Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

13 novembre 2005

Nos medias sont-ils devenus fous?

Voici 17 jours que la France s'est embrasée et ce dimanche, je lis, éberlué, dans une dépêche d'agence, que la "situation revient progressivement (!) à la normale" (Reuters), car il n'y a eu que 374 voitures brûlées lors de cette 17ème nuit de violence. Et par une autre (AFP) que "le retour au calme est perceptible, malgré "quelques incidents".
Quelques incidents?
Pour la première fois, ce samedi des affrontements ont eu lieu, place Belcourt, sur les Champs Elysées de Lyon, entre casseurs et policiers.
Par ailleurs, se manifestent, ça et là, pour la première fois, des opérations de représailles, aussitôt suivies d'ailleurs de contre-représailles: Vendredi, un engin incendiaire a été lancé contre une mosquée de Carpentras, au moment de la prière. Le lendemain c'est celle de Lyon qui était visée. Samedi toujours, une voiture bélier était lancée contre une école maternelle de la Carpentras. Cela aurait pu être une église.Ça s'est vu ailleurs. Inquiétant. Des signes avant-coureurs d' une guerre civile ethnico-religieuse?
En tout cas, pour moi cela a tout de l'aggravation.
J'avais en effet fini par admettre, avec France3, que la litanie du nombre des voitures brûlées ne constituait pas un indicateur intelligent de la réalité dans les banlieues. Je ne comprenais pas pour autant la décision de la chaîne qui avait, pour cette raison, renoncé à donner ces chiffres. Mais il faut aussi admettre que quand les chiffres baissent, ils ne veulent pas dire grand chose non plus.
On le voit la tactique des émeutiers a changé. Ils veulent chercher le contact dans les grands centres-villes. Comment vont réagir France 2 et TF1 qui ont décidé, elles, de ne plus donner le nom des cités qui brûlent (F2) ou de ne plus montrer des images de voitures en flammes (TF1)?
Je ne comprends rien à cette vague d'autocensure, sinon qu'elle ajoute aux malheurs de la France. Nous sommes dans un pays où les élites ne veulent décidément pas voir la tragédie, et ont dramatiquement intériorisé la culpabilisation bien-pensante qui ferait des medias les responsables de ce soulèvement des banlieues, de la France entière la grande fautive pour ne pas avoir suffisament fait de place à ces enfants d'immigrés ramenés à leurs seuls déterminants ethniques.
Autre chose: Ces scènes de défoulement collectif étaient par exemple décrites dans les paroles du chanteur rap Monsieur R (adulé par Besancenot). Mais quand les rappeurs parlaient de la France comme "d'une garce", ou de "niquer la police", on n'a pas voulu les prendre au pied de la lettre, de peur de ne pas sembler assez "moderne".
Pour une réflexion approfondie, pessimiste et lucide de ces événements comme affolement de la modernité, écoutez la denière émission d'Alain Finkielkraut sur RCJ
Pour une vision encore plus noire, celle de Maurice G Dantec, interviewé sur radio Canada

5 commentaires:

Nimbus a dit…

Je reagis encore, pour etre critique une fois de plus, desole...

Dantec c'est un facho. Un reactionnaire de la pire espece. C'est pas pour rien que les gens de france-echos reprennent ses propos. Vous l'avez lu "le theatre des operations" ?

Son interview est a vomir, enfin je dis ca, faites preuve d'un peu d'esprit critique... on les attends toujours les Ak47 qui fleurissent sois disant en masse.
Allez voir les reactions ici:
http://www.france-echos.com/actualite.php?cle=7517

Par ailleurs:
Malaise persistant autour du "cas" Maurice G. Dantec LE MONDE | 11.02.04 | 13h34 L’écrivain français, figure du "néo-polar", assume sa défense de l’Occident chrétien contre l’islam et ses lettres ouvertes au groupe d’extrême droite Le Bloc identitaire. Y aura-t-il une affaire Dantec ? La publication de trois lettres de l’écrivain au groupe d’extrême droite Le Bloc identitaire a jeté le trouble (Le Monde du 23 janvier). L’auteur des Racines du mal aime la provocation, surtout depuis qu’il s’est lancé dans la publication de son "journal métaphysique et polémique", Le Théâtre des opérations (Gallimard, 2000 et 2002). Comme d’autres auteurs de romans noirs, Maurice G. Dantec passait alors, avec ces volumes, sous la couverture blanche de Gallimard et changeait de statut. A mi-chemin entre l’écrivain maudit et la vedette de rock - il a joué dans des groupes, avant de remonter sur scène avec le musicien Richard Pinhas -, son look déjanté attirait la curiosité des médias et du monde littéraire. Dans les deux volumes de son journal, il dit détester l’ONU ("l’onuzisme"), "l’hypocrisie jésuitique antiraciste" et "la démocratie totalitaire humanitaire". Exilé au Canada, à la fin de 1998, il commente l’agonie de "Zeropaland" et prend la défense de l’Occident chrétien, citant pêle-mêle Léon Bloy, Pierre Drieu La Rochelle, Joseph de Maistre, Jean Madiran, à côté de Nietzsche, Deleuze, Cioran, Revel, Huxley ou Houellebecq. On trouve, disséminées dans près de 1 500 pages, des assertions comme : "Cinq skinheads violent une jeune Sri-Lankaise. Crime raciste. Cinq zulu-brothers violent une jeune Blanche. Drame des banlieues." Ou encore : "La seule minorité à qui on interdit le droit (moral) de se défendre : l’hétérosexuel blanc, riche et cultivé." Il assume, comme il le dit dans sa lettre au Bloc identitaire, d’être "définitivement étiqueté "fasciste" ou "white trash" par la presse des bobos". Dans ses lettres aux "identitaires", il commence par évoquer son "désaccord profond" avec le groupuscule sur la civilisation américaine et "l’importance stratégique du royaume d’Israël dans notre lutte contre l’Antéchrist coranique". Il salue leur "combat, sans doute bien difficile, pour empêcher la dissociation de la France, l’islamisation de l’Europe, la dissolution de l’Occi-dent (le vrai)". Il évoque son exil au Canada pour "protéger - sa famille des exactions de nos amis les Chances-pour-la-France -allusion au livre L’Immigration, une chance pour la France, de Bernard Stasi -", afin que sa fille ne devienne pas "la proie des bêtes sauvages". [...]

Sylvain Attal a dit…

J'attendais une réaction: Dantec Facho, ça n'a pas tardé. Je ne partage pas la même mansuétude que Dantec pour les gens du bloc identitaire, loin s'en faut. Mais je constate qu'il a su aussi se distancier sur certains points. Ce qui les réunis c'est evidement une certaine conception de l'islam qui rejette l'angélisme poltiquement correct. Ce qui me gène c'est le risque de stigmatiser des millions de braves gens qui pratique cette religion dans un esprit humaniste. Mais en même temps je crois qu'il est temps de se rendre compte du rôle politique re joue l'islam sur toute la planère et jusque dans nos banlieues. Effectivement on peut ressentir que nos valeurs sont en danger. les miennes ne sont peut être pas exactement les mêmes que celles de Dantec mais s'il dit qu'il pleut sous la pluie alors que tout le monde prétend qu'il y a du soleil, je ne vais certainement pâs dire le contraire même si "france echo" le reprend.
Pour moi l'islam politique est bien le nouveau totalitarisme, un fascisme vert.

Nimbus a dit…

Bonjour,

le cas Dantec m'interesse: j'avais aime ses premiers livres mais il a pete un cable apres le 3e.

Je suis d'accord: l'islam politique est dangeureux. Mais assimiler nos banlieues aux territoires palestiniens, c'est un peu trop violent, a mon gout, et ca donne du grain a moudre aux imams extremistes.

Donner une image des banlieues faites de viols, de Ak47 de sauvages est a la fois errone et dangeureux.

Combien de Ak47 pendant les emeutes ? combien de drapeaux verts, de keffieh ?
combien d'imam appelant a l'insurrection ? combien de blesses par balles ?

Et puis le laius de Dantec sur la culture rap-de-mort... Il a jamais ecoute un album en entier. Alors le Death metal de facho ne pose pas de probleme, le punk d'extreme gauche non plus, mais le rap si. Pourtant il n'y pas que des morceaux 'violents'. D'autres appellent au respect des femmes. D'autre a la responsabilite. D'autre encore condamnent les imams et les drapeaux vert. Mais tous ces gens causent sans savoir, comme d'habitude, ils ont un avis eclaire sur tout.

VinZ a dit…

Pour moi, Dantec est un peu comme Fallaci : à la base, il est tout sauf raciste, mais il déteste tellement l'islam qu'il en arrive à détester les musulmans... et à commettre quelques dérives racistes.

C'est bien malheureux, car ça rend caricatural son discours qui, à la base, est plutôt intéressant à entendre, ne serait-ce que pour avoir une diversité de points de vue, et se forger sa propre opinion sur l'islam.

steack a dit…

A propos de Dantec, personnellement ce qui me dérange chez lui, ce n'est pas qu'il n'aime pas l'islam (une religion qui interdit de manger du porc donc du saucisson ne peut être recommandable) et qu'il insulte cette religion, c'est plutôt qu'il se présente comme un écrivain catholique et n'insulte donc jamais la religion catholique ou les autres religions et croyances (juive, boudiste...).
Pour paraphraser Cavanna, "Les religions rendent con, les religions vous prennent pour des cons".