Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

17 mars 2006

Matignon et le péril jeune

Liberation nous apprend ce matin que le CPE est sorti du cerveau d'un jeune technocrate qui a fait ses débuts au Parti Socialiste, côté "jeunes rocardiens", Louis-Charles Viossat. Passé ensuite par le cabinet de Jacques Barrot, il se retrouve au moment de la canicule 2003 directeur de cabinet du ministre de la santé Jean François Mattei, où, selon libé, il a brillé par son absence durant la crise, laissant le soin à son adjointe de gérer la crise. Recasé dans une usine à gaz administrative, c'est lui que Villepin est allé chercher pour lui confier le dossier de l'emploi des jeunes.
Peut-on imaginer plus bel exemple de la façon dont se font les carrières dans la haute fonction publique. où aucune faute ne se paye jamais très longtemps. Responsable mais pas coupable, et surtout hautement recyclable! On connaît la suite. Le CPE n'est peut-être pas une mauvaise mesure mais son accouchement technocratique peut expliquer la façon dont il est perçu dans une partie de la jeunesse. L'autre explication, comme le note aussi Libé, c'est que ni Matignon ni l'Elysée n'ont de conseiller chargé des questions interessant la jeunesse!

2 commentaires:

no more anonymous a dit…

Désolé Sylvain, mais je ne vous suis par pour le coup, sur ce texte qui semble lier un parcours technocratique type et un CPE dont on ne sait à vous lire s'il est "bon" ou "mauvais".
Je suis le premier à critiquer la filière professionnelle "publique", du salarié EDF privilégié au PDG d'entreprises publiques ou apparentées et qui sort de l'ENA (voir le parcours exemplaire d'un Messier).

En revanche, cela ne suffit pas, à mon sens, à analyser les défauts et qualités du CPE. Il ne fait que témoigner, une fois de plus, que les étudiants sont hypersensibles à la notion d'égalité. Ceux qui ont 20 ans aujourd'hui n'étaient pas nés lors de smanifs contre le projet Devaquet, il ne s'agit donc pas d'un conformisme acquis peu à peu. L'étudiant français ne supporte pas l'idée de formations à plusieurs vitesses, d'embauches à plusieurs visages, etc. Même s'il est parallèlement exploité dans les stages qui, n'en doutons pas, continuerons comme si de rien n'était.

Un point à souligner : licencier un jeune embauché avant les 2 premières années ne coûte pas grand chose à une entreprise. CPE ou pas CPE, c'est 1 ou 2 mois de salaires à sortir et basta. La différence, c'est que le titulaire d'un CPE ne pourra plus récolter quelques compensations aux prud'hommes (à moins que le licenciement soit abusif, comme dans le cas de grossesse par exemple).

Autrement dit, le CPE n'aura d'effet qu'à la marge et aurait du concerner les petites entreprises, celles qui justement connaissent mal le droit social et ont peur des prud'hommes liés à tout licenciement. Il faut en effet savoir que dans une très grande majorité des cas, le salarié licencié obtient quelque chose, c'est un peu le solde de tout compte amélioré.

Je rappelle la proposition de gauche type "emploi jeune". Là, c'est de l'emploi subventionné type (nos impôts paient les salariés d'associations ou de services publics), avec des résultats en fin de course assez criticables. Au point que le ssocialistes ont eu le culot de demander la prolongation d'emplois dont ils avaient eux mêmes défini la durée limitée.

J'ajoute perfidement, qu'une partie des étudiants en ce moment dans la rue vont intégrer des bastions de corporatisme comme les grands groupes bancaires, France Telecom, etc... Ils vont à leur tour profiter de positions privilégiées (35 h "cool", ticket resto, 13+14ème mois, CE généreux, etc).

Bref, instaurer ou retirer le CPE n'aura guère d'effet sur le marché de l'emploi parce qu'il n'a aucun effet sur l'économie. On connaît les quelques secteurs qui manquent de main d'oeuvre, et le CPE n'y a aucune espèce d'influence. Bâtiment, Restauration, artisanat... Pour le reste, c'est un problème classique de carnet de commandes insuffisant. Je peux témoigner que dans mon secteur d'activité de service, en province, c'est la commande publique et celle des collectivités locales de tout poil qui assurent la survie.

Anonyme a dit…

Je crois que ni Chirac ni Villepin ne savent ce que c'est qu'etre jeune car il sont nes vieux. Ces charlots gravitent dans les lustres des palais depuis toujours, que savent ils de la galere ? Rien. Meme leur progeniture a une cuiller en or dans la bouche alors comment peuvent ils connaitre la France reelle ?
Le CPE est sorti d'une tete d'oeuf qui ne sait pas ce que c'est qu'une clef de 13 ou qui n'a jamais connu les chantiers derriere une betonniere au black ou l'arriere cour des atelier d'une megisserie ou d'un garage miteux pour bouffer, moi je sais qu'un patron qui a un boulevard avec cette periode d'essai de 2 ans en profitera a fond pour exploiter a mord les plus faibles d'entre les djeuns car dans 90% des cas c'est dans la mentalite des patrons franchouilles de serrer la vis pour tenir les mecs en laisse par plaisir. On devrait plutot baisser les charges pour les artisans pour qu'ils puissent embaucher plutot, car eux ont de vrais emplois economiquement viables a pourvoir mais ne peuvent pas embaucher...
Chirac et Villepin c'est l'archetype de la technostructure completement a cote de ses pompes... facon Juppe en plus classe et moins rigide... mais aussi brasseur de vent et has been.
Et pourtant la societe FR a bien besoin d'un coup d'air frais. Merde in France.

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