Le blog de Sylvain Attal/ "La vie n'imite pas l'Art, elle imite la mauvaise télévision." W.Allen

29 novembre 2005

L'intox de Villepin sur CNN


"Corriger l'image de la France" est légitime. Encore faut-il se garder de traversir la réalité:

PARIS (AFP) - Alors que les violences dans les banlieues ont rencontré un large écho, notamment aux Etats-Unis où certains médias ont évoqué une France à feu et à sang, Dominique de Villepin a tenté de corriger cette image en livrant mardi son analyse de la situation sur CNN International.
Dans un entretien accordé en anglais dans un salon de l'Hôtel Matignon à la journaliste vedette Christiane Amanpour, le Premier ministre a d'abord déclaré
qu'il préférait parler de "graves troubles sociaux" plutôt que d'"émeutes" pour qualifier cette crise.

"Je ne suis pas sûr que nous puissions parler d'émeutes. C'est très différent de la situation que vous avez connue en 1992 à Los Angeles par exemple. Vous aviez eu à l'époque 54 personnes tuées et 2.000 blessées. En France, pendant ces deux semaines de troubles,
personne n'est mort", a-t-il souligné.

Parmi les causes de ces violences, le Premier ministre a mis en avant "le sentiment de discrimination", soulignant que les personnes impliquées dans les affrontements étaient "très souvent" des jeunes "issus de la deuxième génération d'immigration qui ne connaissent pas leur pays d'origine" et qui souffrent d'une "sorte d'absence d'identité".

Il a réaffirmé, comme il l'avait fait à plusieurs reprises ces derniers temps,
qu'il n'y avait pas de "dimension ethnique ou religieuse" à cette crise "contrairement à ce que nous connaissons dans d'autres parties du monde".

"Ce qui est intéressant, c'est que la plupart de ces jeunes veulent être Français à 100%. Ils réclament une égalité des chances. Notre objectif est donc maintenant de répondre à leurs exigences et de nous fixer comme priorité (des efforts supplémentaires en matière) de logement, d'éducation et d'emploi", a ajouté M. de Villepin.

"Ces jeunes ne veulent pas être reconnus comme musulmans, noirs ou comme des gens issus d'Afrique du Nord, mais comme des Français", a-t-il affirmé.

Rappelant qu'il est opposé au concept de discrimination positive -"l'affirmative action" américaine-, "dont le but est avant tout de prendre en compte la race ou la
religion ", Dominique de Villepin privilégie une aide spécifique aux "territoires qui connaissent des difficultés, en termes d'éducation par exemple".

Plusieurs ministres avaient déjà tenté, auprès de la presse étrangère, de redorer l'image de la France dans les médias internationaux, alors que les professionnels du tourisme commençaient à s'inquiéter d'éventuelles retombées négatives.

Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé avait ainsi invité les journalistes étrangers à "ramener ces incidents à leur juste proportion" et dénoncé "les caricatures qui n'ont pas lieu d'être". Une initiative parfois mal vécue par les intéressés, qui y avaient vu une forme de pression.

Sur CNN, M. de Villepin -qui s'était fait connaître de la communauté internationale en février 2003 en incarnant, à la tribune de l'ONU, le refus de l'intervention militaire américaine en
Irak - a réaffirmé que la France "savait dès le début qu'il était très facile de partir en guerre mais qu'il serait très difficile de sortir d'Irak".

Se gardant de critiquer Washington, il a recommandé la plus grande prudence dans le déroulement du retrait des forces américaines d'Irak: "je pense que le calendrier doit être un calendrier global. Le vrai calendrier sera dicté par la situation irakienne".

La famille du retraité de Stains, battu à mort, celle du père de famille roué de coup à Epinay sur seine, qui a connu le même sort, apprécieront la sortie de Villepin, qui par ailleurs a déjà oublié que, ce week end s'est constitué un "Conseil Representatif des Associations Noires".
Enfin, on sera rassuré de constater que, malgré ses difficultés domestiques, la France avait tout vu, tout prévu, en Irak

14 commentaires:

Antoine a dit…

Villepin a bien sûr oublié deux morts (quatre en tout si l´on compte les deux fuyards electrocutés dans un transformateur). Quoique : le père de famille photographe amateur n´est pas à proprement parler mort "en situation d´émeute".

Mais il a raison : à voir CNN (ou pire Fox) on avait l´impression d´une France à feu et à sang. Les émeutes de L.A. étaient bien pires.

Sur l´Irak, vous n´allez quand même pas critiquer la seule grande décision de Chirac qui fasse l´unanimité (quasi)? Evidemment, qu´il allait être facile de rentrer dans Bagdad (ce sont les américains qui dépeignaient exprès l´armée de Saddam comme la 4ème du monde) et, évidemment, qu´il serait difficile voire impossible de "pacifier" le pays; même la CIA le dit : la seule présence des troupes US est un facteur qui renforce la résistance ou l´insurrection comme vous voulez l´appeler.

Personnellement, voir les amerloques prendre la pâté une fois descendus de leurs tanks ou de leurs F15 me remplit d´aise : il y a quand même une justice sur terre !

On leur avait dit de ne pas y aller ! Maintenant c´est simple : à eux de payer la casse. Comme ils disent "vous l´avez cassé : vous passez à la caisse".

Point positif non négligeable : la mauvaise expérience irakienne empêchera peut-être Bush d´attaquer d´autres pays.

Sylvain Attal a dit…

Du point de vue américain l'intervention en Irak est une faillite absolue. Mais du point de vue irakien? Personnellement je me réjouis de voir Saddam dans un box des accusés obligé de rendre compte de ses crimes. Saddam Hussein restera comme une sorte de petit Staline arabe. Cela compte aussi quand on fait le bilan.

Paulet' a dit…

Mais pourquoi cette intervention serait elle une faillite absolue ?
Il y a des morts, en effet quotidiennement (on parle de 8000 morts irakiens depuis le début de l'intervention) ; mais qu'en était il du temps de Saddam ?
Vous semblez parler du ko des zones sunnites ? Mais les zones chiites et kurdes vous laissent elles indifférents ?
Et croyez vous que l'intervention a crée le terrorisme, ou que plutot, tel les "traitements pour peaux jeunes", elle fait eclore l'acnée qui serait de toutes façons apparue, à Bagdad ou à Paris ?
Quant à la position de Chirac, il porte une responsabilité morale dans chaque mort là bas. Car suis persuadé que la légitimité qu'aurait conféré une coalition plus large aurait été à même de pacifier le pays bien plus vite. Mais non, nous avons préféré etre les amis de nos ennemis, les amis des égorgeurs de tchetchènes, les amis de ceux qui donneront un jour l'arme nucléaire à l'Iran.
Par contre, de façon plus large, se pose dans ce conflit une difficulté que Toqueville avait déjà vu en son temps "il y a 2 choses qu'une démocratie aura tjs du mal à faire : c'est commencer une guerre et la finir".
Pour moi, la principale leçon de cette intervention réside dans cette assertion. En effet voit on déjà la pression de l'opinion américaine pour le retour de ses soldats. Pourtant ce conflit est extremement mineur en terme de victimes américaines. Je ne crois pas non plus que cette pression soit particulièrement due à une impopularité croissante de ce conflit en particulier. C'est la guerre en tant que telle, quand elle ne défend pas son pays sur son propre sol, qui est désormais passée d'époque. Je crois que Bush ou n'importe quel dirigeant méditera à l'avenir les leçons de l'impatience de son opinion publique.
L'Iran a très bien compris cela, d'où son arrogance actuelle. D'où aussi les propos de Sharon en janvier 2005, "l'état d'Israel a tiré les leçons de l'histoire et ne doit compter que sur lui même".
Car en effet, ce que le peuple Américain, les opinions pacifistes et les rainbow "peace" ont enteriné, c'est le remplacement du "droit des peuples à disposer d'eux mêmes" par "le devoir des peuples a se débrouiller eux mêmes" ; bref, une extension de l'individualisme de nos soiétés à la sphère géopolitique.

Anonyme a dit…

Je pense aussi que le bilan de la guerre d'irak devra être fait plus tard. A relire les articles de l'époque, tout le monde prévoyant "un tapis de bombes" alors que les pertes ont été très limitées des 2 côtés (contrairement à 1991 où la France a participé à l'élimination de plusieurs dizaines - centaines ? de milliers de soldats irakiens).

Côté Irakien : une économie en meilleure santé (pas la paradis, bien sûr), des femmes qui votent librement, des kurdes qui vivent librement, des chiites délivrés de la tyrannie. Pas mal du tout !

Je pense également que le fait d'arrêter la décapitation de femmes adultères dans le stade de Kaboul est une bonne chose.

Et que la démocratisation en marche - difficile - dans cette région profitera aux peuples, peuples qui n'ont jamais eu le droit à la parole depuis leur indépendance. La fameuse "rue arabe" n'existe pas, les fameux "pays arabes" ne sont représentés que par des potentats scandaleusement riches par rapport à un peuple miséreux alors que parfois le pétrole coule à flots.
Et il y a très peu d'exemples dans cette configuration que le dictateur laisse paisiblement la place à la démocratie comme le sous-entendent ceux qui ne croient pas que "la démocratie s'impose de l'extérieur". Ils ont oublié la révolution française et oublient le sort, éternel ?, des démocrates emprisonnés.

steack a dit…

Le procès de Saddam prendrait encore plus de sens si les différents présidents (français, américains, allemands, anglais, sud-africains...) et les différents chefs de gouvernement lui ayant vendu des armes sachant le dictateur qu'il était comparaissaient aussi devant cette cour de justice.
Le procés de Saddam Hussein prendrait encore plus de sens s'il avait lieu devant une cour de justice internationale plutôt que dans un pays toujours occupé par une coalition armée étrangère et dans un pays où ont lieu tous les jours des attentats.
Bien sûr que l'opposition de Chirac à cette guerre était plus dûe à son amitié lucrative avec le dictateur irakien plus qu'à un souci humanitaire (combien de civils tués par les bombardements de la coalition?). Mais je préfère quand même que pour de mauvaises raisons, Chirac ait choisi de ne pas y aller. Je précise que je ne suis pas chiraquien, encore moins de droite, je n'ai même pas voté contre Lepen au second tour des présidentielles (il n'avait aucune chance de l'emporter).

Quant au Cran, puisque que je suppose c'est de cette association vous parlez, quelles différences entre elle et le Crif? Sinon vouloir représenter un ensemble de personne appartenant à une communauté, elle-même faisant partie de la communauté française?

Fabrice Trochet a dit…

J’ai écouté cette interview ce matin. J’ai été moi aussi peiné de voir que ce premier ministre minimisait les faits. Cela me semble même dangereux et exaspère la plupart des gens. Les journalistes ne vont pas s’en sortir glorifiés. Et après ils vont se plaindre du manque de crédibilité des médias mais ils en portent une responsabilité. L’Irak : l’avenir nous dira si cela était si négatif. Ce passage à la démocratie me semble préférable ai régime de Sadam

Robert Marchenoir a dit…

"Personne n'est mort."

Ca commence à devenir l'excuse standard, en France. Et pas seulement chez Villepin, aussi chez le citoyen de base.

Vous avez remarqué le nombre de fois où les gens disent "j'ai tué personne" quand ils sont mis en cause pour un délit, même grave, ou pour avoir porté atteinte aux droits d'autrui?

Autrement dit, tant que personne ne meurt, pas de problème, chacun estime pouvoir faire ce qu'il veut.

Charmante conception de la vie en société; inquiétant indicateur de la tolérance croissante à l'égard de la violence individuelle.

Sylvain Attal a dit…

A paulet'
je disais "du point de vue américain": les pertes sont très lourdes à mon sens et les Américains n'ont pas su apporter la sécurité, l'avenir de la démocratie n'est pas assurée, mêmes'il y a un progrès indéniablement. Encore que, on peut aussi discuter de l'opportun ité d'un front lointain qui a pratiquement épargné le territoire national des attaques terroristes (voir edito de Roger Cohen dans IHT). Les pertes irakiennes sont très lourdes aussi, essentiellement civiles, mais elles peuvent être considérées comme le prix à payer pour la libération du pays. En gros je ne suis pas en désaccord avec vous sur l'analyse.

Sylvain Attal a dit…

A Steak
je vois plusieurs différences entre le Cran et le Crif.
mais surtout celle ci, essentielle: le critère de judéité n'est pas racial, il n'y a pas de race juive. Il s'agit d'une communauté de destin, de religion, d'un peuple si on veut.
remarquez il n'y a pas, contrairement à ce que veulent nous faire croire les "craniens" de race noire non plus. A partir de quand est-on noir? Et qu'est ce qui reste qui puisse rassembler un antillais et un africain? Les discriminations? D'autres minorités en souffrent aussi. Reste l'esclavage. Pour les noirs des Amériques c'est évident mais pour les africains? D'ou l'importance accordée en ce moment à cette revendication d'un statut de victime "imaginaire", qui ne saurait, à mon avis, définir un noir aujourd'hui pas plus qu'elle ne définit un juif même si ses grands parents ou arrière grand parents ont été exterminés.
C'est le sens de la République, et cela ne veut pas dire que l'on oublie ce que l'on est et d'ou l'on vient.
Le principe du crime contre l'humanité c'est que toute l'humanité devrait en porter le deuil, de manière indifférenciée.

Emrys Myrdyn a dit…

Monsieur Steack,

Le CRAN ne peut se forger une unité culturelle que « contre » autre chose. Pour vivre aux Antilles, je peux vous dire qu’ici bien des noirs se sentent métis plutôt que noirs et que les africains (c’est comme ça qu’on appelle les noirs qui ne descendent pas d’esclaves ici), sont souvent considérés comme des étrangers.

Les antillais, particulièrement sensibles à la question de l’esclavages, savent le rôle qui a été joué par les africains dans l’histoire de la traite. Ils n’oublient pas que les marchands européens n’avaient souvent qu’à venir prendre possession de « lots » soigneusement préparés par les potentats et les marchands locaux.

Cette unité par la race est factice et mise en avant par des noirs racistes qui veulent radicaliser les positions pour engager un combat. Bien sûr, ce racisme là, le MRAP ne le condamnera pas. Cette association ne cherche pas à représenter, mais à devenir une force ethnico-politique.

Emrys Myrdyn

Robert Marchenoir a dit…

Cher Monsieur Attal,

Ne vous mettez pas à propager, vous aussi, ce canard typiquement et exclusivement français qui consiste à dire que "les races n'existent pas".

Si les races n'existent pas, le racisme n'existe pas non plus, et l'anti-racisme se bat contre un fantôme.

C'est ahurissant le nombre de gens parfaitement sérieux qui rappellent à l'ordre leur prochain à l'aide de cette phrase, qui n'est ni plus ni moins qu'une incantation idéologique, un article de foi.

Quand vous mettez dans un lit un noir et une noire et qu'il se passe des choses, en général le bébé est noir.

Quand vous mettez dans un lit un blanc et une blanche et qu'il se passe des choses, en général le bébé est blanc.

Voilà. C'est ça une race, c'est tout simple, et tout le monde le sait depuis la nuit des temps.

Tout le monde, sauf la gauche bien-pensante française, qui croit que quand on prononce le mot "race" on est raciste, que quand on prononce le mot "odeur" on est raciste (l'affaire des SMS de Fogiel), que quand on dit "you-you" on est raciste (l'intervention du député Grosdidier sur les mariages blancs).

Indépendamment de ce qui disent réellement les gens avec ces mots.

C'est, ni plus ni moins, de la pensée magique et religieuse.

C'est très grave. Ca va beaucoup plus loin que de calomnier des personnes. Ca emprisonne, durablement, les membres de ces "races-qui-n'existent-pas" dans une prison invisible.

C'est le même processus idéologique qui a conduit à l'interdiction, en France, des statistiques ethniques, qui étonne tellement tous les observateurs étrangers.

C'est le même processus qui conduit à se satisfaire d'une théorie (tous les citoyens sont égaux devant la loi, donc il n'y a pas de problème), et à refuser de voir la réalité (les innombrables témoignages individuels qui montrent la discrimination frappant certaines races et pas d'autres).

Je crois qu'avec les récentes émeutes, tous les démocrates sincères ont constaté les effarants dégâts de cette attitude.

Arrêtons donc les discussions théologiques, et attelons-nous aux problèmes réels, qui ne se résolveront pas en effaçant des mots du dictionnaire.

P.S.: sur l'incident du député Grosdidier, voici le compte-rendu officiel de séance de l'Assemblée nationale:

http://www.assemblee-nationale.fr/12/cra/2005-2006/084.asp#P100_20353

Il prouve à l'évidence que la gauche, et une bonne partie de la presse, a fait dire à Grosdidier exactement le contraire de ce qu'il a dit. Ce sont des procédés staliniens.

Pendant qu'on calomnie Grosdidier en le dépeignant comme un méchant raciste et un crypto-lepéniste, on ne discute pas du vrai problème: les mesures qu'il propose pour éviter les mariages blancs sont-elles les bonnes?

Evidemment, c'est moins spectaculaire et plus technique comme débat.

Ou alors, qu'on dise haut et fort à la nation qu'on est pour l'acquisition de la nationalité par mariage blanc, et que les citoyens soient juges.

Sylvain Attal a dit…

Monsieur Marchenoir,
pas de débat théologique là dessus. je me plaçais sur un plan scientifique. Il y a certainement des noirs au sens sartrien du terme, c'est à dire qu'il y a une question noire parce qu'il y a des discriminations et du racisme.¨
Pour le reste je vois absolument ce qu'est une noire et une blanche sur un piano, mais dans un lit... je vois beaucoup de métissage. mais je suis peut-être un peu idéaliste...

Ange Pambault a dit…

Depuis quand la couleur noire constitue une race, demandez-vous ? Allez donc le demander à Gobineau et à sa longue suite. Allez le demander aux auteurs du "Code noir". Allez voir du côté de certaines fortunes de la Rochelle, de Nantes ou de Bordeaux. Les Noirs peuvent être esclavagisés, colonisés et discriminés au nom de leur race, et ils n'auraient pas le droit de se rassamebler au nom de celle-ci ? Depuis quand la judéité est-elle une race ? Voilà une question à laquelle les Buber, Arendt, Sartre, Lévinas, Badiou et quelques autres n'ont pas sû répondre mais que les antisémites, malheureusement pour nous, ont tranché. Le génocie nazi, pardon de reprendre une banalité, a été perpétré au nom de la race. On peut choisir de s'enfermer dans une espèce d'angélisme hypocrite et se dire que les races n'existent pas. Mais, cher Monsieur, voilà des siècles que la race est une catégorie politique. Qu'on le veuille ou non, c'est comme ça. Au nom de la race, on tue, on exclue, on humilie. Est-ce tomber dans le piège que nous tendent les racistes de tous poils que d'aller sur ce chemin-là ? On peut le penser. Mais on peut aussi penser l'inverse. Car on n'est pas obligé d'être naif. Qu'y a t-il de commun entre un Antillais et un Africain ? Sans doute la même chose qu'il y a entre un Séfarade et un Ashkenase. Si vous, vous y voyez une différence, le raciste, lui, ne distingue pas le fils du Congo du fils de Martinique. De la même manière que l'antisémite ne discrimine pas entre le fils de Pologne et celui Marrackech. Seuls les Noirs d'Amérique sont légitimes à parler d'esclavage ? Et ceux des Antilles, ils sont arrivés là où ils se trouvent aujourd'hui à la suite d'une croisière ? Et les familles africaines qui ont été preque décimées et dont les desscendants sont restées sur le continent, elles ne sont pas concernées par l'esclavage ? Alors, on connait, puisée chez Petré-Grénouillau, votre thèse à ce sujet : Les Africains sont aussi responsables de la traite que les négriers blancs. Mais dire ça, c'est affirmer que les Noirs avaient les moyens de concevoir et de mettre sur pied toute l'infrastructure économique, technique et politique sur laquelle a reposé la traite négrière occidentale. Et qu'ils pouvaient, face aux canons blancs, se refuser à ce commerce. Que vous disiez que les Africains ont eux-mêmes pratiqué l'esclavage. Je vous suis. Mais alors, il ne faudra pas oublier que l'esclavage a également été pratiquée chez les Romains, les Egyptiens, les Grecs et dans toutes les grandes civilisations du monde. Et d'ailleurs, dans certains pays africains aujourd'hui (Mauritanie, Benin, etc.), sous des formes plus ou moins larvées, cette pratique-là se poursuit. La traite négrière c'est autre chose. Là, la responsabilité occidentale est colossale. Je n'en parle pas comme d'une créance dont l'Occident serait éternellement redévable vis-à-vis du monde négro-africain. Quoique... Je ne dis même pas que cette responsabilité est unique. Je dis simplement que cette responsabilté existe. Quant à votre historien, il a l'air de découvrir la lune. Toutes ces choses-là ont été écrites et re-écrites. Allez par exemple voir le livre de Jean-Paul Gourévitch : "La France en Afrique, Cinq siècles de présence. Vérités et Mensonges". P.S : Pardon d'avoir pris tout cet espace.

Régine a dit…

Il y a eu quatre morts (si je ne fais pas d'erreurs ?), mais ces morts sont-elles la conséquence des émeutes ?

Le père de famille photographe amateur et les deux fuyards électrocutés dans un transformateur sont décédés avant le début des émeutes !

La quatrième est personne est décédée lors d'une agression dans une banlieue. Mais peut-on pour autant affirmer que cette agression ne se serait pas passé s'il les émeutes n'avaient pas eu lieu ?

Quotidiennement des gens sont insultés voir agressés dans les banlieues ... sans qu'il n'y ait d'émeutes !

J'ai eu l'occasion de voir un reportage sur CNN pendant les émeutes. Ils ont voulu présenter une carte de la France avec les villes concernées par les émeutes ... sauf qu'ils n'ont pas été capables de placer les villes correctement sur leur carte !

Je trouve dommage que l'on se préoccupe des violences en banlieue uniquement lorsqu'il y a des émeutes et que l'on ignore toutes celles qui se passent quotidiennement !