeunesse" et les flics." écrivez-vous. Je vous rappelle que Ségolène Royal a "commencé par dire qu'il fallait payer son titre de transport et ne pas se rebeller si l'on était contrôlé", comme l'indique un autre post.

Je suis d'autant plus surpris par votre réflexion en la matière que Ségolène Royal a une position très ferme concernant la délinquance (voir l'encadrement militaire des délinquants par exemple), ce qui n'était évidemment pas la vision de Daniel Vaillant qui porte une très lourde responsabilité dans l'échec du PS en 2002. Mais contrairement à Nicolas Sarkozy, elle n'a pas qu'une vision répressive des choses. Il est ahurissant de constater la vision manichéénne du candidat de l'UMP. Pour lui, il semble toujours y avoir les bons et les méchants, et il verse lui dans la provocation. Je vous rappelle que M. Guilliani, lorsqu'il était maire de New-york, a erradiqué la violence inouïe qui régnait dans sa ville et il a mis moins de temps que M. Sarkozy n'a passé au ministère de l'intérieur. Notamment parceque tout en ayant une politique musclée, il était, lui, efficace et ne tombait ni dans la carricature, ni dans la provocation.

En l'occurrence : pourquoi ne pas commenter sur votre blog les déclaration de M. Sarkozy :

«Je suis de ceux qui pensent que la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale." J'aimerais entendre Arno Klarsfeld à ce propos, lui qui rappelait à juste titre que non, la France n'a pas été tout entière résistante. Moi, je suis d'accord avec Chirac : Vichy, c'était la France, donc l'histoire de notre pays ne fut pas uniquement glorieuse. Je souhaite donc que mes coreligionnaires qui sont tentés par voter Sarkozy (je le dis tout net : pour moi, il n'y a pas de vote juif) comprennent enfin qu'il n'est pas notre ami.

«J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile [...]. Il y a mille deux cents ou mille trois cents jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable». Pour lui, l'inné semble plus important que l'acquis.

Et puis son souhait d'avoir moins de ministres (15 seulement), mais quand même un nouveau pour "l'imigration et l'identité nationale", le seul qu'il explicite aussi clairement ; sans doute parce que pour lui il est plus important que les autres. D'ailleurs Simone Veil a émis des réserves concernant ce ministère.

Plus les accusations du Canard enchainé concernant ses menaces de licenciement de la direction de France Télévision s'il est élu. Moi, je constate simplement que sa manière intimidante de répondre aux journalistes me gêne fortement et augure mal de la liberté de presse s'il était élu.

Bref, il y a quand même beaucoup de choses à dire, à débattre, non ? Alors débattons !

Samuel (anciennement 23 ans, de Lyon).

Sylvain Attal a dit…

Qui aime bien châtie bien...Sans doute suis-je plus agacé par les errements d'une gauche qui s'eternise dans des carcans idéologiques dépassés que par les excès de Sarkozy. Je vous l'accorde

Anonyme a dit…

SR ne me semble pas correspondre à cette gauche engluée dans des carcans idéologiques. Pas du tout même. Elle est plutôt blairiste. Elle a dit et répété qu'elle est était contre l'assistanat, pour la flexsécurité scandinave et pour coupler répression et prévention.
Mais NS, je le dit et le répète : il me glace ! Depuis Israël puis New York en 2002-2003, j'étais c'est vrai content qu'il ait remplacé Vaillant à l'intérieur. Il est également vrai qu'il a été efficace au début. Mais le bilan de son action au bout du coup est mauvais. Tout ce qu'il fait, c'est de la provocation et de la com'. Et concernant les mesures sociales, ce qu'il promet (baisse des impôts,...) va plus loin que ce qu'à fait Tatcher ! Le Royaume Uni a mis du temps à s'en relever. Donc moi, je préfère une blairiste, soutenue par DSK, Badinter et Delors (SR), à un type genre Tatcher (NS), ou à un autre qui reste dans le flou pour flouer l'électorat (FB).
Samuel.