
Deux articles du dernier numero du "Point" (malheureusement pas consultable en ligne) suggèrent qu'un certain nombre d'électeurs d'origine maghrébine (je ne me résous pas à dire "musulmans") atteints de "Sarkophobie" pourraient tout simplement accorder leurs faveurs à Le Pen.
Parmi les explications de cetta évolution étonnante il y aurait le souvenir du soutien à Saddam Hussein et l'antiaméricanisme du président du FN, mais aussi le recentrage, l'assouplissement de son discours. A plusieurs reprises il a rendu hommage au travail des immigrés qui se sont crevés à la tâche pour le pays. Il y a aussi le lifting idéologique effectué par Marine Le Pen, dont j'ai eu l'occasion de dire moi aussi à quel point il était spectaculaire.
Cette normalisation de Le Pen chez les "nouveaux Français" est aussi sensible dans une partie de la communauté juive effrayé par l'antisémitisme d'extrême gauche et dont le besoin de sécurité a tendance à bouleverser les repères. Mais il me semble que De Villiers aurait davantage d'atouts pour attirer cet électorat là.
Le point commun est sans doute que ces "déçus du Sarkozysme" ne voient pas la traduction dans les faits des paroles fortes du ministre de l'intérieur qui avait promis de nettoyer la racaille.
Il y a aussi la timidité de Sarko sur le thème de la laïcité. Il me semble en effet que, mis à part les extrémistes religieux, les Français issus de l'immigration et les Juifs sentent que la laïcité est le ciment qui les agrège à une République Française menacée d'éclatement communautariste. Le besoin d'ordre a des traductions multiples et la laïcité réaffirmée sécurise.
Le comble est que Le Pen venu des profondeurs de la France Vichyste et traditionaliste d'extrême droite se soit rallié à cette valeur. Beaucoup, comme Bernard Antony (alias Romain Marie) par exemple, ne l'acceptent pas et, pour cette raison ont largué les amarres.
Décidément, il se passe beaucoup de choses à droite en ce moment, en grande partie sur la jachère idéologique de la gauche. Ségolène Royal mise à part il n'y a plus beaucoup de laboureur d'idées républicaines au Parti Socialiste.
La confiance des responsables de la campagne de Le Pen, assurés que leur patron va encore casser la baraque en 2007 ne paraît pas exagérée.










